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Du divertissement à l'idolâtrie

Publié le samedi 12 juillet 2014

D’après une prédication de Joseph Zehr sur Exode 32

L’épisode du veau d’or est l’un des plus dramatiques de l’histoire d’Israël. A peine a-t-il reçu les commandements de son Dieu que le peuple pèche contre le premier d’entre eux : « Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face. Tu ne te feras pas de statue ». La promptitude avec laquelle le peuple se détourne est effrayante. Même Aaron pourtant si proche de Moïse participe à cette mascarade religieuse.

Ce piège de l’idolâtrie ne concerne pas seulement le peuple d’Israël mais également l’Eglise, car voici ce qui nous est dit dans 1 Corinthiens 10v. 1 :

« Frères, je ne veux pas que vous l'ignoriez ; nos pères ont tous été sous la nuée, ils ont tous passé au travers de la mer, ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer, ils ont tous mangé le même aliment spirituel, et ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était le Christ. Mais la plupart d'entre eux ne furent pas agréables à Dieu, puisqu'ils tombèrent morts dans le désert. Or, ce sont là des exemples pour nous, afin que nous n'ayons pas de mauvais désirs, comme ils en ont eus. Ne devenez pas idolâtres, comme certains d'entre eux, selon qu'il est écrit : Le peuple s'assit pour manger et pour boire ; puis ils se levèrent pour se divertir. Ne nous livrons pas à l'inconduite, comme certains d'entre eux s'y livrèrent, de sorte qu'il en tomba 23 000 en un seul jour. »

Ce texte commence de façon étonnante : c’est une véritable définition du chrétien sauvé, baptisé ayant reçu Christ et vivant de lui. Les images employées par Paul sont claires, elles attestent comme spirituelle l’expérience du peuple d’Israël. Toute cette description est donnée comme preuve qu’un chrétien véritablement converti peut tomber dans l’idolâtrie. La conversion n’est pas une immunité spirituelle qui nous garderait d’un péché si grave. L’avertissement est pour l’Eglise et non les païens et visiblement ce ne sont pas ici des chrétiens de demi-mesure ! Les israélites ont été délivrés de la puissance de l’Egypte, soutenus et guidés par l’Eternel mais 23000 périrent en un seul jour … et Paul conclue un peu plus loin : « Cela leur est arrivé à titre d'exemple et fut écrit pour nous avertir, nous pour qui la fin des siècles est arrivée. Ainsi donc, que celui qui pense être debout prenne garde de tomber ! »

Les israélites sont tombés dans l’idolâtrie en ce qu’ils se sont fait un veau d’or comme support de leur dévotion, soi-disant pour adorer Dieu (figure probablement copiée sur des dieux Egyptiens). Les idolâtres diront toujours qu’ils n’adorent pas l’image mais Dieu à travers l’image. Le désir de l’idolâtre, c’est de voir, sentir quelque chose de visible, pour appréhender concrètement Dieu, avoir une expérience mystique. Il veut que Dieu se montre, alors que Dieu se révèle quand il le décide. Pourtant le peuple n’a pas supporté lorsque Dieu s’est révélé sur le mont Sinaï lors de cette manifestation orageuse et terrifiante. Il préfère alors une manifestation plus conforme à ses désirs et va donc se construire lui-même l’image de son Dieu.

Agir, fabriquer par son imagination et l’oeuvre de ses mains en dehors de la volonté de Dieu, voilà l’idolâtrie. Dès que l’homme fait appel à sa sensibilité, il tombe dans ce piège. En l’occurrence, leur sensibilité devait être comblée lors de cette fête remplie de joie et de bonne humeur. Malheureusement ce n’était pas la présence de Dieu qui se manifestait là mais un outrage à son amour. Le coeur s’est éloigné car ce n’est plus Dieu que l’on cherche, mais sa propre sensibilité. Le divertissement est ici associé à l’idolâtrie car ces deux choses ont en commun de nourrir l’illusion d’une plénitude et d’une vérité. En réalité, elles ne font qu’écran à la révélation de Dieu.

Esaïe 5 v. 11 : « Malheur à ceux qui se lèvent de bon matin pour rechercher des liqueurs fortes, A ceux qui traînent dans la nuit échauffés par le vin ! La harpe et le luth, le tambourin, la flûte et le vin (animent) leurs festins ; mais ils n'aperçoivent pas l'action de l'Éternel, Ils ne voient pas l'oeuvre de ses mains. C'est pourquoi mon peuple sera déporté faute de connaissance, sa noblesse mourra de faim, et sa populace sera desséchée par la soif. »

Le piège du divertissement est d’étourdir au point de faire écran à la connaissance de Dieu et à son oeuvre. « Ils ne voient pas l'oeuvre de ses mains ». Immergé dans le divertissement et l’idolâtrie, le peuple était à 1000 lieues de la présence de Dieu et de sa révélation. Ils se sentaient loin, Moïse était loin, ils n’avaient plus de direction ni de Parole et cela commençait à durer. Il ne se passait rien, il fallait combler ce vide, se changer les idées, autant de motifs suffisants pour faire la fête.

On peut aisément comprendre qu’après des journées de marche dans le désert, le peuple ait eu envie de se divertir un peu ! Qu’y a-t-il de plus monotone qu’un désert aride ? Que peut-on y faire, sinon tourner en rond, souffrir de la soif... ? Rien pour flatter les sens, rien pour donner un peu de plaisir. Leur envie n’en était que plus légitime ! Elle était si forte qu’ils ne s’inquiétaient plus guère de Moïse, et parlaient de lui comme d’un étranger : « ce Moïse, cet homme qui nous a fait monter du pays d'Égypte, nous ne savons pas ce qui lui est arrivé ». Plutôt que de se préoccuper de son sort, ils cherchent à le remplacer. De son côté, Moïse était en train de recueillir les paroles de Dieu et sa direction pour eux ! Il est à leur service mais ils ne le voient pas, ne le comprennent pas et se divertissent. Il est en effet plus facile de laisser les préoccupations spirituelles à ceux qui en ont « le ministère »…

L’absence d’action nous fait peur, beaucoup d’Eglises se disent « il faut bien un peu d’activités pour divertir les jeunes ! » Pourtant l’Eglise n’est pas un lieu de divertissement mais un lieu où le Seigneur parle et où l’on se tient en sa présence. Mais au silence et à la patience nous préférons bien évidemment le divertissement ou l’activité.

Pascal a dit : « La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement, et cependant c’est la plus grande de nos misères. Car c’est cela qui nous empêche principalement de songer à nous, et qui nous fait perdre insensiblement. Sans cela, nous serions dans l’ennui, et cet ennui nous pousserait à chercher un moyen plus solide d’en sortir. Mais le divertissement nous amuse, et nous fait arriver insensiblement à la mort. »

Rien qu’une petite balle peut divertir le coeur de l’homme au point qu’il en évacue les questions existentielles : devant un match de foot, on peut tout oublier ! L’ennui que l’on cherche à évacuer à tout prix est pourtant nécessaire à la réflexion. En étant sans cesse distrait, notre coeur saura-t-il entendre lorsque Dieu s’adresse à nous ? L’abondance de divertissement qui est à notre porte est un énorme piège pour nous et nos enfants. L’abondance de médias, la multiplicité des écrans dans nos maisons, les films, le cinéma, les jeux, la lecture… nous n’avons plus de temps pour écouter le Seigneur et cette réalité ne concerne pas uniquement les jeunes.

« L’Eternel a de la bonté pour ceux qui espèrent en lui, pour ceux qui le cherchent ». Lorsque nous nous divertissons, nous cherchons à nous changer les idées, respirer, nous faire plaisir… nous cherchons beaucoup de choses mais pas le Seigneur. Or, il arrive que Dieu nous impose lui- même ce silence pour que nous attendions patiemment ce jour où il va nous parler. « Il est bon pour l'homme de porter le joug dans sa jeunesse. Il se tiendra solitaire et silencieux, parce que l'Eternel le lui impose » (Lamentations 3 : 27). Oui, c’est Dieu qui impose l’ennui, le silence ! Abraham a appris la foi dans cette attente patiente de la réponse de Dieu et ce, durant des longueurs d’années interminables. Il n’a pas toujours su accepter ces longueurs et a parfois préféré intervenir lui-même. Nous péchons souvent par impatience car, plutôt que d’attendre que Dieu agisse, nous agissons nous-mêmes. Dieu agit et l’homme s’agite car il ne veut pas de ce silence.

C’est l’enseignement de Jésus à Marthe : « Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses. Or, une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera pas ôtée. » Luc 10 : 41

Même notre travail peut être devenir divertissement, tout comme le service pour Dieu ! Marthe devait préparer la venue de Jésus, elle servait pourtant ! Mais elle avait donné priorité à l’action alors que la bonne part est l’écoute. Nous pouvons donc nous divertir avec la bonne conscience de faire des choses pour Dieu, mais est-ce le Seigneur que nous écoutons ? L’inaction est devenue insupportable, finalement il est plus facile d’agir que de réfléchir et d’écouter le Seigneur.

Dieu ne veut pas que nous agissions car c’est lui qui va agir, c’est Son oeuvre, il ne nous la laissera pas ! Son action se fait toujours au travers de la Parole car elle est efficace. Par elle, Il a créé le monde, c’est une puissance de vie et de résurrection. Si nous voulons connaître les oeuvres de Dieu, il nous faut croire et le laisser agir. « L’oeuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qui l’a envoyé. » Croire la Parole, voilà l’oeuvre de Dieu. Avec ses bonnes intentions, ses moyens et capacités, l’homme est clairement mis de côté.

Le drame d’Aaron c’est qu’en voulant agir, il établit un simulacre de culte, de sorte que tout est faux : l’idole, le sacrifice, le sacrificateur lui-même puisqu’il joue un rôle. Moins Dieu est présent et plus les hommes font semblant, c’est pourquoi il y a tant d’hypocrisie dans le monde religieux. C’est à se demander parfois si l’endroit où Dieu est le plus absent ne serait pas le monde religieux, les hommes y font tant de théâtre !

Fabriquer les choses est bien la preuve que la réalité est absente. Par ces jeux de rôle, nous aggravons notre cas, la présence de Dieu s’éloigne toujours plus car tout est mensonge. Dès que l’initiative est de l’homme, alors le mensonge s’introduit dans notre service. Mais quand la présence de Dieu est réelle, inutile de jouer un rôle ! Aaron joue un rôle donné par le peuple et tout est artificiel car cela n’est pas venu de Dieu. Ce qui est vrai vient de Dieu, ce qui vient de l’homme est faux. Pour que la chose soit vraie, il faut donc qu’elle vienne de Dieu.

En descendant de la montagne, Moïse, découvrant l’état du peuple, va briser les tables de la loi. L’image est terrible.

Au delà de la colère de Moïse, lorsque Dieu enlève sa Parole, c’est le drame de son peuple : plus d’espoir, plus de lumière, plus de révélation ni de direction. Voilà ce qui arrive lorsqu’il y a eu trop de cinéma, trop d’artifices, lorsque la piété est dépourvue de vérité. Serions-nous artificiels ? Sommes-nous idolâtres ? Est-ce que le Seigneur va être obligé d’enlever la Parole ? On se divertit facilement d’activités religieuses, des rôles qu’on joue, mais est-ce vraiment le Seigneur que nous servons ? Il nous faut revenir à lui et le chercher dans la vérité.

Si nous ne transmettons pas aux jeunes une piété authentique, nous leur transmettons alors une religiosité et c’est la fin de la présence de Dieu dans l’Eglise. C’est ainsi que les réveils se sont éteints car l’Eglise est devenue une organisation humaine dans laquelle tout est fabriqué. Que ferons-nous sans la Parole ? C’est elle qui donne la vie et non l’organisation ni la structure ! Il nous faut la vie de la Parole, la demander à Dieu de tout notre coeur, fuir le mensonge en venant à Christ car il est la Parole, la vérité.

Il ne s’agit pas de faire semblant, il faut la vérité sans quoi nous serons comme tous les religieux. Nous sommes pris dans le divertissement et ce fléau emporte nos enfants. La Parole n’interdit pas les fêtes mais elles doivent se vivre devant le Seigneur, dépouillées du levain de la malice c’est à dire du mensonge. Quand on se nourrit de cinéma, on se nourrit d’artifice, car l’image est un mensonge. Nous vivons en projection sans cesse, ces images imprègnent nos mentalités au point que beaucoup de jeunes ne savent plus qui ils sont. A force d’être dans l’imitation, ils s’approprient des personnalités qui ne sont pas les leurs !

L’heure n’est pas à la fête mais plutôt à la repentance et au retour à Dieu. Des malheurs nous frappent nous et nos enfants mais prenons-nous vraiment la mesure des choses ? Ne sommes- nous pas en train de nous divertir alors qu’il nous faudrait chercher la face de Dieu et revenir à lui ? Chercher la face du Seigneur n’est pas réservé seulement à un Moïse car nous sommes tous appelés prophètes et sacrificateurs. Il n’est pas normal que dans une Eglise il n’y en ait qu’un ou deux qui se préoccupent de la marche de l’ensemble et combattent pour les autres sous prétexte que c’est leur ministère. L’Eglise entière est concernée, c’est ce que nous devons comprendre si nous ne voulons pas que Dieu retire sa Parole.

Dieu ne veut pas un tel jugement, il a réécrit les tables de la loi, il veut que son peuple connaisse sa vérité. Sortons donc de ces ornières que sont le divertissement et l’image et cherchons la révélation du Fils, il est le reflet de la gloire du Père et l’empreinte de sa personne, il soutient toutes choses par sa Parole puissante. Le Fils est la seule vraie image du Père. Une image « agissante » car il crée et fait l’oeuvre. Tout est accompli, il a tout fait pour nous. Plutôt que d’agir, nous sommes appelés à le contempler. Nous marchons en relation avec la connaissance de Christ et la Parole qu’il nous adresse. Nous ne serons pas sans oeuvres bien sûr mais elles se feront par le Fils à travers nous car nous regardons à lui et non à nos projets.

S’il enlève sa Parole un temps, il la redonne avec abondance et il conduit son peuple car il est fidèle et il est amour. Son amour est fondé dans la vérité. Dans le monde, l’amour est fondé sur des artifices comme cet amour que l’on joue au cinéma. Croyons-nous à l’amour des stars qui montent les marches à Cannes ? Elles ne pensent qu’à elles et n’ont rien à faire de nous sinon que nous achetions leurs films et remplissions leurs poches. Et nous sommes prêts à payer très cher ! Nous pouvons bien regarder des films et nous détendre, mais prenons garde, nous ne sommes pas appelés à nourrir les stars de cinéma mais à servir le Seigneur pour sa gloire car Lui, nous a aimés, les stars ne nous aiment pas. Rendons-lui notre culte en esprit et en vérité.

Que le Seigneur nous accorde encore sa révélation. Agissons quand il agit et restons au repos quand il ne demande rien, acceptons cette marche de foi pour être encore et toujours ce peuple qu’il conduit.

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