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Réflexion au sujet de la souffrance

Publié le samedi 23 juin 2018

Nous vivons dans un temps où le but recherché est d’éviter toute souffrance en la considérant comme intolérable. Aussi utopique soit-elle, la politique du « risque Zéro » s’est ancrée dans les consciences. En tant que croyants, nous devons accepter qu’un malheur puisse arriver ; une persécution peut survenir sans qu’elle soit considérée comme quelque chose d’anormal. D’aucuns parleraient d’un scandale. Oui, ça peut l’être dans le sens d’un obstacle propre à nous faire tomber. Mais la Parole nous avertit notamment par les propos de l’apôtre Pierre : Bien-aimés, ne soyez pas surpris de la fournaise qui sévit parmi vous pour vous éprouver, comme s'il vous arrivait quelque chose d'étrange. 

Toute souffrance est une épreuve de la foi. Puisque Dieu est tout puissant et qu’il est guérison, certains croyants considèrent toute maladie comme venant nécessairement d’un manque de foi. C’est ainsi que beaucoup d’entre eux ressentent au sein de l’épreuve, en plus de la souffrance, une culpabilité insupportable. Souffrir est anormal, c’est sûrement même une malédiction…

En ce qui concerne notre mission, c’était avec stupeur et sidération que nous avons lu il y a quelques années le mot secte associé à notre œuvre. Pendant longtemps, nous avons « rasé » les murs dans les rues d’Anduze. Nous n’osions plus sortir. Qu’il est difficile d’accepter une chose si injuste !

Il est vrai que l’épreuve peut être utilisée par Dieu pour la sanctification et la purification du cœur. Le but est avant tout de plaire à Dieu et pas nécessairement d’expérimenter la délivrance de la souffrance. L’aboutissement est pourtant bien souvent délivrance et guérison, et nous avons été témoins encore récemment de l’intervention miraculeuse du Seigneur envers certains de nos frères et sœurs. Nous pourrions dire aussi que notre mission vit de miracles à bien des égards. Mais nous ne sommes pas épargnés par les souffrances malgré tout.

Celles qui nous ont le plus touchés sont certainement les atteintes graves dans la santé de certains de nos enfants. Ne pas avoir été délivré interroge notre foi. Mais combien de personnes avant nous ont subi les persécutions sans forcément voir l’intervention de Dieu ? Tous les premiers disciples, auteurs du Nouveau Testament, sont morts martyrs. Ce n’était pas par leur faute, mais ils ont été fauchés douloureusement dans l’exercice de leur ministère. Nous ne réalisons pas réellement ces choses, tant nous sommes habitués à lire leurs écrits et exhortations. C’était pourtant le quotidien de l’Église primitive. Les chrétiens jetés dans l’arène ne pouvaient même pas faire entendre leur voix, tant les vociférations de la foule étaient fortes.

Une telle perspective nous paraît bien lointaine et improbable. Un peu comme lorsqu’on se demande comment la pluie pourrait venir quand le soleil brille depuis de longs jours. Nous prenons l’habitude de vivre notre vie sans parvenir à appréhender qu’il puisse en être autrement.

Alors oui, nous sommes bien un peu calomniés, jalousés parfois. On nous fait facilement des ennuis en prenant comme prétexte des questions de doctrine sans prendre soin d’écouter ce que l’on dit vraiment. Mais à vrai dire, ces difficultés n’affectent pas vraiment nos vies au point de hurler. Il existe des choses bien plus insupportables qui poussent à supplier le Seigneur pour la délivrance.

Parfois, ceux qui s’engagent le plus dans l’œuvre sont le plus frappés par l’échec ou la souffrance. Comment envisager cette contradiction ? Il nous faut considérer que Dieu voit l’Église dans son ensemble : à la fois tous ceux qui souffrent à cause de son nom et nous qui ne souffrons guère ou bien peu. Des croyants vivent aujourd’hui des horreurs et les souffrances de l’Église persécutée nous font trembler. Elles nous encombrent aussi. On peut toujours choisir de l’ignorer, craignant que la souffrance ne s’enfonce trop loin dans le cœur. Il ne faudrait pas que l’on en soit ébranlé et notre quotidien empoisonné. En étant trop instruits sur la persécution, pourrons-nous encore jouir de nos bénédictions sereinement ? Il est bien difficile d’être heureux tout seul. Comment vivre ce tiraillement ?

Une chose est certaine : la révélation de l’amour de Dieu peut remplir le cœur au delà des circonstances, de sorte qu’au milieu du chagrin, nôtre âme peut aussi se réjouir si l’Esprit de Dieu nous visite. On comprend alors que cet amour est l’essentiel et qu’il doit être communiqué à ceux qui souffrent. Notre cœur se porte vers les malheureux, les bannis, ceux se sentent comme des boulets et dont personne ne veut. De ces malheureux, nous en trouvons toujours sur notre chemin.

« La souffrance est la seule promesse que la vie tient toujours » disait un auteur-compositeur contemporain.

Que dit la Parole ? Comment réagir ? La moindre difficulté engendre facilement l’abattement, des remises en question, un sentiment de fatalité. La place de la souffrance et l’expérience de la faiblesse sur la terre doivent donc être bien comprises, sans quoi nous risquons d’être arrêtés par les obstacles et serons obstacles nous-mêmes, faute de supporter les contrariétés et le prix de la consécration.

Notre idée du bien et de ce qui est juste produit irritation et frustration, car on trouve toujours chez les autres une source de contrariété. Dans la pratique de l’hospitalité par exemple, notre idée de l’ordre ou de la propreté risque fort d’être malmenée. Notre programme sera perturbé, des personnes n’hésiteront pas à manifester leurs exigences. Si mon cœur est disposé à l’accueil, ce sont des choses que je parviendrai à accepter et j’accueillerai de la même manière tout obstacle ou souffrance imposée. 

La 1re épître de Pierre est réputée l’épître de la souffrance. D’ailleurs, d’après la tradition, Pierre est mort crucifié à l’envers. Comment comprendre que Dieu ait pu laisser ainsi souffrir ses serviteurs ? Dieu n’est pas insensible à la souffrance de ses enfants, ce n’est pas volontiers qu’il afflige et humilie. Mais il ne répond pas tout à fait comme nous aimerions par des réponses faciles du style : « ça va aller mieux, tout cela sera vite oublié », ou encore : « tes enfants seront les meilleurs et seront bénis »… Voici ce qu’il dit à l’un de ses prophètes : « Si tu cours avec des piétons et qu'ils te fatiguent, comment pourras-tu lutter avec des chevaux ? Et si tu n'es en sécurité que dans un pays paisible, que feras-tu lors de la crue du Jourdain ? » (Jérémie 12 : 5) Quelle étrange consolation !

Si nous la recevons comme une réponse du Seigneur, elle nous invite à accepter la circonstance que nous traversons. Nul d’entre nous n’aime l’épreuve et la maladie, c’est pourquoi il est précieux de pouvoir revenir aux écrits des apôtres qui abordent souvent ce sujet, y étant eux-mêmes confrontés constamment.

Si l’on s’attarde sur celle de Pierre, appelée l’épître de la souffrance, on s’aperçoit que ses exhortations à supporter les souffrances sont entrecoupées d’exhortations pressantes à l’amour fraternel. « Enfin, ayez tous la même pensée, les mêmes sentiments. Soyez (remplis) d'amour fraternel, de compassion, d'humilité. » (1 Pierre 3 : 8)

Les épreuves en effet produisent souvent l’inverse. Mal vécues, elles engendrent des divisions, elles isolent celui qui souffre et la communion est mise à mal. La compassion signifie se laisser atteindre par la souffrance de l’autre, ce qui la distingue de la commisération qui consiste à faire semblant.

La souffrance d’un frère invite à la supplication dans la prière, à une unité dans l’épreuve. Quand un membre souffre, tout le corps souffre, la persécution de l’un devient celle de l’autre. Pouvoir être mobilisé intérieurement au point que cela conduise à l’action, à un soutien efficace, voilà la réalité du corps de Christ.

N’étant que des hommes, nous oublions vite les fardeaux une fois évoqués, l’émotion du moment s’estompe rapidement. Mais si l’Esprit nous renouvelle, alors nous prenons part à ce combat en faisant cause commune. Si mon frère est abattu, alors je le porte sans le lâcher jusqu'à ce qu’il s’affermisse. C’est ce qui a fait la force de notre mission. Quand je suis informé d’une souffrance, je dois accepter de me laisser atteindre.

Pierre poursuit son exhortation :

« Ne rendez pas mal pour mal, ni insulte pour insulte ; au contraire, bénissez, car c'est à cela que vous avez été appelés, afin d'hériter la bénédiction. »

Pourquoi injurier ? Parce que nous souffrons. Lorsque notre image est abîmée par exemple. Le mal nous fait mal et nous le rendons. L’injure blesse mais l’homme de bénédiction obtiendra la bénédiction. Nous sommes appelés à bénir. La difficulté à supporter le moindre écho défavorable sur nous témoigne bien d’un refus de souffrir. Beaucoup de réactions et de péchés sont liés à ce refus fondamental.

Si nous aimons ceux qui nous aiment, les païens en font autant ! « Bénissez ceux qui vous maudissent » nous dit Jésus. Cette réponse est différente de celle des non-violents qui affichent une indifférence stoïque. La réaction juste face à la souffrance, c’est d’aimer et de bénir.

Être accusé à tort fait bien souffrir.  S’expliquer est parfois nécessaire mais entrer dans un conflit, c’est se mettre en tort. Un esclave devait accepter de servir un maître dur, mais si l’opportunité lui était donnée de se détacher, il pouvait le faire. Il ne pouvait être motivé par la contestation ou la violence, comme le serait quiconque veut se sortir à tout prix de sa condition, mais avec douceur. 

Sous prétexte de vérité (ou de marche dans la lumière), on pense pouvoir tout dire. Tout dépend dans quel esprit. Avant de dire des choses difficiles, il faut avoir dit beaucoup de bien auparavant et ce n’est pas pour se défendre mais pour la vérité. Tant que nous cherchons à défendre notre cause, il sera difficile de trouver un accord, au contraire, la souffrance ne fera qu’augmenter. Dire qu’une situation nous fait souffrir n’est pas encore se justifier. Celui qui voit la peine de l’autre ainsi exprimée va tâcher d’y remédier. Mais la volonté de sortir de la souffrance à tout prix est une démarche charnelle qui n’est pas selon la Parole.

Dans l’auto-défense se trouve beaucoup de mauvaise foi. Une sorte d’intelligence se déploie à cet instant pour trouver toutes sortes d’arguments plus ou moins justes dans le but de ne surtout pas perdre la face. On s’éloigne alors de l’honnêteté. Si je me laisser aller à cette réaction, on ne me croira plus et je n’arriverai plus à croire les autres. Les relations sont faussées, la vie d’Église peut être gangrénée.

Les conflits sont inévitables, mais la Parole nous indique un chemin pour les vivre. Si je suis en colère, ce n’est pas le moment de parler. Suis-je si certain du bien fondé de ma position ? Paul disait qu’il trouvait en lui-même le oui et le non… Si la personne en face est en colère, elle n’est pas prête à recevoir mes paroles, ce n’est donc pas le moment d’agir. Mieux vaut prier et attendre l’occasion favorable en demandant au Seigneur de me donner les bons mots. Voilà ce qui permet de trouver la paix.

Si je refuse de souffrir le conflit, j’agirai par rapport à cette souffrance. Je vais vouloir le régler au plus vite mais j’aurai fait des dégâts, rompu la communion fraternelle et loin d’être réglé, le problème se reproduira. D’une manière générale, un croyant cherche à calquer son attitude sur celle des serviteurs de Dieu dans les Écritures, celle de Jésus lui-même qui attendait que son Père agisse pour agir lui-même. Tant que le Seigneur ne parle pas, mieux vaut ne pas agir. C’est la seule manière de régler les conflits.

Pour que le mal soit attaqué à la racine, je dois accepter d’emblée les souffrances qui me sont infligées, même par ceux qui m’aiment. Jésus a lavé les pieds de ses disciples tout en connaissant leur trahison. Il n’a pas cherché à les convaincre ni à se défendre, il les a servis malgré tout.

« […] en ayant une bonne conscience, afin que là même où l'on vous calomnie, ceux qui diffament votre bonne conduite en Christ soient confondus »

Je dois pouvoir me comporter de telle manière que si le Seigneur touche l’autre, je puisse être pour lui un instrument de salut. Agir ainsi envers tous les hommes prépare le terrain pour qu’au moment où je témoigne de Jésus-Christ, ils y voient la confirmation de ce qu’ils avaient déjà ressenti. Je ne peux donc défendre ma cause avec violence, méchanceté ou mensonge, sinon nul ne me croira lorsque je dirai la vérité.

« […] Ainsi donc, puisque Christ a souffert dans la chair, vous aussi armez-vous de la même pensée ; car celui qui a souffert dans la chair en a fini avec le péché. »

Il se dit de plus en plus aujourd’hui dans les milieux chrétiens que Christ a été dans la chair pour nous permettre d’assumer pleinement notre humanité. C’est une perversion de l’évangile ! Il est venu dans la chair pour y souffrir et la condamner et non l’exalter ! Jésus n’est pas une superstar et son message est tout autre.

« […] afin de vivre, non plus selon les désirs humains, mais selon la volonté de Dieu pendant le temps qui lui reste (à vivre) dans la chair. »

Avec l’âge et les années d’usure qui s’ajoutent, la force de la chair faiblit peu à peu, les appétits s’estompent. C’est – normalement – la différence entre les jeunes et les vieux. Le jeune peut encore beaucoup de choses, il peut les assumer, il n’est pas encore « usé ». L’avenir se présente à lui avec une multitude de possibilités. Mais il aura tendance à se confier davantage dans la chair.

Après avoir été placé devant des échecs, des contradictions et des dépouillements, il ne reste plus grand chose de cette assurance. C’est à ce moment qu’une méchanceté peut se manifester, lorsqu’on ne peut plus agir. Elle ne se révèle qu’à ce moment car elle a été canalisée toute la vie dans des « actions positives ». La méchanceté peut nous conduire à une activité brillante, des exploits impressionnants. C’est le travail accompli dans la chair, avec violence pour jouer des coudes, se faire un nom, accomplir notre œuvre tant qu’on en a les capacités. Mais la souffrance érode cela, c’est pourquoi elle est nécessaire. Pour celui qui accepte l’œuvre de la croix, alors une purification s’opère. Pour ceux qui la refusent, la fin est terrible, la méchanceté ressort de manière grossière et tout l’entourage en souffre.

Notre force vive doit être mise à mort. Jésus-Christ l’a fait pour nous, cela suffit. Il a souffert dans la chair, alors qu’il n’avait commis aucune faute. Mais cette mise à mort doit maintenant s’appliquer à vos vies.

« Toute correction, il est vrai, paraît être au premier abord un sujet de tristesse et non de joie ; mais plus tard elle procure un paisible fruit de justice à ceux qu'elle a formés. » (Hébreux 12 : 11)

Le fruit paisible de justice sera porté par celui qui accepte de souffrir, alors que la plupart du temps on veut se justifier pour ne pas souffrir !

Ne craignons pas la souffrance, mais confions notre âme au fidèle Créateur en faisant le bien comme nous y exhorte l’apôtre Pierre. Alors nous trouverons la force de l’endurer. Sans avoir l’essence des héros, nous comptons sur le Seigneur et sa Parole pour que le miracle se produise, croyant selon sa promesse que l’esprit de Gloire repose sur nous.

Quoi qu’il arrive et quelles que soient les circonstances de notre vie, rien ne doit nous détourner de l’amour, de la douceur et de la grâce.

Daniel et Jérémie

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