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Novembre 2016

Publié le lundi 14 novembre 2016

« Prends garde à la plaie de la lèpre, afin de bien observer et de faire tout ce que vous enseigneront les sacrificateurs, les Lévites ; vous aurez soin d'agir d'après les ordres que je leur ai donnés. Souviens-toi de ce que l'Éternel, ton Dieu, fit à Marie pendant la route, lors de votre sortie d'Égypte. » (Deutéronome 24 : 8)

Dans l’ancienne alliance, les réalités spirituelles étaient le plus souvent matérialisées. Paul nous apprend que dans les pérégrinations du peuple juif, Christ était au centre : la nuée, la traversée de la mer, le rocher… C’est lui qui en révèle la véritable portée (« Frères, je ne veux pas que vous l'ignoriez ; nos pères ont tous été sous la nuée, ils ont tous passé au travers de la mer, ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer, ils ont tous mangé le même aliment spirituel, et ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était le Christ. Mais la plupart d'entre eux ne furent pas agréables à Dieu, puisqu'ils tombèrent morts dans le désert. », 1 Cor 10 : 1) Toutes ces choses sont arrivées pour nous servir d’exemple, nous apprend ce texte. De même la lèpre était plus qu’une maladie : elle incarnait la malédiction, une impureté, c’est pourquoi elle sévit à plusieurs reprises comme un châtiment. La lèpre est une maladie d’une gravité extrême : chronique, évolutive, elle aboutit inexorablement à la mort, le corps se décomposant peu à peu. Toutes les maladies n’étaient pas déclarées « impures », mais celle-ci l’était. Les lépreux étaient exclus de la société et devaient s’annoncer en agitant une cloche et en criant « impur, impur » !

Les événements survenus à l’époque de Moïse nous enseignent encore aujourd’hui : les péchés du peuple peuvent être les nôtres, les conséquences nous en révèlent la gravité. C’est pourquoi, en rappelant ces châtiments infligés au peuple juif à cause de sa désobéissance, Paul exhorte les croyants à retenir la leçon : « ne devenez pas idolâtres », « ne vous livrez pas à l’inconduite », « ne tentez pas Dieu », « ne murmurez pas ». Le Nouveau Testament rejoint donc cette exhortation de se souvenir des événements passés et de prendre garde, notamment au péché de contestation.

C’est dans le chapitre 12 du livre des Nombres que se trouve raconté le péché de Marie mentionné dans Deutéronome. Moïse a pris une éthiopienne pour femme. Même si on pourrait y voir une préfiguration de la grâce et du salut offerts plus tard aux païens, les frères et sœurs de Moïse ont, semble-t-il, trouvé à redire. La loi de Dieu interdisait en effet d’épouser une étrangère… Étant appelé à conduire le peuple, Moïse était particulièrement exposé. On imagine que ses proches, contraints d’obéir à leur frère, soient prompts à souligner ses failles. D’où la remarque : « Est-ce seulement par Moïse que l'Éternel parle ? N'est-ce pas aussi par nous qu'il parle ? » (Nombres 12 : 2)

Pour en revenir au rôle de Moïse, nous pouvons souligner que le Nouveau Testament rappelle la responsabilité de ceux qui enseignent :

« Sois un modèle pour les fidèles, en parole, en conduite, en amour, en foi, en pureté. » (1 Timothée 4 : 12)

« (…) en te montrant toi-même un modèle d'œuvres bonnes, et en donnant un enseignement pur, digne, une parole saine, inattaquable, afin que l'adversaire soit confus, et n'ait aucun mal à dire de nous. » (Tite 2 : 7 et 8)

Les païens savent souligner avec beaucoup de perspicacité les fautes des chrétiens, et ces derniers font de même avec leur pasteur… Critiquer n’exonère en rien de ses propres fautes. Il n’en demeure pas moins vrai que les anciens ont une responsabilité : celle de faire honorer la Parole par une bonne conduite, de délivrer un enseignement inattaquable et pur.

Parler au nom du Seigneur n’est pas une chose légère. Dans l’ancienne alliance, seuls les sacrificateurs étaient établis pour cela. « Les lèvres du sacrificateur gardent la connaissance, et c'est à sa bouche qu'on demande la loi, parce qu'il est un messager de l'Éternel des armées. » (Malachie 2 : 5)

Dieu ne parlait pas par n’importe qui, des hommes étaient désignés spécialement pour cette fonction. Moïse était l’un deux, choisi d’une manière toute particulière : « Je lui parle de vive voix, je (me) fais voir sans énigmes, et il contemple une représentation de l'Éternel. Pourquoi donc n'avez-vous pas craint de parler contre mon serviteur, contre Moïse ? » (Nombres 12 : 8)

Depuis la nouvelle alliance, Christ a fait de nous un royaume de rois et de sacrificateurs. Ce qu’on a coutume d’appeler le sacerdoce universel a rendu possible une relation personnelle avec Dieu, par Jésus-Christ. Même si l’exclusivité réservée aux sacrificateurs de l’époque n’a donc plus lieu d’être, le respect d’une fonction donnée par Dieu reste une réalité. Dans le Nouveau Testament, des charges précises sont données de la part de Dieu pour son Église, elles ne s’exercent pas indifféremment. Le principe d’autorité n’est pas remis en question dans le Nouveau Testament, il s’exerce notamment par les anciens.

« Si quelqu'un parle, que ce soit selon les oracles de Dieu » nous rappelle l’apôtre Pierre (1 Pierre 4 : 11). Parler au nom du Seigneur représente une grande responsabilité, il ne s’agit pas de profaner la Parole de Dieu. On ne peut dire : « l’Éternel a dit » dès qu’une idée « nous passe par la tête », c’est-à-dire prendre toutes nos pensées pour des paroles inspirées. L’enseignement de la Parole est une chose sainte qui nécessite la crainte de Dieu, il correspond à un ministère, fruit d’un appel qui doit être reconnu par l’Église et établi comme tel.

Qui pourrait affirmer : « Dieu parle par moi ?! » Par contre, il convient de reconnaître ceux par qui Dieu parle. Ignorer les ministères donnés à l’Église pour son édification ou s’en éloigner ne peut qu’engendrer de graves conséquences. Or c’est souvent par mépris ou par esprit de contestation qu’on en vient à une telle attitude. Le murmure contre ceux que Dieu a établis n’est pas anodin.
Marie est donc frappée de lèpre pour avoir remis en question le rôle attribué à son frère. La sanction est immédiate, terriblement sévère. Aaron reconnaît immédiatement le péché qu’ils viennent de commettre et supplie Moïse d’intercéder pour eux. Alors Moïse implore l’Éternel.

Nous refusons souvent les aspects de la repentance, à savoir : la reconnaissance du péché, la sanction, l’humiliation et la supplication, le recours à un intercesseur en vue de la guérison. Toute sanction liée à une faute est aujourd’hui insupportable, comme indigne de la grâce ! Il nous faut obligatoirement être blanchis sur le champ ! C’est dans cet esprit que Saül demande à Samuel : « J'ai péché ! Maintenant, je te prie, honore-moi devant les anciens de mon peuple et devant Israël » (1 Samuel 15 : 30). Saül désire une repentance sans humiliation, sans sanction ; une simple parole prononcée et l’honneur est sauf !

Sans tirer trop loin la similitude, nous pouvons nous demander si une lèpre spirituelle ne ravage pas l’Église, faute d’avoir accepté les sanctions liées à sa rébellion. L’enfant rebelle n’apprend jamais rien, la correction ne lui est d’aucune utilité, il ne fait que s’endurcir.

Marie a été mise à l’écart durant 7 jours. A cause d’elle, le peuple a été arrêté dans sa marche jusqu’à ce que la punition soit levée. La faute est publique, tout le monde en a subi les conséquences. Voilà où les a menés la contestation.

Un autre exemple de sanction par la lèpre nous est décrit dans 2 Chroniques 26 : 16. Il concerne le roi Osias. A l’onction royale, Osias voulait ajouter celle de la sacrificature : « son cœur s'enhardit jusqu'à entraîner sa perte. Il fut infidèle à l'Éternel son Dieu : il entra dans le temple de l'Éternel pour brûler (des parfums) sur l'autel des parfums. » Devant la réprimande et l’avertissement des sacrificateurs, Osias s’emporte et la lèpre le frappe soudainement. Il terminera sa vie à l’écart du peuple, comme tous les lépreux.

Osias a simplement voulu brûler des parfums sur l’autel. Or c’est aux sacrificateurs qu’était réservée cette tâche. Il a voulu s’octroyer une fonction qui ne lui était pas donnée, il a réagi avec violence à l’avertissement. C’est la démarche typique de l’homme orgueilleux qui se croit tout permis, qui écarte ses concurrents par son imposture, et se comporte en oppresseur. Étendre notre périmètre, ajouter à notre fonction, chercher ce qui manque à notre gloire jusqu’à s’approprier ce qui ne nous appartient pas, sont des motivations qui se trouvent bien souvent dans nos cœurs. Elles sont d’autant plus graves qu’elles concernent les choses de Dieu. C’est aux sacrificateurs qu’ont été confiés les parfums. Qu’est-ce que le Seigneur m’a confié et quels sont les ministères qu’il a établis dans l’Église ? Puis-je vraiment faire ce que je veux en matière de culte, puis-je prêcher sa Parole sans y être convié ?

Nos envies n'entrent pas en ligne de compte lorsqu’il s’agit de l’Église et du culte. Contrairement à l’adage qui sert d’orientation à l’église évangélique actuelle, on ne peut rendre un culte « chacun selon sa sensibilité ». Le culte se rend en esprit et en vérité, par l’offrande de nos corps, l’hommage de nos lèvres - avec des vraies paroles - et la consécration de nos biens. Rien de commun avec la désinvolture d’Osias, encore moins avec la mondanité des cultes-divertissements. On ne peut louer Dieu n’importe comment, sans s’enquérir de ce qui lui plaît. Ce manque de crainte de Dieu manifeste une contestation et une arrogance coupables qui attirent sur nous un jugement : la lèpre d’une piété qui nous marquera certainement autant qu’elle a marqué le front d’Osias.

Si les exemples de Marie et d’Osias ont été ainsi consignés, c’est pour que nous ne péchions pas comme eux. Acceptons les humiliations qu’on nous inflige plutôt que de regimber. Si elles sont injustes, nous n’aurons pas à en rendre compte, mais si nous baissons les yeux en reconnaissant qu’elles sont liées à notre orgueil, alors « Dieu sauvera celui qui baisse les yeux » selon ce qui a été dit à Job, nous pourrons même être instruments de salut pour celui qui nous a humiliés ! Nous ne risquons rien à être humiliés, voire sanctionnés. Sachons que nous sommes sauvés de la lèpre car Jésus est mort pour nous d’une mort de déshonneur. C’est dans ses meurtrissures que nous sommes guéris. Cette guérison passera par l’humiliation de l’obéissance.

Mes frères ont autorité sur moi, leur réprimande a autorité sur ma conscience, à moins qu’ils me parlent hors de la vérité biblique. C’est l’amour de la vérité qui pousse à reprendre ou à accepter d’être repris. C’est ainsi que nous devenons source de bénédiction les uns pour les autres. Nous sommes sous le régime de la grâce et la grâce est merveilleuse ; mais ne péchons pas comme Marie et Osias, ce serait mépriser ce don précieux qui nous est donné.

Prions :

Seigneur, nous sommes dans une génération de contestataires, de cette contestation soixante-huitarde qui a pénétré notre société, nos consciences et nos églises. En remettant tout en question, nous remettons aussi en question ton autorité, celle des ministères, celle de l’Église. Pardonne-nous pour toute imposture qui peut devenir la plaie de nos âmes. Nous ne mesurons pas tout, ne voyons pas tout et ne comprenons pas tout mais par nos murmures, le mal et l’imposture ont gagné nos cœurs, envahis nos pensées et nos propos. Pardonne le péché, Seigneur, et guéris-nous de la lèpre de l’âme, de ce qui ronge de l’intérieur jusqu’à la mort. Que ta parole libératrice donnée à L’Église agisse en nous et que nous soyons déliés de la puissance du péché, guéris de notre maladie. Nous voulons être attentifs à tes avertissements et te remercier avec beaucoup de reconnaissance d’avoir voulu que nous vivions et que nous portions du fruit envers et contre tout, par grâce.

Tout est grâce et don de Dieu, que ton nom soit béni.

Amen

Daniel & Jérémie

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