Menu supérieur

  •  

/ Mission Timothée / Parole partagée / Exhortations / Servir Dieu au travail ?

Menu gauche

search



précédant haut suivant

Servir Dieu au travail ?

Publié le mardi 30 juin 2015

« Serviteurs, obéissez en tout à vos maîtres selon la chair, et cela non seulement sous leurs yeux comme si vous cherchiez à plaire aux hommes, mais avec simplicité de cœur, dans la crainte du Seigneur. Tout ce que vous faites, faites-le de (toute) votre âme, comme pour le Seigneur, et non pour des hommes, sachant que vous recevrez du Seigneur l'héritage en récompense. Servez Christ le Seigneur. » Colossiens 3 : 22 à 24

La plupart des exhortations de Paul sont adressées à des laïcs ayant une activité séculière. La notion de clergé, héritage de plusieurs siècles de catholicisme, n’a rien de biblique. Bien qu’issus de réveils, les milieux évangéliques n’ont pu se débarrasser complètement de ces notions. Ce qui explique que l’on puisse encore se poser la question : « comment un croyant peut-il servir Dieu dans le milieu professionnel ? »

Le chrétien est serviteur de Dieu et témoin partout et envers tous. Il se distinguera d’avec les non-croyants mais sa différence ne proviendra pas d’un esprit marginal. Le marginal est très souvent provocateur par faiblesse. Ne parvenant pas à être comme tout le monde, il compense alors en se singularisant, quitte à choquer. Or ce qu’un croyant cherche avant toute chose, c’est plaire au Seigneur et voici ce qu’Il lui demande : être irréprochable aux yeux des hommes.

« Faites tout sans murmures ni discussions, pour être irréprochables et purs, des enfants de Dieu sans reproche au milieu d'une génération corrompue et perverse, parmi laquelle vous brillez comme des flambeaux dans le monde. » Philippiens 2 : 14

« Nous ne donnons aucun sujet de scandale en quoi que ce soit, afin que [notre] service ne soit pas un objet de blâme. » 2 Corinthiens 6 : 3

Rien ne peut être fait pour choquer ni dans le monde et encore moins dans l’Église.

Des conventions régissent les entreprises humaines, le chrétien y obéit comme tous les hommes, mais il le fait avant tout pour plaire à son Dieu. Cette attitude intérieure le distingue du « lèche-botte » qui est prêt à tout pour servir son intérêt. Ce dernier rejoint finalement le marginal car tous deux servent leur intérêt propre. Le chrétien ne cherche pas son intérêt et s’il cherche à plaire aux hommes, c’est pour le Seigneur.

Une telle docilité pourrait faire craindre le joug de maîtres durs et sans scrupules. L’idée qu’ils profitent de nous, qu’ils nous exploitent au-delà de nos capacités est en elle-même terrifiante. Seule une autorité supérieure peut nous délivrer de l’autorité des hommes méchants : celle du Seigneur que nous servons. Si nous cherchons à plaire au patron, c’est avant tout pour plaire à Dieu, et pour cette même raison, nous accepterons aussi de lui désobéir s’il le faut.

Ainsi ma vie professionnelle est vécue à chaque instant dans la dépendance de Dieu et sous son regard, tout comme ma vie familiale et ma vie d’Église. Il existe bien sûr des principes différents de gestion ou d’organisation entre la vie d’Église et celle d’une entreprise, mais ma manière de servir Dieu ne diffère pas. A n’importe quel endroit où je me trouve, dans quelque activité que j’entreprenne, je suis mort à mes intérêts.

Cela ne signifie pas que je doive subir toute injustice sans rien faire. C’est à ce niveau par exemple qu’une différence existe entre l’Église et le monde. Si je suis exhorté à me laisser dépouiller lorsqu’il s’agit de conflits entre frères, il en est autrement dans les affaires de la vie. Notre pays est organisé selon des lois, une justice qui s’exerce pour chaque citoyen. À ce titre, nous pouvons les faire valoir. Mais si nous en usons, ce n’est pas dans la hargne et la vengeance, car notre vie ne dépend pas de cela. Nous pouvons nous en remettre au jugement des hommes compétents, tout en confiant notre sort dans les mains du Seigneur, de la même manière que nous nous soignons avec les moyens mis à notre disposition tout en sachant que notre vie dépend de Lui.

En ce qui concerne les affaires de la vie, nous observons que Jésus n'a pas répondu à l’homme dont le frère refusait de partager l’héritage. On pourrait y trouver une injustice incroyable ! Jésus n’a pas défendu sa cause. Mais il est écrit ailleurs : « tout est à vous (…) vous êtes à Christ et Christ est à Dieu » (2 Corinthiens 3 : 21). Ce qui signifie, que je me contente des biens que Dieu me donne, car tout ce dont j’ai besoin se trouve en LUI. Tout est à moi mais je suis à Christ, je n’ai donc plus rien à revendiquer car, si j’use de tout, c’est pour le Seigneur à qui reviennent toutes choses. « Notre vie est cachée avec Christ en Dieu » dit aussi Paul. Nous sommes appelés à être en Christ non seulement pour la vie d’Église mais pour tout le reste de notre vie ! Paul dit « servez Christ », alors qu’il vient de parler des rapports avec le monde séculier.

« (…) avec simplicité de cœur, dans la crainte du Seigneur. Tout ce que vous faites, faites-le de (toute) votre âme, comme pour le Seigneur, et non pour des hommes. »

Il est dans l’air du temps de faire son travail sans y mettre le cœur, aucun acte n’est gratuit, tout est fait en relation avec soi. Cette tendance gagne l’Église. Habitués que nous sommes à une attitude de défense dans le monde, nous plantons sans cesse nos frontières en vue de préserver nos intérêts personnels. Or l’amour nous entraine à l’inverse, et ce, dans l’Église comme au travail, car il s’agit bien de « tout ce que vous faites ». Si nous sommes « sur les nerfs », il est possible que nous n’ayons pas vraiment compris que nous dépendons du Seigneur. Vivre constamment dans une autoprotection engendre une grande fatigue nerveuse, car cette attitude réclame encore plus d’énergie. Si je cherche l’amour, j’apprendrai à faire ce que le frère me demande avec encore plus de cœur que ce que je ferais pour moi-même ! L’amour est la récompense du labeur. Mais encore faut-il accepter la croix sur nos intérêts cachés ou revendiqués.

Il est difficile de se dissocier de l'escalade de la réussite et de l’appât du gain, notre place pourrait en être menacée. Pourtant, nous n’imaginons pas ce qu’une marche spirituelle peut produire et à quel point le Seigneur peut nous protéger. L'esprit de Dieu nous donne une sagesse qui inspire le respect, même chez les non-croyants. C’est donc par la grâce de Dieu que nous sommes ce que nous sommes et les hommes le reconnaîtront. C’est ce que nous venons d’expérimenter récemment encore en tant que Mission. Alors que la mission avait tout perdu, la promesse s'est réalisée malgré notre indignité et nos nombreuses failles.

Le Seigneur ne pourra défendre ce que nous défendons nous-mêmes, il ne répond pas à ce qui émane de la chair. La chair est condamnée et la place du « moi-je », c’est bien la croix. Même lorsque je prêche la Parole, l’Esprit ne m’assistera guère si je cherche la reconnaissance et un quelconque honneur. Certes, la grâce de Dieu existe, mais ce secours surnaturel qui fait jaillir la vraie bénédiction, le ministère accordé et renouvelé sans lien avec mes capacités naturelles sont autant de choses que seul l’Esprit de Dieu peut donner. Ne sont-elles pas ce dont nous avons le plus besoin ?

N’oublions pas une réalité que beaucoup de chrétiens acceptent de moins en moins : nous sommes envoyés dans le monde comme des brebis au milieu des loups. On se comporte le plus souvent comme des loups au milieu des loups en agissant avec les mêmes armes, y compris pour y faire de l’évangélisation. Alors Dieu ne nous vient pas en aide car nous avons choisi un autre chemin, nous sommes livrés à nous-mêmes : capacité, intelligence (ou bêtises), crainte, stress, lutte… finalement comme tous les hommes de ce monde. Or si nous avons livré notre vie au Seigneur, notre moteur n’est plus le même. Il n’agit pas nécessairement contre nos intérêts, mais surtout pour les intérêts du royaume de Dieu qui sont bien supérieurs aux récompenses terrestres. Le but n'est pas l'accroissement ou l’enrichissement, mais le royaume. Un chrétien travaille pour gagner sa vie, pouvoir faire des œuvres et aider son prochain. Celui qui dépense tout pour ses passions n’a pas compris la vie d’un enfant de Dieu.

L’esprit agit par nous et malgré nous dans la mesure où nous marchons dans cette optique : nous travaillons dans le monde, sachant que nous recevrons du Seigneur l'héritage en récompense.

Ce désintéressement est en soi un témoignage et là n’est pas la moindre des choses. La plupart du temps, la perdition de ceux qui nous entourent nous indiffère. A force de les côtoyer, nous nous y sommes habitués. Pourtant ils restent perdus ! Si nous sommes placés dans ce monde en tant que témoins, c’est pour pouvoir aussi les arracher à la perdition éternelle. Leur bonheur apparent n’est qu’un leurre et il est loin d’être enviable contrairement à ce que pensent beaucoup de jeunes. Leur part est dans la vie et leur bénédiction s’avère être leur perdition. Avoir sa part dans la vie, être couverts de succès, n’est ni notre héritage ni notre convoitise, encore moins notre sécurité. L’avoir compris nous donnera assurément plus de paix dans notre travail. Un témoignage d’une réelle liberté se dégagera de notre activité car notre héritage est dans les cieux, c’est pour lui que nous travaillons et il ne sera pas perdu.

Un comptable s’est converti après avoir travaillé dix ans pour un entrepreneur chrétien. Interpellé par la paix qui régnait toujours dans ce bureau, il a été convaincu en une soirée lorsque l’entrepreneur lui a fait part de sa foi chrétienne. Pourtant les problèmes de gestion étaient bien présents comme partout ailleurs…

Nous comprenons alors que notre service pour Dieu est une réalité de chaque instant. La question du manque de temps n’a pas lieu d’être. Un esclave n'avait pas vraiment d'occasions d'entretenir sa piété personnelle et c'est pourtant à eux (entre autres) que Paul s'adresse ! Si je comprends que je sers le Seigneur tout le temps, alors l’obstacle du manque de temps est un verrou qui saute immédiatement !

Servir Dieu dans l’Église n’est déjà pas si mal, pensons-nous. Or nous ignorons qu’en le servant mal ailleurs (dans notre famille, auprès de nos enfants, au travail …) nous le servirons mal dans l’Église également. Servir Dieu demande une vie intérieure qui ne peut être cloisonnée. Impossible d’être un requin au travail et un agneau dans l’Église. Ce que je développe dans le monde va surgir dans l’Église. La cloison que j’ai voulu construire n’est pas étanche et ce n’est jamais le bon côté qui gagne … Le mensonge, la convoitise, la passion ou la violence vont gangréner l’Église si je les nourris par ailleurs.

Si nous refusons de prendre des distances avec l'esprit qui régit le monde, nous ne pourrons plus entendre la voix du Seigneur qui peut nous diriger. A certains égards, le pasteur à plein temps est comme une sorte d’ancrage afin de ramener vers la mentalité du royaume ses frères quotidiennement confrontés à la mentalité séculière. Le pasteur doit dire : « venez avec moi » pour répondre aux hommes du monde qui disent : « venez avec nous ! »

Apprenons à nous tenir devant Dieu. Même si au cœur de l’activité notre esprit n’est pas toujours en mesure de penser ou de formuler une parole, le cœur est tourné vers Lui. C’est une sorte de disponibilité intérieure, comme une respiration. On n’y pense pas, mais nous respirons. Il ne s’agit pas de chercher à faire ou ne pas faire ou faire mieux… C’est une attitude de cœur et le reste en sera le fruit. « Il respirera dans la crainte de L'Éternel » était-il dit du Messie.

Alors nous revenons sans cesse au Seigneur, car il nous est devenu impossible de faire autrement.

« Que ma langue s'attache à mon palais si je ne me souviens de toi, si je ne mets Jérusalem au-dessus de toute autre joie. » (Ps 137 : 6)

Voilà pourquoi les Juifs s’y donnaient rendez-vous, ils s’imposaient cette contrainte pour ne pas oublier cette réalité, sous aucun prétexte. Quand tu seras chez toi, quand tu iras en voyage … en toutes circonstances.

Que la réalité du royaume soit ainsi gravée sur « les poteaux » de nos cœurs. Il s’agit plus que d’un fardeau pour l’Église ou la Mission, c’est le Seigneur lui-même et son royaume ! Ne nous désolons pas de l’avoir délaissé, mais revenons à lui car ce qu’il veut c’est que nous répondions présent à chaque instant où Il nous parle.

« Exhortez-vous chaque jour, aussi longtemps qu'on peut dire : Aujourd'hui ! Afin qu'aucun de vous ne s'endurcisse par la séduction du péché. » Hébreux 3 : 13

Vos Daniel & Jérémie

précédant haut suivant

|
|