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Témoins dans le monde

Publié le lundi 24 juillet 2017

Servir Dieu au milieu du monde.

Servir Dieu ou rendre un culte (c’est le même mot en grec) touche notre vie entière. Notre piété s’exprime par nos prières, nos rassemblements communautaires, mais également par un témoignage, une vie de charité au sein du monde séculier.

Dieu a voulu que nous soyons participants de son œuvre, ouvriers avec lui (1 Corinthiens 3:9) et témoins de son royaume dans le monde. L’enjeu consiste donc à nous tenir au sein du monde sans lui appartenir mais pour y vivre en témoins. L’Eglise étant le signe du royaume des cieux sur la terre, le simple fait de vivre en chrétien marque une telle différence que l’évangélisation s’amorce d’elle-même. Ceux qui nous côtoient ne peuvent ignorer notre foi. Une lumière a pour fonction de briller et non d’être mise sous le boisseau.

L’amour fraternel, l’unité de l’Eglise ou l’accueil sont des moyens que Dieu utilise pour toucher le monde, mais le but est bien l’annonce de l’Evangile. A Jérusalem, la vie communautaire, le partage des repas et des biens étaient des signes reconnus de la communauté chrétienne. Les premiers chrétiens avaient pris à cœur d’obéir concrètement au commandement d’amour et ce témoignage se répandait partout, permettant alors la propagation de la Parole. « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples» disait Jésus.

Au sujet de l’évangélisation, le monde chrétien semble se diviser en deux pôles :

- Les « hyper calvinistes » qui laissent volontairement l’évangélisation de côté, estimant que c’est l’affaire de Dieu. Viendront à la foi uniquement les prédestinés et de cette œuvre, Dieu seul s’en occupe, nous n’avons rien à y faire. Bien que reposant sur une part de vérité, ce calvinisme-là est dur et sans amour.

- A l’inverse, des chrétiens s’évertuent par tous les moyens possibles et imaginables à faire progresser l’Evangile en faisant dépendre de leur action et de leur investissement, le salut des âmes. On pense également pouvoir changer le monde en militant pour l’observance de la loi divine, sous prétexte qu’elle est bonne pour tous les hommes.

Nous connaissons ces abus et pouvons les contredire, mais que dit réellement la Parole ? N’existe-t-il pas une voie biblique en dehors de ces deux exagérations ?

Oui, rien n'arrive sans la volonté de Dieu. Il peut tout, je ne peux rien. Certains croyants pensent faire preuve d’une foi exemplaire en déclamant cette affirmation sur un ton très solennel. Cette foi serait complète si elle était accompagnée de l’obéissance qui y est attachée, sans quoi ce n’est plus la foi mais l’éloge de la passivité.

Se dépenser sans compter pour le témoignage n’est pas davantage un signe de vérité : ne serions-nous pas en train de faire ce que Dieu a dit qu’il ferait, plutôt que d’obéir à ce qu’il nous demande de faire ? Dieu seul convertit les cœurs. Or, beaucoup de croyants se confient davantage dans leur stratégie de conquête que dans la dépendance et l’écoute de Dieu qui agit pour sa gloire. On préfère organiser un plan marketing « évangélique » ou un grand événement pour « bouger la France » que d’être un véritable témoin comme le Seigneur nous le demande : une lumière qui éclaire ceux qui sont dans la maison, un messager soumis à celui qui l’envoie. Le fils de Dieu ne faisait rien de lui-même. Cette position de dépendance et d’obéissance se concrétise lorsque nous faisons nôtre la prière du fils : « que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. »

Tant que nos actions ne sont pas empreintes de cette soumission, nous oscillerons sans cesse entre ne rien faire ou agir à côté.

Oui, c’est Dieu qui choisit les hommes et les femmes pour le salut et ce mystère de la prédestination nous échappe. Mais il nous appelle aussi à travailler avec lui. Il en va de même pour notre propre salut ! Il nous a élus avant la fondation du monde, mais il nous demande d’affermir notre élection (« C'est pourquoi frères, efforcez-vous d'autant plus d'affermir votre vocation et votre élection : en le faisant, vous ne broncherez jamais » 2 Pierre 1 : 10). S’il existe un domaine reposant exclusivement sur la souveraineté de Dieu et son pouvoir, n’est-ce-pas celui de l’élection ? Nous sommes pourtant appelés à mettre notre salut en action (Philippiens 2 : 12), ne serait-ce que par une attitude de vigilance. Paul courait de manière à ne pas être disqualifié (1 Corinthiens 9 :27).

Certains protestants réformés libéraux affirment que l’homme est sauvé, quand bien même il ne croirait pas. Sinon, la foi serait une œuvre… et l’œuvre de Dieu serait insuffisante. Leur logique prend le pas sur ce qui est écrit.

A l’inverse, la fièvre légaliste que l’on trouve chez les catholiques ou certaines branches calvinistes (en Hollande), interdit l’assurance du Salut. Affirmer être sauvé est une présomption. On espère et on met tout en œuvre pour être sauvé sans jamais en être sûr.

Entre l’activisme effréné et la foi « oreiller de paresse », l’Ecriture nous montre un chemin : celui de Jésus. Il a été témoin du royaume dans le monde et nous le sommes à sa suite. Négliger ce rôle de témoins déshonore le Seigneur qui nous a choisis, il l’a fait afin que nous suivions sa trace et que nous portions du fruit !

Certes, le fruit n’est pas nécessairement le salut d’une âme, mais l’Ecriture parle bien de ce grain qui en rapporte 100, un autre 30, etc. Nous ne pouvons l'ignorer non plus. Par contre, il ne se porte pas de manière solitaire et indépendante mais par l’ensemble du corps, par tous ceux qui se consacrent à l’œuvre et servent le Seigneur de tout leur cœur. Les ministères ne se réduisent pas au prédicateur ou à l’évangéliste. Chacun doit participer au fruit, selon son appel et sa vocation.

Quant au témoignage, Paul met en évidence l’aspect fondamental de la confession de la bouche.

« Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus …», « en confessant de la bouche on parvient au salut » Romains 10

Dire : « Je crois dans mon cœur » ne suffit pas. Notre foi doit s'exprimer par nos paroles, nos prières, nos cantiques, nos actes. Je dois pouvoir dire : « Je crois en Jésus-Christ, je suis chrétien ». Faire du bien n’est pas suffisant. Je ne peux être un croyant mutique qui n’exprime jamais rien. Parler et confesser ce que nous avons reçu est la première manière d’honorer le Seigneur qui nous a parlé. Les biens spirituels reçus prennent vie lorsqu’on en témoigne en vue de transmettre à d’autres ce que nous croyons.

Malgré nos réserves et notre timidité naturelles, nous devons prendre à cœur de confesser notre foi de la bouche. Ceux qui ont grandi dans un foyer chrétien se sentent parfois comme des « bêtes rares » au sein du monde, une sorte d’intrus bizarres... Il est peut-être plus facile d’être témoin dans le monde lorsqu’on en a été arraché, le rapport est différent dans le contact, peut-être moins intimidant. Quoi qu’il en soit, le nom du Seigneur doit être confessé en famille, dans l’Eglise et dans le monde. La bouche a été donnée pour exprimer la pensée, ce qui habite nos êtres. Jésus a dû répondre au diable en prononçant la Parole.

« Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n'ont pas cru ? Et comment croiront-ils en celui dont ils n'ont pas entendu parler ? Et comment entendront-ils parler de lui, sans prédicateurs ? Et comment y aura-t-il des prédicateurs, s'ils ne sont pas envoyés ? Selon qu'il est écrit : Qu'ils sont beaux, Les pieds de ceux qui annoncent de bonnes nouvelles. Mais tous n'ont pas obéi à la bonne nouvelle. » Romains 10 : 14 à 16

Comment les habitants du monde viendront-ils à la vie, si personne ne leur prêche ? Et comment y aura-t-il des messagers s’ils ne sont pas envoyés ? Supporterions-nous que le témoignage s’éteigne faute de messagers, de croyants prêts à confesser le nom du Seigneur ? Ce à quoi nous répondons : « mais que le Seigneur envoie donc ! » Or, voilà que Jésus nous demande de prier pour que le maître envoie des ouvriers dans La moisson. C’est bien là le nœud. Il est le maître, mais il nous demande de participer à son plan déjà par la prière, notre première part.

C’est en acceptant de prier ainsi que des collaborateurs sont arrivés dans des périodes où nous étions très inquiets au sujet de la relève. Il sera donné à celui qui demande. Peut-être le Seigneur agira sans ma prière, mais je me serai exclu de son œuvre. Comment espérer être utilisé dans l’œuvre de Dieu, si je refuse d’y entrer par ce qu’il me demande ? Prier pour être témoin et que Dieu suscite des témoins est bien ma première tâche. Il faut que les hommes entendent l’Evangile et qu’ils soient sauvés. Cette prise de conscience a été le point de départ de tant de vocations. L’apôtre Paul en était habité.

« Connaissant la crainte de Dieu, nous cherchons à convaincre les hommes » 2 corinthiens 5 v 11 

Le témoignage auprès des hommes est d’abord motivé par la crainte de Dieu. Elle tend à disparaître aujourd’hui, car on ne veut plus penser à la perdition éternelle, au jugement divin et aux comptes à rendre. L’œuvre de chacun sera éprouvée par le feu, nous dit l’Ecriture. Une telle perspective devrait suffire à détourner nos vies de la légèreté pour éprouver sa crainte, pour nous, et pour les païens qui nous entourent, car ils sont perdus ! On n’évangélise pas pour faire grandir son Eglise, gagner en renommée ou changer le monde, mais pour que les âmes soient sauvées, car elles sont perdues ! Quelle folie de vouloir changer le monde sans même évoquer ce drame de la perdition éternelle ! Voilà pourquoi la légèreté s’installe de plus en plus dans la vie des croyants. Passions, musique, spectacles, alcool, la crainte de Dieu disparaît dans les plaisirs, à tel point que ceux qui se comportent ainsi font encore la leçon aux autres ! Ils ont perdu l’esprit de repentance. Or, celui qui ne sait plus se repentir a perdu la crainte de Dieu. La grâce est rendue vaine à cause de la conduite : « ayez au milieu des païens une conduite irréprochable » disait Paul.

Nous avons été très surpris récemment encore d’entendre de jeunes adultes, pourtant au bénéfice de l’amour de l’Eglise et de la Mission depuis leur jeunesse, se défendre de leur mondanité en disant de manière désinvolte : « de toutes manières, à la Mission on est trop légaliste ! » Savons-nous ce que nous disons ? C’est la preuve qu’ils n’ont aucune idée de ce qu’est un milieu légaliste. S’ils ont raison, alors nous sommes déchus de la grâce ni plus ni moins, selon ce que Paul dit aux Galates, il leur faut quitter notre mission sans tarder. Mais il est plutôt à craindre que ce soit eux qui tournent la grâce en dissolution et s’en excluent par leur conformité au monde. A qui cherchons-nous à plaire ? La crainte qui vient du cœur et la conscience de l’éternité nous feraient parler autrement. Ces questions vont bien au-delà des apparences, de l’image que l’on veut donner soi-disant à cause du témoignage. Il s’agit de la vie intérieure et de la crainte de Dieu.

Aux yeux du monde, nous ne serons peut-être rien, des balayures comme le dit Paul. Car être mis à part pour Dieu nous exclue d’une vie mondaine. C’est bien l’inverse que de vouloir être présent dans toutes les sphères de la société soi-disant pour le témoignage. La mise à part touche les ambitions culturelles, intellectuelles, artistiques, ce qui, à première vue, complique largement le témoignage ! Comment être crédibles si nous sommes méprisés, calomniés ? Or, l’obstacle au témoignage est davantage notre orgueil qui ne peut tolérer une telle souffrance. On prétend tout faire pour le témoignage (en traitant les autres de légalistes…) ; mais en réalité, on s’arrange au mieux pour ne surtout pas souffrir à cause du témoignage en devenant conforme à ce que le monde attend de nous. Les occasions de témoignage sont-elles pour autant au rendez-vous ? C’est bien l’inverse. La vie de Paul était une vie entièrement consacrée au service, sans se protéger de rien, sinon du mal. Il accepte toutes les circonstances dans lesquelles son ministère pourrait le conduire. Philippiens 5v11

Mais Paul va plus loin : « l’amour de Christ nous étreint » disait-il. « Un seul est mort, tous donc sont morts ». Ceux que nous côtoyons sont morts spirituellement, ils doivent entendre un jour le message de la vie, une parole inspirée et portée par la vraie charité. On ne pourra parler sans que l’esprit ait inspiré à nos cœurs cet amour qui possède, au point que nous ne pouvons plus nous taire, car notre cœur nous pousse à témoigner. Lorsque l’on est possédé par un amour, on vit pour celui qu’on aime. Une chanson de Serge Reggiani disait :

« Ma liberté, longtemps je t'ai gardée, comme une perle rare

(…) Ma liberté, je t'ai quittée une nuit de décembre,

J’ai déserté les chemins écartés que nous suivions ensemble.

Lorsque, sans me méfier, les pieds et poings liés, je me suis laissé faire,

Et je t'ai trahie pour une prison d'amour et sa belle geôlière.

Au niveau humain, cet amour est bien sûr passager, mais le principe est vrai : aimer signifie bien une perte de liberté. Je perds ma liberté pour connaître une autre liberté, la vraie : celle d’aimer. Je ne peux la connaître sans accepter d’être étreint et dominé par l’amour. C’est un mystère divin, la loi de liberté se résume par un commandement : tu aimeras.

Alors, je comprends que cette liberté n’est pas un prétexte pour vivre selon la chair. Ce n’est pas du légalisme que de vivre pour chercher à aimer mon frère et pour cela, renoncer à ma liberté. J’appartiens à un corps et je m’y donne, « vous aussi, donnez votre vie pour les frères ». C’est un idéal biblique et non humain, c’est la motivation de l’Evangélisation. Loin de cet amour général qui consiste à aimer le monde entier, je suis porté vers mon prochain dans l’espoir qu’il devienne mon frère, celui je pourrai aimer pour toujours.

Touchés par la détresse des hommes, nous cherchons les occasions d’aimer. « Que puis-je faire pour mes voisins, mes collègues de travail, de manière à leur rendre témoignage ? » Que le Seigneur ouvre nos yeux et notre cœur pour que nous discernions ceux qu’il veut nous confier.

« Au milieu des païens, ayez une bonne conduite, afin que, là où ils vous calomnient comme faisant le mal, ils voient vos œuvres bonnes, et glorifient Dieu au jour de sa visite. » 1 Pierre 2 : 12

Le murmure et la contestation nuisent gravement à notre témoignage. Il est demandé au croyant une conduite irréprochable, non pas pour que personne ne le reprenne, mais dans le but de porter la Parole de vie ! Préparer le terrain pour l’annonce de la Parole, en vue de ce jour où Dieu visitera ceux qu’il appelle. Nombreuses sont les occasions de témoignage si nous vivons ainsi. En se tenant dans l’honnêteté, la loyauté, fuyant la moquerie, gardant sa bouche des paroles vaines, réservant son dimanche pour le culte et la communion fraternelle… les questions ne manqueront pas, la différence se verra et les suscitera d’elle-même.

La tâche est grande et il y a peu d’ouvriers, il faut donc d’autant plus travailler sans perdre la vision. Un chant pour enfant disait :

« Dans La vigne du Seigneur, va, va, va, ne reste pas sans rien faire, pauvre négligent, tu as enterré ton talent, dans la honte tu seras quand Jésus reviendra… »

Nul ne doit dire : c’est trop tôt ou c’est trop tard, quand Jésus lui parle. N’attends pas ! Tu ne sais pas ce qu’il en sera demain, ne prends pas le risque de rendre la grâce vaine en refusant de la mettre en action et de servir aujourd’hui le maître qui t’a appelé.

« Puisque nous travaillons ensemble, nous vous exhortons à ne pas recevoir la grâce de Dieu en vain. »

2 Corinthiens 6 : 1

Daniel et Jérémie

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