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Heureux le serviteur…

Publié le vendredi 06 avril 2018

« Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l'intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, agréable et parfait. Par la grâce qui m'a été donnée, je dis à chacun d'entre vous de ne pas avoir de prétentions excessives et déraisonnables, mais d'être assez raisonnables pour avoir de la modération, chacun selon la mesure de foi que Dieu lui a départie. En effet, comme nous avons plusieurs membres dans un seul corps, et que tous les membres n'ont pas la même fonction, ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ et nous sommes tous membres les uns des autres. Mais nous avons des dons différents, selon la grâce qui nous a été accordée. » Romains 12 v.1 à 7

Dès qu’il s’agit de ministère ou de vocation, nous pensons immédiatement aux fonctions honorifiques, aux grands destins qui ont marqué l’histoire de l’Eglise. Pourtant, bibliquement, la vocation est commune à tous, c’est la vocation céleste. Aucun rapport avec une fonction qui s’ajouterait comme un bonus à la vie chrétienne ou une quelconque place que nous devrions laisser le jour de notre retraite. Notre vocation renvoie à des réalités bien plus grandes que la fonction que nous occupons : elle fait référence au salut, à la récompense céleste, à ce trésor dans le ciel, aux couronnes que nous jetterons aux pieds du Seigneur.

Nous avons tous une vocation à remplir. Elle pourra se traduire de différentes manières durant notre vie, mais sera toujours orientée par le même vecteur : la cité céleste. Toutes nos actions sur la terre doivent se laisser aimanter et ramener dans ce sillon. Si les circonstances, la maladie ou la vieillesse nous obligent à cesser ou adapter notre service, notre vocation ne s’éteint pas pour autant.

Les besoins évoluent également. Par exemple il devient difficile de continuer à s’occuper des marginaux au quotidien, tout en visitant les Eglises et stations de la mission. Est-ce pour autant trahir sa vocation ? La vocation ne consiste pas à être ou faire ceci ou cela. Certes, nous exerçons une fonction dans le corps, accordée par le Seigneur selon la mesure du don de foi qui nous est accordée, comme nous allons le voir. Il faut, en effet, une mesure de foi particulière pour s’occuper de drogués et croire qu’ils peuvent s’en sortir… ou encore pour pouvoir faire face aux démons sans trembler. Elle peut être donnée au moment nécessaire ou pour accomplir notre tâche, celle qui nous est confiée. Il n’en demeure pas moins que notre vocation est céleste : « vous avez été appelés à une seule espérance, celle de votre vocation » Ephésiens 4 : 4

J’exercerai encore ma vocation même lorsque ma voix expirante ne s’entendra plus ! Car rien ne peut arrêter l’action de grâce et l’adoration, c’est à dire l’essence même de notre vocation. Etre dans l’action de grâce jusqu’à la fin. Que toutes nos œuvres s’accomplissent ainsi dans l’esprit du culte.

Dans ce chapitre 12 de Romains, Paul explique la manière dont s’exercent les ministères au sein du corps. Là encore, un principe très clair se dégage : un ministère est donné, il ne se vit pas pour soi-même. Nous lisons dans Ephésiens 4 : « à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. C'est pourquoi il est dit : Il est monté dans les hauteurs, il a emmené des captifs, et il a fait des dons aux hommes. » Cette expression, tirée d’un psaume (68), signifie que Christ a délivré ceux qui étaient captifs du péché pour qu’ils soient ensuite donnés. C’est pourquoi, il est juste de dire que sont délivrés ceux qui acceptent d’être esclaves de Jésus-Christ et livrés à l’Eglise qui est son corps. Voilà à qui sont donnés les dons et les charismes, à ceux qui acceptent d’appartenir et d’être donnés. C’est là tout le plan du salut. 

Beaucoup cherchent une délivrance au niveau de la chair pour mieux vivre, mais oublient cette réalité. Le salut est un tout et nul ne peut exercer un ministère comme il l’entend. Mon corps est livré, comme un sacrifice, c’est là le vrai culte, ne plus être à soi. On ne se prête pas, un sacrifice ne se récupère pas, ce n’est pas une mise à disposition. Le culte est un don, la seule réponse à celui qui m’a délivré et capturé dans ce but. Je ne me possède pas moi-même, mais j’appartiens au Seigneur. Tout le reste est une copie de l’œuvre de Dieu, une méconnaissance du plan du salut dans sa globalité.

Faute de comprendre ces choses, je risque fort de rester sur le côté avec un sentiment d’exclusion et sans force. Car la mesure de foi m’est accordée si j’entre complètement dans ce don, cela ne peut être partiel. L’exercice d’un ministère ne relève pas d’un effort ou d’une capacité particulière, c’est avant tout une question d’acceptation et d’abandon. C’est alors que je peux exercer un ministère, non pas celui que je convoite, mais celui qui m’est confié. Inutile de forcer, car je ne pourrai l’exercer qu’avec la mesure de foi que j’aurai reçue. C’est la condition pour demeurer au service du Seigneur quoi que je fasse.

Ceux qui forcent sont malheureux et sans fruits. Ils veulent sans cesse être ailleurs, faire autre chose. C’est pourquoi, il est essentiel d’apprendre à discerner comment le don de la foi se manifeste. Savoir reconnaître le moment où notre frère agit avec une conviction, une foi particulière, mais aussi une espérance qui lui permet de persévérer malgré les échecs. Il faut reconnaître ce que Dieu m’a donné, ce qu’il a donné à l’autre. Un service découle de la foi donnée avec une mesure différente pour les uns et les autres, bien qu’elle soit de la même nature et la même valeur. « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez » ( Jean 6 :29) et cette foi produira du fruit.

Tous sont appelés à pratiquer l’hospitalité, mais pour en faire véritablement son service, il faut un don. Celui qui accueille avec l’amabilité d’une porte de prison ne risque pas d’être trop souvent sollicité…

J’ai besoin de la mesure de foi pour accomplir ce qui me sera confié, d’une force surnaturelle, ce qu’on appelle un talent, un charisme, une grâce, pour servir selon le terme exact. Cela ne se fabrique pas car c’est une grâce, mais elle est nécessaire pour faire une œuvre surnaturelle.

Nous comprenons alors que nous sommes loin des motivations humaines de vouloir réaliser sa vie, lui donner un sens, être quelqu’un, imiter un grand selon les images que l’on porte en soi. Certains pensent que si l’on ne prêche pas, on n’est rien ! Mais la prédication ne résume pas tout le service pour Dieu ! Certains se sont couverts de honte dans leur vieillesse en tenant absolument à prêcher, quitte à dire des bêtises.

« Je dis à chacun d'entre vous de ne pas avoir de prétentions excessives et déraisonnables » L’humilité caractérise l’exercice de tout ministère. Une expression revient souvent aujourd’hui dans les médias : « cette épreuve m’a fait grandir ». Grandir en relation avec quoi ? Selon quelle mesure ? Ce langage imprègne aussi nos consciences et révèle un désir d’élévation. La seule véritable croissance est en Jésus-Christ et c’est le fruit de l’œuvre de la croix.

Il faut beaucoup d’efforts pour s’élever, c’est l’esprit de la compétition qui est à l’opposé de l’évangile. Car la compétition, c’est apprendre à dépasser l’autre.

On dit qu’une entreprise qui ne progresse pas, régresse forcément. Peut-être, mais par quoi sommes-nous animés ? Des principes d’ambition ou la simple nécessité de pérenniser son activité ? Sous prétexte de bénédiction, on devient de plus en plus riche et plus fort. Nous pouvons vivre ainsi également au niveau du ministère. On n’agit plus par amour pour les personnes, mais par comparaison avec l’autre que l’on jalouse, que l’on admire, par désir d’étendre sa sphère d’influence, son domaine d’action.

En voulant toujours grandir et devenir plus forts, nous nous conformons à l’esprit du monde. C’est une préoccupation de soi qui nous détourne de notre vocation. Nos pensées ne sont plus orientées vers le Seigneur ou les brebis pour les nourrir et les conduire dans de gras pâturages.

Le premier rôle d’un serviteur, c’est de nourrir les autres et non se trouver une raison de vivre. « Heureux le serviteur que le maître trouvera faisant ainsi. »

Notre ministère est souvent arrêté par des combats orgueilleux visant à grimper toujours plus haut. Démarche typique de l’homme charnel. Mieux vaut s’abandonner que de lutter par orgueil. Animé par cette recherche, je ne peux être vrai, car je cherche ma propre gloire. Voilà pourquoi la source du mensonge est souvent l’orgueil, je me trompe moi-même par de faux raisonnements, une agitation perpétuelle faute de m’abandonner. Si je ne réussis pas quelque part, je cherche à aller ailleurs, car il faut réussir quoi qu’il arrive. Je ne me donne pas, car je refuse cette perte de moi-même. Je n’accepte pas la mesure du don de foi et de grâce que Dieu m’accorde. C’est pourtant par cela que j’aurai de la force pour mon service. « N'aspirez pas à ce qui est élevé, mais soyez attirés par ce qui est humble ». (Romains 12 : 16) Mais sait-on encore réfléchir autrement que par ce désir d’élévation ?

Dans ce climat de réussite à tout prix, le faible de condition humble souffre de la part de ceux qui réussissent. Comment se fait-il que celui qui n’a pas construit de maison à 30 ans soit considéré comme un looser ? Il ne faudrait pas que nous devenions une église de castes.

La croissance de l’Eglise est compromise par ces souffrances faites les uns aux autres. Je ne peux en aucun cas supporter que la manière d’exercer mon ministère fasse souffrir mon ami à côté de moi. Alors, je vais prendre soin de lui et servir à son ministère. Car la seule manière légitime d’utiliser mes biens, c’est de les orienter au soutien de ceux qui en ont besoin. C’est ce qui a fait la marque des protestants. Ils tiennent encore aujourd’hui à rester très austères, rien d’ostentatoire. Les motivations peuvent être diverses, mais au moins, le pauvre n’est pas offensé. L’amour consiste à veiller à ce que chacun se sente accueilli et reçu, car nous sommes membres les uns des autres et faisons partie d’un même corps. Veillons à ne pas perdre cette orientation.

Les richesses ne sont pas un péché, mais il faut reconnaître qu’elles sont souvent suspectes dans la Bible : « Votre or et votre argent sont rouillés ; et leur rouille s'élèvera en témoignage contre vous et dévorera votre chair comme un feu. Vous avez amassé des trésors dans ces jours qui sont les derniers ! » Jacques 5 : v.3 « Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années ; repose-toi, mange, bois et réjouis-toi. Mais Dieu lui dit : Insensé ! Cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, à qui cela sera-t-il ? Il en est ainsi de celui qui accumule des trésors pour lui-même, et qui n'est pas riche pour Dieu. » Luc 12 v 19

Avoir des biens en soi n’est pas coupable dans la mesure où ils sont consacrés au Seigneur, c’est à dire au service des frères et des plus faibles. Si ma richesse s’acquiert au détriment de mon frère qui est humilié et appauvri, c’est une richesse coupable car elle engendre une dislocation du corps de Christ, des hiérarchies et un retour à la lutte des classes. Ce n’est pas un égalitarisme qu’il faut rechercher, mais l’usage de ses biens dans l’esprit du don et la préoccupation constante du plus faible. L’injustice sociale était pire que les péchés sexuels dans la loi de Dieu. Dans le Nouveau Testament, Paul explique que ces scandales au sein même de la communion ont provoqué la mort de beaucoup : « quand on se met à table, chacun commence par prendre son propre repas, et l'un a faim, tandis que l'autre est ivre. N'avez-vous pas des maisons pour y manger et boire ? Ou méprisez-vous l'Eglise de Dieu, et faites-vous honte à ceux qui n'ont rien ? » 1 Corinthiens 11 :21

Vouloir s’enrichir ne concerne pas que le côté pécuniaire. La réussite de nos enfants et leur carrière peut être aussi vécue dans le même esprit. Nous cultivons ce que Dieu déclare avoir en abomination : vouloir être élevés. Nul ne peut servir Dieu et Mammon ; or, si nous n’avons pas ce moteur nous risquons d’être un faible.

Un chrétien est appelé à être une brebis et non un requin. On ne peut être requin dans les affaires et un homme doux dans l’Eglise, avoir part aux festins du monde et partager les agapes avec les frères, car c’est en tout temps que nous devons servir le Seigneur.

Le flux de vie qui doit s’exprimer au travers de chacun nécessite une unité par des liens profonds, un même amour, une même foi, une perfection vers laquelle il faut tendre. En étant ainsi fondus dans le corps, nous perdons notre indépendance, mais c’est la condition pour que le corps en soit vraiment un. Tout membre du corps vit parce qu’il est solidement attaché au reste du corps. Ces liens sont des liens d’amour et de tendresse. Voilà ce qui caractérise les enfants de Dieu.

L’œuvre de Dieu n’est pas du management. Chacun trouvera sa place s’il se met au service de son frère et en cherchant à ce que celui-ci porte du fruit. C’est là que l’Eglise trouve son vrai dynamisme, sa force et son témoignage. Laissons-nous toucher à nouveau par cet appel d’amour.

« Que chaque membre ait soin des uns et des autres. » Prendre soin exclut de vouloir écarter l’autre, le contrôler, le juger… Il est question ici de sentiments fraternels profonds comme ceux d’une mère qui prend soin de ses enfants. Elle ne se sent pas encombrée par eux, car elle aime les siens. Si je me sens encombré, c’est que je n’aime pas. Celui qui veut affermir sa place est constamment encombré par les autres, prendre soin est du temps perdu sur le chemin de son épanouissement personnel… Veillons à ne pas disloquer le corps, mais resserrons les liens de notre fraternité, afin d’être solidement attachés les uns aux autres. Alors l’Eglise pourra connaître la croissance promise par Dieu, sa vie débordera jusqu’à atteindre tous ceux que le Seigneur veut sauver et ajouter à son corps.

« C'est de lui, et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s'édifie lui-même dans la charité. » Ephésiens 4 v.16

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