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Quelques exhortations préalables ou « manuel de l’étudiant »

Publié le jeudi 07 août 2008

Notre accueil

Tout en plaçant notre confiance en Dieu et notre espérance dans notre destinée céleste, il nous incombe d’oeuvrer sur la terre selon la vocation que Dieu nous a adressée dès le départ et qui constitue le fondement de notre Mission : « Ce que tu as entendu, confie-le à des hommes fidèles qui soient capables à leur tour de l’enseigner à d’autres… »

Nous accueillons la jeunesse qui s’engage comme un grand encouragement pour notre travail et c’est avec beaucoup de reconnaissance que nous recevons chaque nouvel étudiant, prenant son engagement à nos côtés comme un espoir pour l’avenir.
Aussi veillerons-nous à ce que chaque étudiant ne perde pas son temps et que ces années consacrées à plein temps pour l’oeuvre de Dieu soient vraiment utiles pour sa vie et son futur ministère. Dans ce but, nous souhaitons que chacun exprime librement ses attentes, ses questions ou inquiétudes concernant cette formation dès qu’il en ressent le besoin. Nous nous efforcerons d’y répondre au mieux, en gardant une relation proche et fraternelle qui permettra de mieux discerner l’appel de chacun. Tout collaborateur qui se sent appelé à s’associer ensuite à notre travail le fera après avoir compris et accepté la vision de la mission ainsi que sa doctrine[1]. Aucun n’est redevable de ce qu’il a reçu, mais chacun s’engagera de la manière qu’il choisira, selon sa conviction devant le Seigneur.

La théologie

La formation théologique est indispensable à la pérennité d’une oeuvre et à son développement. Elle permet à chacun de fonder sa foi sur un socle solide afin d’apprendre à se situer face aux multiples contradictions du monde séculier ou religieux. La connaissance approfondie de la Parole de Dieu nous permet de discerner les fausses doctrines ou fausses prophéties.

Un tronc commun permet de réunir l’ensemble des candidats autour de l’étude de sujets indispensables à connaître. En effet, chacun devrait avoir les moyens de répondre à quiconque l’interrogerait sur sa foi. C’est dans le but de servir au mieux le peuple de Dieu et tous ceux que Dieu appelle à lui qu’un tronc commun d’enseignement théologique sera imposé.

Chacun peut témoigner de sa foi sans pour autant être appelé à débattre ou à enseigner. C’est pourquoi nous proposons à ceux qui se sentent appelés à l’enseignement, ou plus précisément à un ministère pastoral, de faire une formation théologique plus approfondie en collaboration avec la faculté de théologie d’Aix en Provence. Il nous semble juste de tirer profit des différents ministères que Dieu a donnés à son Eglise, et celui de docteur est un apport indispensable pour qui veut être formé à l’enseignement. Nous sommes reconnaissants de cette possibilité qui nous permet de garder en même temps notre propre système de formation.

La connaissance de la saine doctrine structure et fonde la foi mais elle seule ne suffit pas. Notre vie est basée sur la révélation de la Parole qui est une révélation supérieure à la compréhension humaine. La théologie est morte en elle-même, elle a son importance dans la mesure où elle reste à sa juste place c'est-à-dire un instrument et non un appui, ni le fondement de notre confiance. C’est pourquoi nous insisterons davantage sur la formation spirituelle personnelle qui consiste à connaître le Seigneur d’une manière plus intime et vivre de Lui en tant que disciple.

Le coeur du serviteur

La grâce d’être appelé

Paul exhorte Timothée à se fortifier dans la grâce[2], manifestation magnifique de l’amour de Dieu envers nous. C’est avec reconnaissance que nous la recevons. Servir Dieu n’est pas un cadeau que l’on ferait à Dieu mais une faveur imméritée qui nous est accordée. Le créateur nous a parlé, le souverain maître nous a choisis du milieu du monde pour être témoins de sa gloire ! Servir Dieu est un privilège, un devoir et la réponse à un appel. Comprendre cela conditionnera tout notre engagement chrétien. C’est précisément dans ce domaine que l’enfant de Dieu doit se fortifier : la confiance dans la grâce. D’elle seule il tire son courage et sa force.

La grâce de souffrir

Lorsque Paul exhorte Timothée, il le prépare à la pensée de souffrir :« souffre avec moi »[3].
La souffrance est inhérente à la vie d’un serviteur de Dieu. Plutôt que de la fuir, il doit la considérer comme une grâce qui lui est accordée. Ainsi, il suit le chemin de son modèle : le Fils de Dieu, serviteur souffrant, qui a porté l’opprobre jusqu’à mourir sur la croix. Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. Nul n’obtiendra l’héritage promis s’il n’accepte pas de partager les souffrances du Christ car c’est aussi cela la communion avec lui.[4]

Un serviteur ne fait pas ce qu’il désire, il ne pose pas ses conditions en jugeant de l’utilité de ce qui lui est demandé. Si un homme veut être formé à l’image du disciple selon le Seigneur, il doit accepter d’être instruit et de combattre selon les règles. Je ne sais pas mieux que mon maître ce dont il a besoin et comment il doit m’utiliser! L’oeuvre de Dieu représente bien un combat : celui des ténèbres contre la lumière, et Paul parle bien de combattre suivant les règles. Ce combat implique l’engagement de tout l’être. Dieu a choisi des hommes pour agir en son nom, mission qui ne peut se vivre en dilettante. Il y a donc des conditions à remplir, et des comptes à rendre. Notre tête ne sera pas couronnée si nous n’avons pas combattu suivant les règles, nous ne remporterons pas de victoire si nous n’avons pas combattu en acceptant de payer le prix.

Dieu ne s’est pas engagé à nous laisser jusqu’à la fin de notre vie possesseurs de nos biens, de notre ministère et des bénédictions dont nous avons été l’objet. La possibilité de perdre et de subir l’opprobre fait partie des souffrances qu’un disciple doit apprendre à accepter. Le combat est dangereux, engendre des souffrances, mais nous le menons dans l’obéissance de la foi sachant que le Seigneur a déjà remporté la victoire.

La grâce de se consacrer

La grâce qui nous sauve nous enseigne la consécration. Nous ne pouvons porter témoignage sans consécration ni suivre le Seigneur sans renoncement. Notre ministère peut être imbibé de désirs ou d’ambitions qui ne sont en réalité que les transpositions de nos convoitises mondaines. Or, tout comme l’amour, la consécration commence par un renoncement : ne faut-il pas par exemple renoncer aux autres femmes pour en aimer une ?
Nous ne pouvons être rachetés de l’empire des convoitises pour chercher sans cesse à les satisfaire. Le serviteur de Dieu apprend à se détourner de ce qui lui plaît, à renoncer aux appétits de la chair, qu’ils soient légitimes ou non. Ne sera délivré du péché que celui qui accepte de livrer son coeur et son corps.

Nous disons facilement vouloir consacrer notre coeur mais consacrer notre corps implique un abandon total, c’est notre ultime propriété ! Perdre ainsi le pouvoir sur nous-mêmes pour livrer notre être entier au Seigneur constitue ce que Paul appelle le culte raisonnable[5]. D’aucuns considéreraient cette perte d’autonomie comme dangereuse, mais c’est à Dieu que nous nous soumettons et non au jugement des hommes. Ainsi notre corps n’est plus instrument de nos désirs mais il est livré au Seigneur comme arme pour la justice. Nous connaissons tous difficultés et péchés, mais nous marchons avec persévérance dans la purification. Si nous voulons être utiles au Maître, acceptons les conditions qu’il nous enseigne dans sa Parole.

Apprendre à servir ensemble

Devant Dieu

Servir le Seigneur, c’est aussi et surtout servir ses frères. La reconnaissance et le soutien sont les marques d’une juste relation fraternelle. L’oeuvre de Dieu comporte une globalité (une église, une mission etc..) et une individualité. Chacun accomplit sa tâche, y manquer nuit à l’ensemble. Nous sommes tous redevables les uns aux autres sans pouvoir toujours rendre ce que nous avons reçu. Le travail des autres et leur service envers nous sont parfois non- monnayables. La vie est souvent ingrate, les hommes oublient de manifester l’attention, la reconnaissance. La vraie récompense est donc celle que le Seigneur nous réserve car notre oeuvre est pour le Roi.

La comparaison de la quantité, la qualité, l’aspect honorifique de la charge, nous plongent dans le complexe ou l’orgueil. Lorsque Paul dit qu’il a servi plus que tous, c’est une manifestation de reconnaissance envers la grâce de Dieu accordée malgré la noirceur de son péché. Toute comparaison ne peut être qu’injuste car j’agis par la force que Dieu me donne pour ce qui m’est demandé, je ne peux donc me comparer à l’autre à qui Dieu n’a pas nécessairement demandé la même tâche. Celui qui avait 10 talents ne s’est pas comparé. Il a fait fructifier ce qu’il avait reçu. Conscient de la valeur du bien confié, il a agi en fonction de cet honneur. Celui qui n’en a reçu qu’un s’est comparé et il ne l’a pas fait fructifier.

C’est celui qui travaille qui portera du fruit, chacun aura sa récompense selon son labeur. Le résultat n’est pas le fruit d’un hasard mais en relation avec le prix payé et le renoncement accepté. Travailler plus est donc un privilège et non une injustice car plus grande sera la récompense. Il est donc inutile d’évaluer et de comparer son travail car chacun aura à rendre compte pour lui-même.

Dans la solidarité et l’amour

Nul ne sait ce que le Maître a accordé à chacun. Je vais aider l’autre à porter sa charge et je rendrai des comptes pour la mienne[6]. Je regarde l’autre uniquement dans le but de le soulager et non de le juger ou de faire le travail à sa place. Je reste sensible à sa charge en vue de le soutenir tout en assumant ma responsabilité dans ce qui m’a été confié.
La plupart du temps, nous avons à cet égard deux tendances : soit nous sommes préoccupés uniquement de notre ministère et de l’impact que nous pouvons avoir (ce qui nous rend indifférents à la charge de l’autre), soit la jalousie nous pousse à épier l’autre pour le juger.

Dans la confiance mutuelle.

Les réunions d’équipe matinales ont tout d’abord été créées en vue de prier, de partager les fardeaux mais aussi les fruits avec tous ceux qui, par leur service pratique, contribuent au travail spirituel. Ces échanges permettent ainsi à chacun d’être renouvelé dans la vision de l’oeuvre et prendre conscience de ce à quoi il participe. Elles permettent de mener ensemble le combat pour ceux qui nous sont confiés. On y apprend à rendre compte de notre travail pour ne pas agir de manière indépendante, à soumettre nos avis les uns aux autres dans le but de trouver une direction commune.

C’est avant tout une réunion de travail qui ne concerne que l’équipe engagée. Rapporter à l’extérieur les propos tenus entre nous, dans un contexte de réunion de travail et d’intimité entre collaborateurs constituerait donc une trahison.

Ce qui doit être dit doit l’être clairement et fermement afin de prendre la mesure des dangers et de la gravité de certaines situations, en vue de combattre avec efficacité et en vérité.

Conclusion

La base d’une vocation est l’amour pour le Seigneur et son oeuvre, il se manifeste par l’amour envers les frères et prioritairement ceux placés à nos côtés. L’expérience a souvent montré qu’il est difficile de travailler en équipe de manière soudée. L’amour est une notion théorique et si peu vécu au sein même des écoles bibliques et encore moins entre collaborateurs dans l’Eglise. Comment pouvoir espérer porter du fruit sans véritable communion dans le combat ? Nous apprenons donc à travailler ensemble, non comme des salariés ou des collègues temporaires, mais comme de vrais amis, purifiant notre coeur de tout ce qui s’y oppose naturellement. Dans cette marche, il est parfois nécessaire d’exposer sa vie à la lumière car comment combattre efficacement les ténèbres en conservant des ténèbres dans nos coeurs ?

Amour et vérité, ce tandem indissociable est le ferment d’un témoignage efficace. C’est ainsi que nous préparons le terrain pour la proclamation de la Parole par laquelle tout est créé. Nous cherchons à vivre ce que nous prêchons afin que la Parole ait toute sa puissance dans nos bouches. Toute la structure, l’organisation, nos activités et ce qui concerne notre formation sont orientés dans ce but : favoriser la propagation de la Parole afin que le plus grand nombre soit sauvé !

Notes

  1. Ph. 2:2. « ayant un même sentiment, un même amour, une même âme, une même pensée »
  2. 2 Tm. 2:1.
  3. 2 Tm. 2:3.
  4. Lc. 22:28. « vous, vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes épreuves, c’est pourquoi je dispose du royaume en votre faveur, comme mon Père en a disposé en ma faveur »
  5. Rm. 12:1. « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable »
  6. Ga. 6:5.
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