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Trembler à Sa Parole

Publié le jeudi 16 mars 2017

Esaïe 66

« Le ciel est mon trône, et la terre mon marchepied. Quelle maison pourriez-vous me bâtir, et quel lieu me donneriez-vous pour demeure ? Toutes ces choses, ma main les a faites, et toutes ont reçu l'existence, dit l'Eternel. Voici sur qui je porterai mes regards : sur celui qui souffre et qui a l'esprit abattu, sur celui qui craint ma parole.

Celui qui immole un bœuf est comme celui qui tuerait un homme, celui qui sacrifie un agneau est comme celui qui romprait la nuque à un chien, celui qui présente une offrande est comme celui qui répandrait du sang de porc, celui qui brûle de l'encens est comme celui qui adorerait des idoles; tous ceux-là se complaisent dans leurs voies, et leur âme trouve du plaisir dans leurs abominations.

Moi aussi, je me complairai dans leur infortune, et je ferai venir sur eux ce qui cause leur effroi, parce que j'ai appelé, et qu'ils n'ont point répondu, parce que j'ai parlé, et qu'ils n'ont point écouté ; mais ils ont fait ce qui est mal à mes yeux,  ils ont choisi ce qui me déplaît. »

Le chapitre 66 d’Esaïe comporte un message prophétique qui dépasse l’interprétation historique ou littérale que l’on peut en faire. Si ces textes ont traversé les millénaires pour parvenir jusqu’à nous, c’est qu’ils comportent un enseignement spirituel. Notre foi est édifiée sur le fondement des prophètes et de Jésus. C’est donc avec sérieux que nous méditons les textes prophétiques et non en relativisant leur portée par toutes sortes de raisonnements. Sous prétexte de respecter les différentes sensibilités, un bémol est vite apposé sur toute affirmation biblique. En un tour de main, on enlève à la Parole sa force de conviction en termes de péché, de foi ou d’espérance. La parole prophétique n’a plus de poids, car on privilégie la sensibilité au détriment de la vérité. Les chrétiens évangéliques qui invoquent de plus en plus ce recul au nom de la sensibilité, devraient aussi accepter le mariage gay. Puisque tout est question de sensibilité, n’est-ce pas le droit d’un homme d’être plus sensible aux hommes qu’aux femmes ?

La vraie sensibilité existe, elle provient de l’expérience à discerner le bien du mal, elle se nourrit de l’attachement au Seigneur, l’obéissance à ses commandements, et non à ses idées qui ne sont finalement que le reflet des idées du temps. 

Il nous faut rejeter avec force ces arguments qui n’en sont pas, car on ne trouve plus guère de personnes prenant soin de vérifier dans les Ecritures si ce qu’on leur dit est juste. C’est la raison du succès des faux prophètes et de la confusion grandissante qui règne dans l’Eglise. Des hérésies pourtant flagrantes sont en passe d’être tolérées par les théologiens les plus sérieux.

Cette tendance à relativiser la Parole nous concerne tous. Nous pouvons reconnaître que la Parole prêchée est vraie mais elle ne provoque pas pour autant un changement dans nos vies.

Malgré certaines prises de conscience le temps d’une prédication, nous n’allons plus jusqu’à nous remettre profondément en question et changer de conduite. C’est à peine si nous répondons à Dieu qui nous a parlé. Voici ce que Dieu disait à Esaïe : « je ferai venir sur eux ce qui cause leur effroi, parce que j'ai appelé, et qu'ils n'ont point répondu, parce que j'ai parlé, et qu'ils n'ont point écouté ».   

Que dit le Seigneur ?

« Quelle maison pourriez-vous me bâtir, et quel lieu me donneriez-vous pour demeure ? Toutes ces choses, ma main les a faites, et toutes ont reçu l'existence, dit l'Eternel. »

Un tel rappel est nécessaire à entendre. Nous savons que notre Dieu n’habite pas dans un temple bâti par la main des hommes, car notre corps est désormais temple, habitation de l’Esprit, et l’Eglise est l’édifice spirituel dans lequel nous rendons un culte. Pourtant, les constructions accaparent une bonne partie de nos pensées.

Nos maisons sont belles, nos salles de culte le sont aussi de plus en plus. Arriver à l’âge de 30 ans sans avoir bâti une maison est presque devenu une anomalie. On a raté sa vie, l’épouse commence à se demander si elle n’a pas épousé un incapable… Ceux qui y sont parvenus affirment avec un apparent détachement que c’est la bénédiction du Seigneur. Le vit-on vraiment ainsi ? Certes, il est bon de rendre grâces pour les biens matériels que le Seigneur nous accorde, mais la surenchère immobilière n’est pas nécessairement un signe de bonne santé spirituelle. La bénédiction ne se résume pas à cette réussite, car ces biens sont donnés par-dessus, nous dit le Seigneur, et toutes ces choses se vivent humblement dans la reconnaissance. La reconnaissance s’accroît-elle en proportion de notre patrimoine ? Il ne faudrait pas qu’elle soit moins présente qu’au temps où nous avions moins.

Toujours est-il que ces choses peuvent voiler une autre réalité beaucoup moins glorieuse : parmi nous des couples se séparent, des enfants quittent l’Eglise, des collaborateurs chancellent, sans compter les situations bien fragiles qui ne cessent de nous inquiéter. On assiste à un déséquilibre de fond. Nous sommes bénis à bien des égards, mais la vie spirituelle ne connaît pas le même essor. Se mobiliser pour combattre devient vraiment difficile. Malgré les coups durs, on n’arrête pas pour autant la priorité de nos projets. Nous oublions que tout ce que nous avons, c’est Lui qui nous le donne ! «Toutes ces choses, ma main les a faites, et toutes ont reçu l'existence, dit l'Eternel. » 

Nos œuvres ne sont pas méritoires, elles ne peuvent couvrir nos défaillances, nous faire oublier les scandales et encore moins nourrir notre orgueil. Elles ne sont pas la preuve que Dieu est avec nous car voici ce que dit notre texte :

« Voici sur qui je porterai mes regards : sur celui qui souffre et qui a l'esprit abattu, sur celui qui tremble à ma parole. »

Le regard de Dieu se porte sur celui qui a l’esprit abattu et non celui qui se présente avec sa réussite. S’il l’a obtenue du Seigneur, alors, il lui est impossible de pavoiser.

Contrairement à ce que la plupart pensent, celui qui souffre n’est pas forcément plus coupable que les autres. Il l’est parfois moins. Jésus a été considéré comme puni, frappé par Dieu, alors qu’il était innocent. L’homme est prompt à accuser et trouver des raisons au malheur de son prochain pour tranquilliser sa propre conscience. Au sein de son tourment, le malheureux peut s’appuyer sur cette promesse propre à réconforter son cœur.

Pourtant, il nous est bien difficile de considérer l’amour de Dieu lorsque nous sommes atteints. L’accusation, le reproche envahissent nos pensées. Sentiments d’autant plus impérieux que nous voudrions être forts à tout instant. Faute de ne l’être jamais suffisamment pour être joyeux, nous sommes en constante tension et l’abattement d’esprit nous est difficilement supportable. L’esprit (ou l’âme dans une autre version) humilié signifie que l’être est touché au plus profond de lui-même. Ce n’est pas une simple posture ou une formule prononcée à la va-vite pour évacuer le malaise. Ce n’est pas non plus la vexation d’avoir été humilié. Il s’agit de la souffrance du cœur qui s’est laissé atteindre par la souffrance des circonstances.

Le Seigneur considère avec compassion celui qui éprouve cette tristesse. Mais s’ajoute également une autre condition : trembler à sa Parole.

Lorsque Dieu parle, je ne peux que lui répondre et lui obéir. Sa Parole nous est envoyée pour nous libérer, nous guérir, nous conduire, nous ne pouvons la mépriser. « L’homme ne vivra pas de pain seulement mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu. »

Quelle nourriture cherchons-nous ?

L’attention de plus en plus grande portée à la « nourriture saine » a de quoi interroger. C’est à se demander si l’on ne prête pas foi davantage à ce que nous disent les émissions télé qu’à la vertu de la prière prononcée à table pour sanctifier les aliments que nous mangeons. La Bible nous dit pourtant : « Mangez de tout ce qui se vend au marché, sans vous poser aucune question par motif de conscience ; car la terre est au Seigneur, et tout ce qu'elle renferme » 1 corinthiens 10 : 25 

Croyons-nous encore la Parole ? Notre prière avant le repas n’est-elle pas contredite par ce que nous disons juste après en mangeant notre soupe ? On tremble pour bien des choses, mais bien peu à la Parole qui ne fait plus guère autorité sur nos consciences. Nous veillons à ne courir aucun risque, dans aucun domaine, cherchons sans cesse à nous protéger de tout, mais où est passée la confiance ? Pourquoi s'énerve-t-on et de quoi a-t-on peur ?

Il est une chose pour laquelle nous devrions trembler : ne plus entendre Dieu quand il nous parle. Chaque fois qu’une épreuve est envoyée pour nous enseigner, disons au Seigneur : « je veux recevoir ton instruction aujourd’hui pour que tu ne sois pas obligé de recommencer demain. » C’est ainsi que l’on apprend les leçons de nos épreuves, et qu’on se laisse instruire en toutes circonstances tout en sachant une chose : nous sommes sous le regard bienveillant de Dieu. Rien n'enlève qu'il nous aime, et qu’il règne sur son trône en souverain.

La crainte de Dieu, c’est la haine du mal, le respect obéissant à sa Parole. Ceux qui sont tombés ont bien souvent été avertis par la Parole. Ils n’ont pas pris à cœur d’y obéir. La crainte de Dieu qui consiste à haïr le mal a fait place au flirt assumé avec le péché. On s’est habitué à boire régulièrement, passer ses soirées devant les films violents et les matches de foot au point de ne plus voir que la vie spirituelle du foyer décline. Peu importe, on est prêt à tout compromettre de l’œuvre de Dieu et ruiner sa famille pour des bêtises. Comment pouvons-nous mettre ces vanités dans la balance ? Au lieu d’avoir le cœur brisé d’être si légers, on se plaint des conséquences et on s’élève orgueilleusement. Au bout de quelques années, la situation s’enkyste, et un jour, c’est le drame.

Boire un verre de temps en temps entre amis n’est pas un péché. Le peuple devait consommer les dîmes en achetant des vivres et des liqueurs fortes pour faire la fête. Mais en avoir besoin, y trouver un refuge, c’est bien autre chose. Nous ne pouvons le tolérer sans trembler. De quoi ai-je besoin pour survivre, que je ne suis pas prêt à lâcher et que la Parole dénonce pourtant ? L’alcool fait perdre le sens, c’est l’opposé de la vie de l’esprit. La Parole ne nous avertit pas pour rien.

Un pasteur est mort d’une cirrhose il y a quelques années. Il s’est avéré qu’il avait pris l’habitude de boire un verre d’alcool tous les jours. En réalité il ne pouvait plus s’en passer. L’accoutumance s’installe plus vite que ce que l’on ne pense.

Il en va de même pour bien des péchés auxquels nous nous sommes habitués. Défouler sa colère par des propos grossiers par exemple. Pourquoi, si la parole me reprend et me dit que j’ai l’âme d’un meurtrier en insultant mon frère, ne puis-je pas faire attention ? Si la Parole dit « ne vous faites pas appeler directeur », pourquoi chercherais-je à jouer sans cesse au patron ? Pourquoi vouloir étendre ma sphère de pouvoir et d’action ? Un pasteur n’est pas un directeur, il n’exige rien mais il se met au service de ses frères, il se dépouille. Son autorité s’exerce dans la soumission et le service. Puis-je continuer à vivre selon une perspective qui est à l’opposé de la pensée biblique ? Toutes ces choses vont à l’inverse de l’esprit abattu qui tremble à la Parole.

Le fils de Dieu respirait dans la crainte de l’Eternel. Il a donné sa vie pour ses amis, il leur a lavé les pieds. Nous ne sommes pas plus grands que lui et c’est à sa suite que nous marchons.

Courbons-nous dans l’adoration, que notre cœur se brise afin que ce que est élevé soit abaissé et qu’il règne enfin sur notre être entier.

« Servez l'Eternel avec crainte, et réjouissez-vous avec tremblement. Baisez le fils, de peur qu'il ne s'irrite, et que vous ne périssiez dans votre voie, car sa colère est prompte à s'enflammer. Heureux tous ceux qui se confient en lui ! » Psaume 2 : 11 et 12

Baiser le Fils est le signe d’allégeance et la marque de notre amour. Cet amour humble et respectueux doit empreindre notre piété et nos relations fraternelles, tel est le culte qui plaît à Dieu.  

Daniel et Jérémie 

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