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Sauvés par sa vie

Publié le dimanche 07 décembre 2014

« Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à bien plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie. » (Romains 5 : 10)

L’Épître aux Romains fonde la doctrine du Salut et nous révèle des réalités magnifiques trop souvent voilées à nos yeux. Nous avons bien de la peine à croire tout ce qui concerne le salut au point d’être relevés lorsque nous sommes assaillis par l’accusation. L’imagerie du pèlerin larmoyant au pied de la croix nous a marqué au point que nous avons de la peine à appliquer dans l’expérience tout ce que nous connaissons en théorie au sujet de l’oeuvre de Christ. On en reste à la croix comme en témoigne la présence de tous ces crucifix dans les temples ou les salles évangéliques. La résurrection et l’espérance n’ont finalement que peu d’impact, « la vie qui nous sauve » n’est plus qu’un concept.

Nous avons été réconciliés, nous dit Paul, par la mort de Jésus-Christ. Nous étions ennemis de Dieu et rien ne pouvait nous rapprocher de lui. Les oeuvres insuffisantes, l’obéissance à la loi vouée à l’échec, nous étions perdus. En effet, si nous pensons être délivrés de la culpabilité car nous avons tout bien fait, alors nous devenons coupables de propre justice… « Quand tu crieras, qui te délivrera, tes oeuvres ne te profiteront pas. » Seule la conversion à Jésus-Christ nous réconcilie avec le Père par sa mort.

Etre réconcilié signifie d’abord échapper au courroux de Dieu. Alors, nous pouvons nous approcher avec assurance du trône de la grâce pour obtenir miséricorde. Cette assurance est précieuse, elle bannit l’accusation et le remords lorsque nous intercédons pour nos enfants perdus. Elle ôte cet obstacle horrible de la culpabilité pour nous conduire à la grâce en Jésus-Christ. Si la mort de la croix nous ôte toute accusation et nous assure de la faveur de Dieu, qu’en sera-t-il alors de la résurrection ?

Revenons un instant sur la question de la colère.

La colère divine se révèle contre toute injustice, nous dit la Parole. Avant Jésus-Christ, la loi prononçait la sentence allant jusqu’à l’extermination des peuples ennemis ou encore à punir de mort un enfant qui levait sa main contre son père ! Le régime de la loi était indissociable de la colère, mais cette colère est tombée sur Jésus-Christ. Si les huguenots l’avaient compris, ils n’auraient pas commis tant de massacres. « Remets ton épée dans le fourreau » dit Jésus à Pierre. La colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu. La condamnation n’existe plus, car il est le prince de paix, le jugement est tombé sur lui.

En prenant conscience de ces choses, nous pouvons placer nos enfants dans une perspective de bénédiction et non d’accusation. Nous pouvons les attirer au Seigneur en leur parlant de la grandeur de l’amour de Dieu en Jésus-Christ qui nous réconcilie avec le Père. Le principe légaliste implique la peur et la colère, mais la colère n’est plus sur nous et nos enfants car, par sa mort, Christ a tout pris sur lui.

Sauver notre honneur et que nul n’ait à redire de notre éducation n’est pas un bon chemin, cela nous éloigne de cet amour. Même nos corrections peuvent être imprégnées de la grâce, de sorte qu’elles ne sont pas une sanction punitive mais une correction instructive qui conduit à l’amour de Dieu. C’est ainsi que l’on reprend un frère qui s’égare dans l’espoir que le Seigneur ramènera dans son sein tous ses enfants perdus, le croyons-nous lorsque nous le chantons ?

Proclame que le Seigneur est le berger suprême
Qui rassemble de son bras tous ses agneaux perdus.
Il les porte sur son sein, jusqu’au bout du droit chemin,
Ne doute pas, le Seigneur est là et jamais il ne t’abandonne.

« A combien plus forte raison serons-nous sauvés par sa vie. »

Voici, nous ne sommes plus des ennemis, car il nous a réconciliés par sa mort. Mais s’il n’est pas ressuscité, comment puis-je vivre ? Et à quoi me sert-il d’être réconcilié si je ne vis pas ? Les couples en dispute toute leur vie se retrouvent gentiment allongés côte à côte dans la tombe… mais ils ne sont pas vivants… Avec les morts, il n’est pas difficile d’être réconcilié. « Le roi est mort, vive le roi ! » dit le dicton. Dieu est le Dieu des vivants et non des morts !

Non seulement nous sommes en paix avec Dieu, mais appelés à une communion de vie pour toujours, sans quoi nous sommes les plus malheureux de tous les hommes, disait Paul. Certains disent croire tout cela pour les autres mais pas pour eux. En quoi seraient-ils une exception dans le monde ? Parler ainsi cache un refus d’obéir et révèle une chose : le coeur humain est tortueux…

Certes, nous devons accepter de rentrer en nous-mêmes lorsque Dieu éclaire notre conscience. Le fils prodigue a dû « entrer en lui-même », mais il s’est laissé étreindre par l’amour du père qui le prend dans ses bras, à peine se trouve-t-il face à lui. Le fils ne semble pas avoir eu la réticence de certains qui disent avoir du mal avec la tendresse… Certains loubards sont tombés dans les bras en pleurs après s’être convertis, alors qu’ils n’avaient jamais vu faire cela avant ! Que savons-nous de tout cela ? Comment retournons-nous au Père ? Avec culpabilité, sans abandon ? Nous avons de la peine à accepter la fête, comme le fils aîné à qui le père rappelle : mais « mon fils, tout ce que j’ai est à toi ! » C’est ce que nous dit le Père : tout ce que le fils a acquis est à nous et il s’agit de nous en réjouir. Si nous continuons à pleurer (ou bouder) lorsqu’il y a la fête dans le ciel, nous sommes dans une contraction épouvantable.

« Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent, que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de repentance. » (Luc 15 : 7) Or bien souvent, nous nous réjouissons plutôt de ne plus avoir besoin de repentance et nous avons de la peine à nous réjouir de la joie du ciel. Il est mort et il est revenu à la vie ! Réjouissons-nous ! Nous étions morts par nos offenses et nous sommes réconciliés par le sacrifice du Christ, justifiés, ressuscités et vivants par sa résurrection. Il a mis en évidence la vie et l’immortalité, nous sommes vivants !

On veut produire la vie, mais la vie est en Christ. L’homme peut faire beaucoup de choses, mais il ne parvient pas à créer la vie, il manque toujours quelque chose. Plus les chercheurs avancent dans la science, plus l’espoir augmente, mais ils s’en éloignent par mille autres raisons qu’ils se refusent à dire. La vie est hors de portée, elle ne se crée pas et la vie spirituelle non plus. Nous l’avons en son fils ressuscité, c’est la puissance de vie impérissable. Qu’avons-nous à donner d’autre que cela ?

« Or, si l’on prêche que Christ est ressuscité d’entre les morts, comment quelques-uns parmi vous disent-ils qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? S’il n’y a pas de résurrection des morts, Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vaine, et votre foi aussi est vaine. » (1 Cor 15 : 12 à 14)

Plutôt que de se porter sur une croix en bois, nos regards doivent se porter sur Jésus couronné de gloire et d’honneur, notre médiateur toujours vivant pour intercéder auprès du Père pour nous ; voilà la force vivifiante de notre foi. Qu’il illumine les yeux de notre coeur…

Loin d’honorer le Seigneur, nos croix en bois conduisent à idolâtrer son supplice, n’est ce pas une horreur ? On ne trouve plus aujourd’hui aucune salle évangélique ni temple sans croix. On peut y voir un piège du diable qui veut réduire l’oeuvre de Christ à un objet et nous voiler la réalité de la résurrection. Nous ne sommes pas seulement en communion avec Dieu à cause du sang de la croix, il a ôté l’inimitié par la croix, mais il nous justifie et nous conduit au Père dans sa résurrection et dans sa vie.

Ce qui fait l’autorité du roi, c’est celle de pouvoir appliquer la loi. On observe au passage que, plus les lois se multiplient, moins il y a d’autorité, car elles deviennent inapplicables. Toujours est-il que l’autorité s’exerce par cette application, tandis que l’autorité du Seigneur est différente. Contrairement à Aaron qui agissait encore selon une ordonnance charnelle, l’autorité du roi selon l’ordre de Melchisédeck est d’un autre ordre : c’est une puissance de vie impérissable (Hébreux 7 : 11). Le sacrifice de Jésus est donc encore sous l’ordre de la loi puisqu’il fallait que le sacrifice soit accompli, il a lui-même accompli fidèlement cette loi jusqu’au bout. Mais par la résurrection, nous sommes désormais sous une autre loi. David avait une loi dans le coeur (O combien j’aime ta loi…), mais il est une autre loi dans laquelle la première loi est incluse, elle est vivante, c’est la loi de l’Esprit qui nous est accordée par la foi en Jésus-Christ ressuscité.

Désormais le jugement de la loi n’est plus notre combat. La colère des parents, des pasteurs qui accusent, n’est pas l’esprit de l’évangile. Il ne s’agit pas d’ignorer les fautes mais on ne reste pas dans la colère du jugement de la loi qui sanctionne avec violence la désobéissance. On corrige avec espérance, sans quoi nous désespérons nos enfants ou les frères et soeurs de l’Eglise. D’ailleurs, n’y a-t-il pas dans nos coeurs plus de désespoir que d’espérance ?

Notre victoire, c’est la puissance de vie impérissable. Nous ne changerons pas dans la chair car nous resterons ce que nous sommes, mais nous avons reçu dans nos coeurs une autre loi que le « faire » ou « ne pas faire » : c’est une loi supérieure qui nous permet de triompher. Elle ne réside pas dans la confession, dans les larmes ou encore dans l’autorité de l’Eglise ; la puissance est en Christ, puissance de vie impérissable.

« Pierre lui dit : Je ne possède ni argent, ni or ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus-Christ de Nazareth : lève-toi et marche ! (…) Pierre, à cette vue, dit au peuple : Vous, Israélites, pourquoi vous étonnez-vous de cela ? Pourquoi fixez-vous les regards sur nous, comme si c’était nous qui, par notre propre puissance ou par notre piété, avions fait marcher cet homme ? (…) C’est par la foi en son nom, que son nom même a rendu fort cet homme que vous voyez et connaissez ; c’est la foi en Jésus qui lui a donné ce complet rétablissement, en présence de vous tous. » (Actes 3)

La force de Pierre et Jean ne venait pas d’eux-mêmes mais d’un autre. Elle n’était même pas liée à leur piété, on pourrait même dire qu’ils n’ont pas vraiment eu le temps d’en avoir…

Nous imaginons souvent que nous pourrons d’autant mieux prêcher que nous aurons une piété riche, mais la piété est pour le Seigneur, elle n’est pas pour soi. Elle n’est pas pour acquérir une puissance mais elle est confession de sa foi, louange envers Dieu et communion. Certains grands prédicateurs ont enseigné qu’il fallait rester des heures à genoux et en prière pour être rempli et pouvoir ensuite prêcher de manière inspirée. Comment faisons nous lorsque nous n’y arrivons pas ? On a beau se contraindre, passer du temps à lire dans l’espoir de les imiter quelque peu et voilà que le résultat n’est pas au bout… Alors, c’est le désespoir et la déception jusqu’à que l’on comprenne que la puissance n’est pas le fruit de la piété mais c’est la Parole elle-même, c’est elle qui est puissante !

On compte sur notre piété et on se fatigue « A force de marcher tu te fatigues et tu ne dis pas : J’y renonce ! Tu trouves encore de la vigueur dans ta main : aussi n’es-tu pas abattue ». (Ésaïe 57 : 10)

Qu’il est difficile de comprendre que l’on est plus puissant en étant brisé qu’avec le sentiment de victoire après avoir fait tout ce que nous avions à faire! Le Seigneur est plus prêt de nous quand nos forces nous abandonnent, au point de ne plus parvenir à nous relever malgré tous nos efforts.

L’exaucement à nos prières n’est pas lié à l’intensité de notre supplication, parfois à en être défiguré… « Dieu n’est pas sourd » disait un pasteur Coréen de 103 ans qui ne comprenait pas pourquoi tant de gesticulations lors des moments de prières.

La piété n’est pas pour soi, le culte n’est pas le « repas des goinfres », on vient pour le Seigneur et tout nous est acquis en Jésus-Christ. On ne reprend pas vie en dehors de cette réalité-là. Nous la saisissons par la foi pour nous et nos enfants, c’est notre seul espoir. Le Berger a la force de ramener ses agneaux perdus, car sa Parole communique la vie aux morts. Ce que notre piété n’a pas pu faire, la grâce le fait et c’est là la force de notre témoignage.

Laissons-nous remplir de cette vie, Son Évangile est puissant. Tout l’Ancien Testament en rend témoignage par avance. L’obéissance requise était inaccessible mais nous pouvons nous réfugier aujourd’hui dans l’obéissance du Christ car la vie est en lui. Ne servons plus Dieu dans la culpabilité ou le devoir mais dans l’esprit de la grâce qui est vie en Christ ressuscité.

Daniel et Jérémie

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