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Par la souffrance il t'avertit

J'ai lu la Bible dès l'âge de 15 ans. Malgré un milieu familial athée et matérialiste, j'ai cru que ce qui est écrit dans ce livre est la Parole de Dieu. Je me suis engagé de tout coeur à me conduire selon les enseignements bibliques. Pourtant, après plusieurs années, découragé par des échecs successifs à mes tentatives de vivre selon ce que j'avais compris de la piété, j'ai décidé de tourner le dos au monde religieux. En désespoir de cause, incapable de juguler par mes efforts ce que la Bible appelle péché, j'ai laissé libre cours au mal insurmontable.

Il s'en est suivi un fort sentiment de liberté, d'exaltation. J'avais alors 18 ans. J'étais élève-instituteur et un minimum d'études m'assurait un avenir professionnel confortable. Nourri de littérature libertaire, je refusais toute atteinte à l'expression de mes passions. Les vies les plus déréglées sont devenues des exemples, des modèles de conduite. Seule la manifestation extrême de l'ivresse me semblait valoir la peine d'être vécue. Je commençai donc à faire la fête, à boire, à fumer du haschisch. Je négligeais mes études et, finalement, à force de laisser-aller, perdis mon emploi et l'insouciance matérielle qui y était liée.

Mes dettes commencèrent à s'accumuler. L'angoisse d'un avenir incertain, le refus de vivre une vie contraignante m'encourageaient dans la voie que j'avais choisie. Je voulais résolument vivre comme bon me semblait et goûtais à tous les interdits, sans être gêné par aucune contrainte. L'alcool et le haschisch ne me suffisaient plus; je commençais à prendre de l'héroïne. Je vivais la nuit, dans la débauche, la drogue ayant continué de détruire toute notion de morale.

Arrivé à ce point, il m'a semblé que la vie n'avait plus rien à m'offrir. Les plaisirs, l'ivresse, la drogue avaient perdu leurs charmes. L'habitude avait usé en moi la fascination du début. Ma quête de liberté, de vie sans frein, m'avait conduit dans une grande détresse morale. J'étais plus que jamais malheureux. J'étais désormais incapable d'assumer ma vie. La moindre responsabilité me plongeait dans une angoisse profonde. Il n'y avait pas d'avenir pour moi dans cette vie-là. Je voulais mourir. Je ne vivais que dans la perspective du suicide...

En 1990, à 23 ans, j'ai appris que j'étais séropositif. Cette nouvelle a fait l'effet d'un électrochoc. Alors que la vie n'avait plus aucun intérêt, j'étais subitement confronté à la mort. J'avais déjà essayé de mettre fin à mes jours mais le caractère intolérable de ce qui me restait à vivre désormais m'angoissait à devenir fou. J'avais peur de la maladie, de la déchéance physique. Alors que j'avais cherché la liberté, j'étais pris au piège. Impossible maintenant de fuir.

Face à l'insupportable, je n'ai eu d'autre recours que de crier à Dieu, en l'implorant d'avoir pitié de moi. J'étais brisé. J'étais incapable d'arrêter la drogue, la fête, de quitter le monde marginal; pourtant je savais ces choses mauvaises aux yeux de Dieu. J'avais conscience qu'en mourant ainsi, je serais loin de Dieu. Je Lui ai donc demandé de me faire revenir à Lui, de me sortir de ce monde dans lequel je vivais.

Après quelques temps, j'ai pu effectivement quitter mon milieu mauvais. J'ai eu à nouveau l'occasion d'entendre la Parole de Dieu. Contrairement à mon désespoir, la Bible me parlait de l'amour de Dieu, celui d'un Père envers son fils, prêt à pardonner celui qui revient à Lui. Ce langage m'a touché. Je m'étais endurci au point de ne plus croire à l'amour. La dureté de la vie justifiait à mes yeux cette opinion. Je commençais pourtant à être convaincu que malgré ma vie déréglée, le Créateur conservait pour moi de la bienveillance. J'avais peut-être été châtié mais cette punition n'était pas sans issue. Un passage de la Bible m'a particulièrement frappé : « J'entends Éphraïm qui se lamente : Tu m'as puni, et j'ai été puni comme un veau qui n'est pas dompté; fais-moi revenir, et je reviendrai, car c'est Toi l'Éternel mon Dieu. Après m'être détourné, je me repens; et après m'être connu moi-même, je me frappe sur la cuisse, je suis honteux et confus, car je porte le déshonneur de ma jeunesse. - Éphraïm est-il donc pour moi un fils chéri, un enfant choyé ? Car plus je parle de lui, plus encore son souvenir est vivace en moi; aussi mes entrailles frémissent en sa faveur : J'aurai une profonde compassion pour lui. »
(La Bible : Jérémie 31 v. 18 à 20)

Convaincu par l'amour de Dieu, je Lui ai confié ma vie. J'avais vécu dans l'angoisse de la maladie et de la mort, peu à peu, je commençais à connaître la paix. Mon désespoir devant la vanité de l'existence a disparu quand j'ai pris conscience de ma raison d'être. Je n'étais pas un individu perdu parmi d'autres, sans but, mais un homme créé par Dieu pour Le servir et Le connaître. En vivant dans cette perspective, j'ai connu la délivrance de la drogue et des vices qui y sont liés.

Je considère aujourd'hui comme une preuve de son amour que Dieu m'ait parlé, même au travers de la maladie. Le moyen qu'Il a utilisé peut paraître cruel mais je n'étais pas capable de comprendre, à cette époque, un autre langage à cause de ma dureté. Cette épreuve a été pour moi salutaire et j'en rends grâce à Dieu.

« Sont-ils liés de chaînes, sont-ils pris dans les liens du malheur, Il leur dénonce leurs actions et leurs révoltes quand ils s'enorgueillissent; Il les avertit pour leur instruction, Il leur dit de renoncer à leur injustice. S'ils écoutent et se soumettent, ils achèvent leurs jours dans le bonheur, leurs années dans les délices. S'ils n'écoutent pas, ils périssent par le javelot, ils expirent dans leur manque de connaissance. Les impies se livrent à la colère, ils n'appellent pas Dieu au secours quand Il les enchaîne; Leur âme périt dans leur jeunesse, leur âme parmi les débauchés. Mais Dieu délivre le malheureux par son malheur même, et c'est par la souffrance qu'Il l'avertit. » (Job 36 v. 8 à 15)

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