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Comment recevons nous la Parole ?

Publié le dimanche 27 juillet 2014

Connaître la Parole est une des aspirations normales d’un chrétien. Se laisser enseigner, méditer les textes bibliques avec soin, est une bonne chose. Pour autant, savoir les principes bibliques et les reconnaître comme vrais ne sert de rien s’ils ne produisent aucun changement en nous. Nous pouvons difficilement proclamer que nous sommes délivrés des esclavages de la chair tout en restant dépendants de nos passions. Nous ne sommes pas libérés en principe seulement comme une femme qui disait être guérie et ne voulait pas prendre de médicament alors que son état se dégradait dangereusement. Se dire guérie semblait lui suffire… Nous ne sommes pas libérés de ce que nous refusons de reconnaître et que nous défendons « bec et ongles ».

On se dit ainsi délivré de la colère, de la vengeance, de l’idolâtrie, de la religion de nos pères qui imprègne encore toute notre mentalité, délivré de tout, guéri de tout…mais serions-nous les seuls à y croire ? On se borne à comprendre les principes bibliques, à les affirmer dans nos prières en disant à Dieu : « je sais que tu es celui qui nous délivre », comme si nous étions en mesure de lui apprendre ce qu’il est… Mais quel est l’intérêt de lui dire cela si je reste dans l’esclavage ? Le savoir et le dire ne fait pas que je le suis !

C’est pourquoi les païens blasphèment le nom de Dieu car les gens religieux vivent l’inverse de ce qu’ils proclament et ne s’en rendent même plus compte ! Voilà le drame qui survient lorsque nous continuons à dire les vérités bibliques sans qu’il y ait une vraie appropriation. L’affranchissement de la vaine manière de vivre héritée des pères doit faire de moi un homme libre qui ne se conduit plus comme son père ou comme sa mère. Ce qui signifie être affranchi de leurs idoles, leur ancien culte, de cet immense orgueil familial avec ses ambitions, sa renommée, ses exigences. Sinon que signifie être libre, et comment aimer ?

La loi est bonne, il s’agit de l’accepter pleinement car si j’aime Dieu, j’aime ce qu’il aime, c’est à dire la justice exprimée par ses commandements éternels. Mais Jésus nous apprend que notre justice est appelée à dépasser celle des scribes et des pharisiens. Il ne suffit donc pas d’observer scrupuleusement tous les commandements qui pourtant sont incontournables ! Alors nous pourrions dire : « A quoi nous sert Jésus si nous devons toujours faire référence à la loi et à quoi bon l’observer puisqu’elle ne nous sauve pas ? » La contradiction est de taille et la question est légitime.

Dieu connaissait l’homme, il a donné sa loi à des hommes pécheurs. Celui qui fait tous ses efforts pour y obéir devient méchant car il impose à lui-même et aux autres une rigueur insoutenable ; c’est la voie de la mort. La loi pourtant donnée par Dieu et qui est bonne produit la solitude, la méchanceté et la mort ! C’est bien là l’issue du chemin légaliste. Cette compréhension de la loi est un obstacle à l’amour et la grâce car elle implique toujours ce tandem infernal du jugement et de l’accusation.

Certains milieux religieux se bornent à considérer un ou deux commandements comme étant au-dessus des autres. La société agit ainsi par exemple en matière de sexualité : tout est permis, mis à part deux choses qui sont alors impardonnables. Est considéré comme mal uniquement ce qu’on impose à l’autre ou ce que l’on subit. Ce qu’on fait volontairement ne peut être que le bien ! Tous les hommes définissent ainsi eux-mêmes des commandements impardonnables mais le légaliste doit savoir qu’en refusant de pardonner, il ne sera pas pardonné lui-même par le Seigneur. Sa propre rigueur le condamne autant par son refus de pardonner que par la violence qui l’anime. Saul de Tarse était de ceux-là, il connaissait la loi et l’appliquait à sa manière, il était meurtrier et rempli de haine.

Je peux être légaliste avec un seul commandement pour lequel je suis intraitable et agir n’importe comment pour tout le reste ! Une bonne partie du monde religieux semble avoir adopté également cette formule. On dénonce facilement certaines mœurs au point d’en faire de véritables croisades mais par ailleurs, combien de passions charnelles sont tolérées voire exaltées ? On veut appliquer par une obéissance bien circonscrite certains principes propres à notre « milieu », mais c’est une obéissance légaliste et sans miséricorde. L’application est très partielle, elle reste extérieure, mais l’intérieur du cœur n’est pas atteint, l’obéissance n’est pas observée au bon niveau. Dans le meilleur des cas, il y a une obéissance stricte et rigoureuse sur certains points et un laisser-aller total dans l’autre dans le pire des cas, on affirme tous les principes sans en vivre aucun et on ne voit même plus où est le problème !

Nous sommes concernés par ce danger. Nous avons compris par exemple le devoir d’aimer notre prochain, nous connaissons bien Esaïe 58, verset référence de notre mission mais le fait d’avoir compris et accepté cette orientation n’est pas encore la vivre. Appartenir à une mission qui pratique l’accueil ne fait pas que nous sommes nous-mêmes accueillants, enclins à la compassion et à la grâce. Toutes ces belles choses qui peuvent nous émouvoir ne sont pas forcément devenues nôtres. On s’est contenté de les connaître et de les approuver mais ont-elles transformé nos vies, nos comportements envers les autres ? Ce que nous connaissons doit dépasser le savoir théorique, sans quoi ces vérités ne portent pas de fruit, ne produisent aucun changement. Les mots sont connus, les mêmes paroles peuvent être prononcées, mais la Parole n’est pas reçue dans un esprit d’écoute et de foi, elle reste en dehors de nous. Les plus belles vérités ne nous servent de rien si elles restent extérieures à nous. La question de l’appropriation est donc fondamentale, dans ce domaine là comme en ce qui concerne toute la Parole. Comment vivre les commandements sans être légaliste, comment parviendrons-nous à aimer en action et en vérité ?

« Toi (…) qui te reposes sur la loi, qui te glorifies de Dieu, qui connais sa volonté, qui, instruit par la loi, sais discerner ce qui est important, toi qui te persuades d'être le conducteur des aveugles, la lumière de ceux qui sont dans les ténèbres, l'éducateur des insensés, le maître des enfants, parce que tu as dans la loi la formule de la connaissance et de la vérité ; toi donc, qui enseignes les autres, tu ne t'enseignes pas toi-même ! »

La loi m’apprend que je ne peux échapper à la condamnation, c’est en cela qu’elle me conduit à Christ. Christ nous pardonne de toute iniquité mais il fait bien plus : à celui celui qui se tourne vers lui dans la repentance et la foi, il accorde l’Esprit Saint. Une nouvelle loi s’inscrit dans le cœur de celui qui croit et lui permet d’obéir aux commandements de Dieu sans pour autant être légaliste. « Je ferai que vous suiviez mes ordonnances ». Nous sommes rendus capables de vivre de la grâce et de la puissance de Dieu pour être vainqueurs du péché, capables de manifester la grâce, le pardon. Quelqu’un à qui l’on disait que Dieu lui pardonnait, a répondu : « Oui, mais moi je ne me pardonne pas ! »… Mais pour qui se prend-on ? Serions-nous plus justes que Dieu ? Ne peut-on pas recevoir simplement la grâce avec humilité ?

Je ne suis donc plus sous la loi dès l’instant où Dieu l’inscrit dans mon cœur par son Esprit. C’est donc son Esprit qui met en œuvre la Parole dans mon cœur, qui me l’applique, de sorte que l’obéissance n’est plus un effort mais une œuvre inspirée par son amour. Le cœur du cœur est tout d’abord touché puis habité par cette Parole. Alors le croyant n’agit plus avec des principes ou par mimétisme, mais dicté par les sentiments qui étaient en Jésus et qui sont aussi devenus les siens. Il s’est uni par la foi à ce qu’il a reçu et ne s’est pas contenté de les approuver de manière passive et théorique. Il se laisse surprendre par la Parole, il l’écoute et la médite comme s’il le faisait pour la première fois, car il sait qu’elle vivante et qu’aujourd’hui encore, elle a le pouvoir de créer ce qui n’existe pas. « Car c'est Dieu qui opère en vous le vouloir et le faire selon son dessein bienveillant. »(Philippiens 2:13)

Face à la Parole il abandonne son savoir, il renonce à lui-même et il accepte l’obéissance de la foi. Alors l’œuvre de Dieu se fait dans son cœur et au travers de lui.

C’est là l’authenticité de la vie chrétienne et le véritable repos : savoir s’approprier dans la foi la Parole afin qu’elle produise en nous, par l’Esprit, les fruits qui glorifient le père. Patience, pardon, humilité, douceur, amour …passeront alors de la vérité théorique à la réalité appliquée dans nos cœurs si nous savons abandonner nos efforts et nos principes pour croire seulement et recevoir le don de Dieu. Ainsi nous ne serons plus obligés de « jouer au chrétien » mais nous le serons vraiment, nous ne nous efforcerons plus d’être gentils mais nous aimerons, nous ne suivrons plus de techniques pour faire l’œuvre de Dieu, mais nous accomplirons les œuvres qu’il nous montre et qu’il a déjà accomplies. L’œuvre de Dieu n’est pas à faire mais à croire. C’est là le sens du sabbat pour nous aujourd’hui. Même s’il est bon de réserver un jour pour le culte, il ne se vit pas dans l’esprit du sabbat de l’ancienne alliance. Beaucoup de chrétiens ont voulu fixer le dimanche à la place du samedi, ils ont changé le jour mais n’ont pas changé d’esprit. Le sabbat n’est plus un jour fixé, il est aujourd’hui si nous comprenons ce qu’est le repos de la foi.

« La parole qu'ils avaient écoutée ne leur servit de rien, car ceux qui l'entendirent ne la reçurent pas avec foi. Pour nous qui avons cru, nous entrons dans le repos » (Hébreux 4 :3)

Efforçons-nous d’entrer dans ce repos en apprenant à recevoir la Parole avec foi afin qu’elle accomplisse en nous ce pour quoi elle nous est envoyée.

Daniel et Jérémie

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