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« Je laisserai au milieu de toi un peuple humble et faible »

Publié le lundi 18 janvier 2016

« Je laisserai au milieu de toi un peuple humble et faible,
Qui se réfugiera dans le nom de l'Éternel. » (Sophonie 3 : 12)

Les vœux qui accompagnent le début d’une année nouvelle appellent généralement la force, la santé, la réussite. Pour aller de l’avant, l’homme place devant lui des objectifs, des défis et des challenges qui stimulent son courage et son talent. Sans cesse exhorté à faire valoir ses capacités, il s’appuiera dessus. C’est ainsi qu’il compte bien pouvoir faire la fête joyeusement et orgueilleusement.

Beaucoup de croyants comptent aussi sur Dieu pour devenir plus puissants et plus forts. Pourtant la Parole affirme que chercher à être élevé aux yeux des hommes est une abomination aux yeux de Dieu. L’objectif d’une mission et d’une Eglise vise naturellement l’accroissement. Cette attente n’est pas mauvaise en soi, sauf lorsqu’elle fait appel à la motivation humaine imprégnée d’ambition. De tels désirs ne peuvent imprégner l’œuvre pour la bonne raison que le Seigneur a en vue autre chose pour nous. Les témoignages rendus en notre sein nous rappellent sans cesse la faiblesse de ceux que Dieu a appelés.

« Je laisserai au milieu de toi un peuple humble et faible »

Au milieu du peuple de Dieu, il est un peuple que la Bible appelle par ailleurs « un faible reste », un peuple petit et humble qui met sa confiance dans le nom de l’Eternel. Est-ce vraiment là notre désir ? Nous avons tant de mal à faire confiance qu’avant de nous abandonner, nous aimerions bien être tout d’abord fortifiés. Ce texte de Sophonie nous dit l’inverse : « Je te laisserai faible et humble ». Car c’est bien l’arrogance qui fait opposition aux interventions de Dieu et qui attire son courroux. Nous ne comprenons pas toujours le sens des épreuves que nous traversons. Cette année 2015 restera dans nos mémoires, marquée par le souvenir de ce deuil que personne ne pourra  oublier. Ces épreuves nous ont blessés et nous ont fait souffrir, peut-être ont-elles altéré une certaine confiance, dans tous les cas dans nos illusions religieuses. Devant ce qui nous dépasse, confrontés à l’incompréhensible, apparaît alors toute la faiblesse de notre foi et de nos raisonnements. Et puis l’échec de notre force. Tout cela a un sens.

Dans ces circonstances douloureuses, un verset nous a particulièrement marqués : « le jugement commence par la maison de Dieu ». Les épreuves ont un enseignement, elles sont déjà en elles-mêmes une humiliation pour notre orgueil arrogant, spontanément tourné contre Dieu, afin de nous faire connaître la véritable confiance.

La vraie confiance n’est pas la confiance des forts mais le refuge des faibles qui acceptent d’être humiliés. Par la souffrance, certains cherchent à s’aguerrir pour en ressortir grandis. Une telle épreuve peut nous rendre encore plus orgueilleux, car ayant appris l’expérience de la vie qui nous mettrait au dessus de ceux qui n’en ont pas connu autant.  Il en est de même pour le travail : on peut tirer du labeur une assurance, de la fierté, faisant du travail un moyen pour devenir plus fort.  La Bible dit que la peine au travail est une astreinte permise par Dieu pour l’humilier  et non pour le grandir.

Nous sommes pourtant l’objet d’une bénédiction particulière : la croissance est au rendez-vous, le nombre de jeunes qui viennent écouter respectueusement la Parole et chanter de si beaux cantiques lors de nos camps est une vraie consolation. C’est un immense encouragement, une joie aussi. Aux débuts de la Mission, nous étions si méprisables et le Seigneur nous avait plusieurs fois relevés par des textes comme celui de Sophonie : « je laisserai un peuple affaibli… » ces mots correspondaient réellement à notre état. Mais nous avons vu aussi les promesses de Dieu s’accomplir : « Tu rends la nation nombreuse, Tu lui dispenses la joie. Elle se réjouit devant toi de la joie des moissons, Comme on pousse des cris d'allégresse au partage du butin. » Esaïe 9 : 2

Pourtant, aujourd’hui comme hier, nous sommes exhortés à accepter encore cette réalité. Au regard de l’ensemble du monde religieux, nous sommes toujours bien petits et si faibles. Pouvons-nous accepter cela ? L’esprit dans lequel le Seigneur veut nous maintenir, c’est de demeurer petits à nos yeux car il aime le peuple faible qui n’a d’autre recours que l’espérance proposée et sa protection bienveillante. Les humiliations et les blessures qui nous sont infligées contribuent à nous maintenir dans cette dépendance.

Face aux enjeux mondains et à la pression du temps, nous avons de quoi craindre. Les jeunes nous font trembler par leur intelligence, leur capacité de raisonnement, leur caractère si peu timoré. Rien ne leur fait peur, pas même la correction. Mais celui qui est en nous est plus fort que celui qui est dans le monde, nous dit la Parole. La force que le monde donne aux jeunes est faiblesse tandis que la faiblesse des enfants de Dieu est plus forte que la force du monde. C’est un acte de foi, la seule assurance de l’homme faible que Dieu emploie pour son service.

Un peuple faible ne peut répondre à des défis et des objectifs. On a souvent vu des pasteurs « débarquer » en Cévennes avec l’idée de relever le défi de réveiller les protestants endormis. Ils sont tous repartis penauds, mais nul ne parle d’échec ou de quelconque remise en question. Dieu ne met pas devant nous des défis faisant appel à nos capacités morales, intellectuelles, artistiques etc. Mais contraints par notre faiblesse, nous nous confions en Dieu en croyant qu’il manifestera au travers de notre faiblesse sa puissance. « C’est quand je suis faible que je suis fort » disait l’apôtre Paul. (2 Corinthiens 12 : 10)

Nous sommes donc appelés à nous accepter les uns et les autres dans nos faiblesses, à nous secourir car telle est notre communion. On s’aime dans notre faiblesse et on se fortifie ensemble dans la confiance au Seigneur.

Dépouillés de nos illusions et affaiblis dans nos forces vives, nous pouvons alors invoquer Dieu avec des lèvres purifiées.

« Je rendrai pures les lèvres des peuples, pour qu'ils invoquent tous le nom de l'Éternel en lui rendant un culte unanime. D'au-delà des fleuves de l'Éthiopie mes adorateurs, mes dispersés m'apporteront l'offrande. »

Pour accomplir sa vocation, Esaïe devait avoir une bouche purifiée. Le Seigneur veut aussi purifier nos bouches de l’arrogance, des jugements et de la moquerie, car ces choses qui sortent de la bouche de l’homme souillent l’œuvre et blessent les frères. Les divisions sont souvent le fruit de lèvres orgueilleuses.

Cette purification est indispensable pour pouvoir témoigner et prononcer des paroles de confiance qui permettent à Dieu d’agir avec puissance. L’unité ne sera pas le résultat de tous nos efforts mais d’une purification de nos lèvres et de nos cœurs. Cette purification dans au sein de la faiblesse est la seule condition pour rendre un culte unanime.

Nous avons besoin de cet accord que l’homme ne peut fabriquer. Dans l’humiliation, nous cherchons le Seigneur qui nous lave d’une eau pure et qui agit dans son peuple. Ceux qui se purifient sont alors unis dans l’amour de la Parole. Nous pouvons nous disperser au-delà des fleuves et des mers si Dieu nous y envoie, mais nous resterons dans une communion fraternelle et un soutien mutuel. Purifiés de tout mépris et des exaltations opposées à Dieu, nous célèbrerons une fête de communion et de joie fraternelle tout en le servant. C’est la fête de ceux qui apportent l’offrande. Nous ne rougirons plus de notre faiblesse car nous verrons la force de Dieu se manifester dans tous les domaines où il l'a promis. Et nous saisissons ensemble cette si belle promesse : « une joie éternelle couronnera leur tête. »

Prions :

Nous reconnaissons qu’il est des joies orgueilleuses qui s’opposent à toi et qu’il est des tristesses que tu permets parmi ton peuple pour l’humilier, le corriger parfois. Mais tu dis : « bientôt vous me verrez et votre cœur  se réjouira ». Tu es celui qui nous console et nous protège, celui qui a le pouvoir de transformer le mal en bien et les tristesses en joie. Nous voulons nous abandonner à toi avec confiance  car tu es notre seul refuge, notre seule assurance.  Tu es le berger et le gardien de nos âmes. Nous acceptons d’être ce peuple faible mais qui n’a pas à rougir car il apporte avec joie des offrandes qui te sont agréables. Que nos prières, nos chants et la consécration de nos vies te soient agréables, Seigneur. Nous croyons que tu l’acceptes à cause de ton fils qui s’est livré pour que l’offrande soit pure. Nous te disons notre amour en retour du tien. Nous te confions cette année, nous-mêmes et tous ceux que nous aimons. Conduis-nous vers ceux qui ont faim et soif, qui souffrent et prient sans te connaître. Ajoute des âmes à ton peuple, afin qu’eux avec nous puissent t’apporter une offrande agréable. Nous recevons ce que tu as dit aux tiens : « Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde ».

Que ton nom soit béni.

Amen

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