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La vraie consolation

Publié le mardi 15 mars 2016

« L'Éternel des armées fera pour tous les peuples, sur cette montagne, un festin de mets succulents, un festin de vins vieux, de mets succulents, (pleins) de moelle, de vins vieux, clarifiés. Et sur cette montagne, il anéantit le voile qui voile tous les peuples, la couverture qui couvre toutes les nations ; Il anéantit la mort pour toujours ; le Seigneur, l'Éternel, essuie les larmes de tous les visages, il fait disparaître de toute la terre le déshonneur de son peuple ; car l'Éternel a parlé. » (Ésaïe 25)

Cette promesse magnifique s’accomplira parfaitement pour le peuple de Dieu et tous ceux qui espèrent en lui. Elle sera donnée dans la Jérusalem céleste que nous aimons et attendons. Même si les mots évoquent des richesses terrestres que nous connaissons, Dieu créera des choses nouvelles qui ne seront pas de cette création. Cette description empreinte de félicité est un message d’espérance et de foi appelé à nous consoler au sein même des tourments de notre existence.

Chacun sait que le refuge de nos bonheurs terrestres n’est pas suffisant pour rassurer notre âme. Qui a vécu une vie sans deuil, sans souffrance et sans larmes ? Comment peut-on se consoler en disant simplement que « tout finira bien » ? Veillons à ne pas être orgueilleux de nos bonheurs, car nous pourrions dire comme le psalmiste : « Je disais dans ma tranquillité : Je ne chancellerai jamais ! (…) Tu cachas ta face, et je fus troublé. » La beauté de nos enfants, leurs succès, leurs amours nous réjouissent, mais qui nous dit que tout finira bien, qu’ils ne seront pas un jour privés de nous, qu’ils suivront le Seigneur ? Dieu dispense à l’homme des joies, mais elles ne doivent pas nous tromper. Un jour, le désespoir se lèvera au cœur pour différentes raisons. Il faudra que la révélation de la véritable consolation soit notre seul refuge.

Mais comment pouvons-nous saisir et ressentir une consolation qui n’est qu’une promesse future et intangible ? Comment pouvons-nous dire aujourd’hui au sein de nos détresses : « je suis consolé ! » ? Beaucoup de croyants ignorent les promesses de la vie éternelle, car on nous dit aujourd’hui que les croyants doivent aussi penser à la terre. Penser au ciel semble suranné, on n’en parle guère plus qu’aux obsèques, lorsqu’il n’y a plus rien à espérer. L’espérance a disparu des sermons et des méditations bibliques.

Nous aimons, pour notre part, chanter de magnifiques cantiques sur le ciel, voire entendre des prédications qui nous en révèlent quelques aspects. Pourtant, dès l’instant où nous sommes immergés dans la vraie vie, le travail, ou l'arrêt d'activité, pris par nos biens, soucieux de notre santé, l'irritation tend à gagner nos cœurs et ces paroles sur le ciel sont ressenties comme des paroles pieuses, des promesses de grand-mère : « on ne nous la fait plus, à nous ! » murmurons-nous secrètement. Tant que nous sommes jeunes, nous considérons toujours que le meilleur est à venir ; mais lorsque notre œuvre est finie, quand il n'y a plus d'espoir dans la vie, l'espérance disparaît étrangement. Notre part serait-elle dans la vie ? Nos angoisses liées à notre mort trahissent notre attachement à la vie : « Que restera-t-il de nous dans la tombe ?» se disent certains croyants. L'espérance véritable n'a plus de réalité, quand on est atteint, elle nous semble bien insuffisante.

Qu’il est difficile de trouver des consolateurs ! On nous présente tant de chimères, et les faux prophètes n’ont jamais été aussi écoutés. Ils agissent exactement comme ce que décrit si bien Ézéchiel : « Les téraphim ont des paroles de mauvais aloi, les devins ont de fausses visions, les rêves expriment des paroles vides et consolent en vain. » (Ézéchiel 10 : 2)

« Bonne santé, surtout la santé ! » se dit-on en début d’année de manière quasi superstitieuse, tout en sachant très bien que rien ne nous garantit une année sans ennuis. Plaisirs, drogues, alcool, jouissance dans l’ivresse sont autant d’ersatz que le monde utilise pour oublier la souffrance. Pour d’autres, c’est le désir de revanche qui les motive : triompher enfin du malheur. La méchanceté et la violence deviennent alors refuges pour calmer leur douleur mais c’est la proposition du péché ! Autant de manifestations d’orgueil.

Pourtant, chacun sait bien qu’en recevant la vie, il a reçu aussi la mort qui, tôt ou tard, en fixera le terme. C’est bien la mort qui vaincra. Or, nous recevons dans ces textes une promesse de vie ! La mort est vaincue, il n’y aura plus de ténèbres.

Cette consolation est donnée à ceux qui aiment les consolations du Seigneur, qui s’attachent à l’espérance céleste. Il faut apprendre à aimer ces choses pour les recevoir. Cela signifie alors exclure toutes les fausses consolations.

Prenons comme exemple ces raisonnements qui animaient les amis de Job : « Tu es malheureux, mais tu l’as certainement cherché », ce qui signifie aussi : « Tu es heureux, tu le dois à toi-même. » Dans le même sens, on dit facilement : « je suis riche, car j’ai travaillé. » Ceux qui ne sont pas riches ne peuvent donc être que des fainéants. « Je ne dois mes bonheurs qu’à moi-même, c’est par mon travail et ma sueur que j’ai pu en arriver là ! ». Même dans l’œuvre de Dieu, nous pouvons être dans cet état d’esprit : il faut que ce qui existe se fasse par nous et nous trouvons une consolation dans ce que nous faisons ou avons fait. Mais quand vient un moment de solitude, la fatigue, la maladie et le manque d’envie au fond d’un fauteuil, ces petites satisfactions ne suffiront pas non plus.

En résumé, le croyant cherche souvent pour se consoler les mêmes refuges que les païens. Moments d’extases orchestrés par la musique, créativité artistique, étalage de force, consommation effrénée … Dans un moment de déprime, on part en ville s’acheter une belle robe et déjà une petite sensation de bien-être nous envahit… petite consolation mondaine, même si rien n’est interdit en soi. Bien-sûr, il ne s’agit pas de rejeter ce qui nous est accordé, mais quel rapport avec la consolation que donnent les Écritures ? « Tout ce qui a été écrit d'avance l'a été pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation que donnent les Écritures, nous possédions l'espérance. » (Romains 15 : 4)

D’autres s’interdisent la joie et se privent volontairement de tout bonheur, c’est une atteinte de la mort ! Une femme par exemple ne supportait pas que son mari lui fasse plaisir. Une hostilité à toute consolation et toute gentillesse est en réalité une violence et surtout un grand orgueil. Quand elle a réalisé enfin cela, tout le monde disait qu’elle avait rajeuni…Paul a été consolé par l’arrivée de Tite. Il acceptait les consolations qui lui étaient accordées, mais ce n'est pas encore l'espérance chrétienne.

Nous écoutons facilement ceux qui nous proposent des solutions humaines et n’avons de bonheur que dans les plaisirs que le monde peut nous apporter, mais c'est exactement par ces choses que se manifeste l'idolâtrie. L’idolâtre tire orgueil et assurance de sa création, tandis que celui qui sert Dieu malgré sa faiblesse reçoit cette parole : « mon serviteur que j’ai choisi (…) je te soutiens de ma droite triomphante » (Ésaïe 41 : 10). Connaissons-nous ce soutien triomphant ?

Les consolations du Seigneur ne sont pas uniquement pour l’au-delà, il veut nous consoler de nos peines aujourd’hui : « car il n'a ni mépris ni dédain pour les peines du malheureux » (Psaume 22 : 25). Notre part est d’accepter les circonstances de la vie afin de saisir ces consolations promises.

Seront consolés ceux qui acceptent l’humiliation de leur peine et non ceux qui sont orgueilleux de leur situation ou révoltés de leurs malheurs. Selon une justice légaliste, on s’imagine facilement que le malheur ne peut nous atteindre. S’il vient à surgir, on s’exclame alors : « comment cela se fait-il que cela puisse m’arriver à moi ? » Cela m’arrive car j’ai peut-être besoin d’être humilié. Poser la question ainsi trahit dans tous les cas un fort sentiment de propre justice. « Tu as été un refuge pour le faible, un refuge pour le pauvre dans la détresse » dit le chapitre 25 d’Ésaïe. Dieu console les humbles (« Dieu qui console les humbles, nous a consolés par l'arrivée de Tite » disait Paul).

Dans nos détresses, nous pouvons crier de deux manières : avec un cri qui vient d’un cœur brisé et monte vers Dieu comme une offrande ou par des gesticulations de rage, jugeant insupportable d’avoir été humiliés. « Que ma prière monte devant ta face comme l'encens, et l'élévation de mes mains comme l'offrande du soir ! » (Psaume 141 : 2) Nos supplications sont autant d’offrandes qui montent vers son trône et répandent un parfum qui lui est agréable. Si aucune épreuve ne nous atteignait, il est vraisemblable que nous ne lui offririons guère ces oblations.

« Comme un homme que sa mère console, ainsi moi je vous consolerai ; vous serez consolés à Jérusalem. (Ésaïe 66 : 13) Il nous faut bien reconnaître qu’une telle image est quelque peu mièvre et humiliante pour un homme digne de ce nom… Pourtant, il semblerait que les soldats qui mouraient dans les tranchées de Verdun appelaient leur mère dans leur agonie ! Ce dernier soupir doit certainement correspondre à un besoin profond chez tout homme, un espoir secret. La mère reste la mère, c’est d’elle qu’on attend toujours la consolation. Ayons donc l’humilité de le reconnaître. Nous avons un Père vers qui nous sommes ramenés par l’esprit d’adoption que nous recevons, mais nous avons aussi besoin d’une mère ! Notre mère est la Jérusalem céleste, c’est elle dont le sein console. Nous ne pouvons plus dire : « je suis un orphelin, un arraché de la mère, privé de l’affection paternelle ou maternelle ». Bien sûr, nous avons ce besoin de parents, mais Dieu le sait, et c’est spirituellement qu’il nous comble, car il est bien rare de garder ses parents avec soi toute sa vie. Mais nous sommes parfaitement adoptés et nous avons une mère qui nous console de toutes nos douleurs. L’homme ne peut compter sur sa femme pour cela, ce serait ignorer l’action de l’Esprit qui seul nous apporte tout ce qui est en Jésus. Le Saint-Esprit accomplit concrètement ce qui est dans le ciel dans la vie de ceux qui espèrent.

C’est quand tout disparaît que ce qui demeure va paraître. Même s’il ne reste plus rien de notre corps pour une raison ou une autre, nos corps ressusciteront et c’est bien nos yeux qui verront Dieu et non ceux d’un autre. Cette espérance doit être renouvelée pour subsister quand tout aura disparu. C'est l'invisible, l’incompréhensible, « l'incroyable » qui est appelé à nous sauver. C’est le mystère de la résurrection. Nous n’avons d’autres paroles de consolation que celle-ci : « Vous serez consolés à Jérusalem ». Croyons-nous encore à la Jérusalem céleste et au retour de Jésus-Christ ? Ces réalités ont si peu d’impact sur nos vies ! Pourtant nous sommes les plus malheureux des hommes, si notre foi est détachée de cette espérance. Il nous faut croire l’invisible.

Les interventions de Dieu ne sont que des réponses à notre foi dans l’invisible, qui n’a aucun intérêt pour notre vie ici-bas en apparence. Nul ne peut accaparer les promesses. C’est par la foi et la persévérance que nous en héritons, en renonçant à nos convoitises religieuses et nos joies émotionnelles. Le Seigneur sait que nous avons besoin de consolation et des manifestations concrètes de son amour, il sait que sans cela nous n’arriverons pas à tenir. Ces choses sont déjà données à ceux qui aiment son avènement, à tous ceux qui l’attendent pour leur salut. A ceux qui attendent la consolation, non pas là où ils la veulent, mais là où elle se trouve !

Ce ne sont pas les choses d’en-bas qui nous consolent au sein de notre opprobre. La recherche des choses d’en-bas enfante pour l’esclavage. (Galates 4 : 24). Mais la véritable consolation vient d’en-haut, du Père des lumières, du Dieu de toute consolation.

Un authentique croyant va nécessairement subir l’opprobre. Pour cette raison, beaucoup s’abstiennent de confesser le nom du Seigneur à leur travail, préférant s’accommoder d’une situation en se cachant. Ils n’ont plus à cœur le salut des âmes et, en secouant cet opprobre, ils en deviennent mondains. On ne veut pas de cette honte ni de ce déshonneur. C’est pourquoi les vraies consolations ne suffisent pas, elles ne leur sont d’aucun intérêt. Mais à ceux qui acceptent humblement l’opprobre de la foi, le Seigneur leur promet : « Je recueillerai ceux qui sont dans la tristesse, loin des fêtes solennelles, ceux qui sont demeurés loin de toi, sur qui le déshonneur pesait comme un fardeau. » (Sophonie 3 : 18). « Sois sans crainte, tu ne seras pas déshonoré », nous promet le Seigneur. Un jour viendra où nous serons justifiés. Cette justice dépend de Dieu, car tout est à lui et nous sommes à Christ. Tout appartient à Dieu, mais il agit comme il veut et quand il veut.

Nous n’avons pas à nous désoler de notre faiblesse car notre espérance est en Dieu. Si nous mourons avec lui, notre corps mortel revivra alors même qu’il n’en restera plus rien de visible. Ces consolations sont incroyables, elles nous tournent vers l’invisible et nous avons à les saisir comme seul refuge. La foi véritable, c’est croire quand il n’y a plus rien à espérer, lorsqu’on ne sait plus à quoi et à qui nous accrocher.

Une réalité nous aide : dans cette même faiblesse, la vraie Église existe encore et toujours car elle est l’expression et l’avant-goût de ce royaume céleste sur la terre. C’est elle qui représente la Jérusalem céleste, elle est l’épouse que le Seigneur viendra enlever pour célébrer dans son ciel, le festin des noces de l’Agneau. Dans la symbolique biblique, l’Épouse est à la fois l’Église et la Jérusalem céleste.

Tout en connaissant le lieu ultime où nous serons consolés – où sont consolés déjà tous ceux qui nous précèdent en attendant la résurrection - nous nous attachons aussi à son pendant sur la terre : l’Église des rachetés, citoyens de cette cité. Alors la consolation du Seigneur sera répandue dans nos cœurs, ainsi que sa puissance de vie. Nous serons des témoins capables de consoler ceux qui passent par l’affliction, portant une odeur de vie pour ceux qui sont sauvés. Le jour vient où l’opprobre sera déchiré et nous serons consolés pour l’éternité dans notre Jérusalem céleste.

Consolons-nous, les uns les autres, par ces paroles.

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