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« Jeune homme, réjouis-toi »

Publié le mardi 20 février 2007

Retranscription d'une méditation donnée à la fin du camp de Noël 2006 sur la conclusion du livre biblique l'Ecclésiaste.

« Jeune homme, réjouis-toi dans ta jeunesse, livre ton coeur à la joie pendant les jours de ta jeunesse, marche dans les voies de ton coeur et selon les regards de tes yeux ; mais sache que pour tout cela Dieu t’appellera en jugement. Bannis de ton coeur le chagrin, et éloigne le mal de ton corps ; car la jeunesse et l’aurore sont vanité. Mais souviens-toi de ton créateur pendant les jours de ta jeunesse, avant que les jours mauvais arrivent et que les années s’approchent où tu diras : je n’y prends point de plaisir »[1]

Ce texte contient un enseignement pour le jeune homme autant que pour celui qui voit doucement poindre la vieillesse…
La sagesse de l’Ecclésiaste ne le conduit pas à la négation du bonheur ni à celle du plaisir. D’ailleurs, il ne commence pas en disant : « Ne fais pas » ! Mais il dit plutôt : « Fais » ! Il répond à celui cherche sa voie : « Vas donc où ton coeur te porte ». Il est vrai qu’on ne fait jamais aussi bien que ce dont le coeur a envie.
Tant qu’il y a la possibilité de sentir et la capacité de faire, pourquoi ne pas en profiter ? Le coeur vierge et plein de désirs, le jeune a envie de tout essayer et, d’une certaine manière, il le peut. Le corps est constitué et organisé pour la jouissance. Il est juste d’aller dans le sens de ce que Dieu a créé.
Une certaine mentalité religieuse consiste à poser des interdits d’emblée : le plaisir étant considéré comme péché et la jouissance comme coupable. Certains enseignent qu’à partir du moment où le coeur désire quelque chose, il faut nécessairement choisir l’inverse.
Faire ce qu’on aime, aller où le coeur nous pousse, désirer la fille qui nous plaît… est forcément suspect ! Le renoncement et la frustration seraient-ils donc le fondement du bien ?

La vie sur la terre réserve bien des chagrins et des souffrances. Nul ne pourra les éviter. Ce serait donc une chose stupide que de se refuser toutes les joies et les belles choses que Dieu met à notre disposition ; sous prétexte que les chagrins viendront les ternir. Il est coupable pour ceux qui ont vieilli d’interdire les joies à ceux qui peuvent encore en jouir.
Ce texte ne nous oriente pas dans cette voie. Dieu ne nous a pas créés avec des sens simplement pour que nos désirs soient contrariés et frustrés. Il nous dit : « Vas » !
Un dicton dit : « Il faut que jeunesse se passe ». Viendra un temps où l’envie ne pourra plus être assouvie, un temps où l’envie diminuera ou bien disparaîtra… Alors « tant que tu peux, fais-le ! »
C’est vrai qu’il y a une jubilation des sens lorsqu’on suit les instincts du coeur et nous pourrions en rester là.

L’Ecclésiaste nous invite pourtant à considérer la fin de toute chose. Il nous apprend que nous aurons des comptes à rendre au sujet de l’emploi que nous aurons fait des choses magnifiques que Dieu nous aura données. Cette exhortation n’est pas un interdit, ni un goulot étroit de renoncement, ni un refus crispé mais un encouragement de la part de Dieu à se réjouir de ce qu’il a donné comme joie pour l’homme : « Jouis de la vie avec la femme que tu aimes », nous dit-il encore[2]. La jouissance n’est donc pas un péché, mais « saches que tu devras rendre compte de ce que tu auras fait dans ton corps et dans ta vie, dès ta jeunesse. »
Le coeur naturel pousse vers des tas de choses merveilleuses mais lorsque l’homme est pris par ses désirs et s’y livre sans réflexion, les passions l’emportent et il gaspille sa vie.
De ce gaspillage, il devra en rendre compte. Ainsi tout est ouvert devant lui, « tout est permis, mais tout n’est pas utile » tout ne construit pas, « n’édifie pas. »[3]

Qu’ai-je fait des biens que Dieu m’a donnés dès ma jeunesse ? Je ne peux vivre ostensiblement les joies et me livrer aux plaisirs proposés dans l’esprit du pillage et dans le mépris des grâces de Dieu. Il se cache derrière les appétits attisés par le monde et les joies qu’il suggère beaucoup de destruction. Aussi, ce que nous croyons être joie peut se trouver être malheur. Notre génération plus qu’aucune autre vit dans cette illusion. Je peux aller dans le sens du plaisir mais la destruction est un péché car c’est casser ce qui est bien.
La Parole nous révèle le chemin : « C’est devant l’Eternel que tu feras servir à ta joie tous les biens que tu posséderas »[4]. Si je jouis de mes biens devant l’Eternel, le mot l’indique : je le vis dans l’esprit de l’éternité. Il y a un but et il est éternel ! C’est l’inverse des joies éphémères qui laissent le coeur vide et désemparé. Les passions et séductions sont la face lumineuse de la destruction. Nous devons nous interdire ce qui détruit. Je suis responsable si je détruits, par toutes sortes de passions, les bonnes choses que Dieu m’a données.

Le bonheur du coeur c’est l’amour avec le plaisir des sens. L’amour et l’espérance sont les plus belles choses que Dieu nous a données. C’est dans ce sens que nos vies doivent s’orienter. Eloignons-nous des processus morbides qui nous séduisent mais qui nous font tout perdre. Je devrai rendre des comptes devant Dieu de ce que j’aurai détruit dès ma jeunesse. Je serai responsable de ce que j’aurai cassé et ravi à l’amour, à la vie. Je n’ai pas le droit de détruire car la destruction est du diable. Je ne peux rien offrir à la mort car c’est le monde du Malin. La vie est devant moi, c’est la vie éternelle : « Choisis la vie afin que tu vives »[5].
Dieu n’est donc pas contre le plaisir. Mais les bonheurs terrestres ont pour but et pour sens l’éternité. Aime aujourd’hui de tout ton coeur, laisse-toi conduire là où ton coeur te porte. Ce que tu fais de ta vie n’a pas de sens s’il n'y a pas l’amour.
L’homme n’est qu’une idée et la religion tout autant s’il n’y a pas l’amour. Tout principe vit dans l’amour. C’est ce bonheur que Dieu t’appelle à choisir, car il est vie éternelle. Dieu le révèle dans sa Parole et il l’a manifesté par la résurrection de Jésus d’entre les morts.

Non, la vie chrétienne n’est pas faite d’interdits, mais en jouissant des biens terrestres, ne donne pas à la mort et la destruction.
« Ecoutons la fin du discours : Crains Dieu et observe ses commandements. C’est là ce que doit faire tout homme. Car Dieu amènera toute oeuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal.

Notre choix n’est pas un choix négatif. Il ne s’agit pas d’un renoncement pour un renoncement, mais d’un don de nos coeurs pour la vie. C’est la vie même du Seigneur Jésus. Jusqu’au sein du sacrifice, il aimait et il a aimé pour l’éternité. Nous sommes appelés à sa suite, non pas à renoncer aux bonheurs humains, mais à ce qu’ils soient livrés entre les mains du Seigneur pour l’amour et la vie éternelle.

J’ai une responsabilité dès la jeunesse, car de ce choix dépend beaucoup de choses dans l’existence. Pour ne pas avoir fait le bon choix, combien de vies n’ont-elles pas été détruites, combien de temps n’a-t-on pas gaspillé ? Mais, celui qui se livre pour la vie, en ouvrant son coeur à l’amour éternel de Dieu, celui-là fait le bon choix. Rien de sa vie ne sera gaspillé, quand bien même son corps, en vieillissant, ne pourrait plus en jouir ni en profiter.

Après avoir vécu dans cet esprit, nous pourrons vivre la vieillesse sans regret. Le véritable moteur qui est cette espérance vivante dans le coeur restera le même. L’amour éternel est ce qui soutient dans la jeunesse comme dans la vieillesse. L’amour implique un avenir et celui qui aime voudrait tant qu’il n’y ait pas de limite. C’est ce qu’éprouve un homme lorsqu’il aime une femme : il souhaite qu’il n’y ait jamais de fin ni d’interruption. Pour que nos désirs et nos sentiments de bonheur soient complets, ils doivent être éternels.

Celui qui ouvre son coeur à l’Esprit de L’Eternel vivra toutes les étapes de l’existence avec le même élan et la même force : celle de l’espérance. Il aura la possibilité d’utiliser le peu qu’il lui reste jusqu’au bout avec toujours autant de bonheur, car l’espérance est illimitée, infinie et éternelle. Viendra un jour où nous n’aurons plus besoin d’espérance. Demeureront alors la charité, l’extase dans la communion avec le Seigneur, la joie sans fin de le voir enfin tel qu’il est et de le connaître comme il nous a connus. Il n’y pas de terme au bonheur. Nous serons remplis de celui en qui nous avons espéré et que nous aurons reçu. Nous connaîtrons la plénitude à laquelle aspire tout être. Nous serons pleinement consolés et jouirons d’un parfait bonheur.

Consacre donc ta vie dès ta jeunesse au Seigneur l’Eternel et tu vivras éternellement avec lui.

[1] Ecclésiaste 11 : 9

[2] Ecclésiaste 9 : 9

[3] Corinthiens 10 : 23

[4] Deutéronome 12 : 18

[5] Deutéronome 30 : 19

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