Menu supérieur

  •  

/ Parole partagée / Exhortations / Elargissez vos coeurs

Menu gauche

search



précédant haut suivant

Elargissez vos coeurs

Publié le vendredi 23 août 2013

Le ministère de l’apôtre Paul suscitait autour de sa personne divisions et partis pris. Contesté plus que quiconque, souvent désavoué par les circonstances, mal-aimé à cause de son langage parfois sévère, son ministère n’offrait décidément pas un visage séduisant propre à embarquer les foules. Son but n’était pas de plaire mais de prêcher l’évangile dans sa pureté - rien de commun avec le succès actuel de l’évangile de la prospérité. Mais qui va vouloir suivre un tel message lorsque l’on considère la vie si souffrante de son messager ? Son ministère ainsi contesté, c’est aussi son message qui pouvait en pâtir au point de perdre de sa force. En effet, n’étant plus reçue dans un climat de confiance, la Parole ne pouvait produire ce pourquoi elle avait été envoyée.

Conscient des enjeux spirituels, animé par la crainte de Dieu et par l’amour pour ses frères encore peu affermis, Paul répond alors aux accusations par de vives plaidoiries. Il explique quelle est sa vie. Il se livre, il s’expose ouvertement dans son intimité, de sorte que 20 siècles après, nous pouvons encore connaître les sentiments profonds qui animaient l’apôtre.

« Notre bouche s'est ouverte pour vous, notre cœur s'est montré large, vous n'êtes pas à l'étroit au-dedans de nous, mais c'est en vous-mêmes que vous êtes à l'étroit. En contrepartie — je vous parle comme à mes enfants — montrez-vous larges vous aussi ! » (2 Corinthiens 6 : 11)

Il arrive d’être comme rattrapé par un sentiment de ridicule lorsque l’on parle de ses propres sentiments ou de ses souffrances. On a pourtant parlé de ceux de Paul durant 20 siècles ! Il dit : « je suis comme un insensé en parlant ainsi », il connaît le risque qu’il prend à parler de son intimité !

Pourquoi alors enseigne-t-on comme principe dans nombre d’instituts de formation qu’un pasteur ne peut être vu dans une situation de douleur ou d’humiliation ? Pour conserver l’aura, faut-il donc éviter tout contact trop proche, apprendre à garder une distance ? Il serait donc interdit, dit-on aux pasteurs, de parler d’eux, de dévoiler leur peine ?

Paul parle de ce dont on ne parle pas souvent et surtout pas avec un rôle public : les émotions du cœur. Voilà justement ce que l’on cache. L’affectivité est un sentiment auquel il serait interdit de se livrer, trop suspect, trop malsain semble-t-on dire. C’est ainsi que certains milieux s’en préservent au maximum et s’évertuent à séparer les amis trop proches notamment lors des camps bibliques en les logeant à des endroits différents…

Comment allons-nous donc réagir face à certaines expressions bibliques telles que : « Comme une mère prend soin de ses enfants, nous aurions voulu, dans notre tendresse pour vous, vous donner non seulement l'Évangile de Dieu, mais encore nos propres vies, tant vous nous étiez devenus chers. » (1 Thessaloniciens 2 : 7) ou encore « vous serez allaités ; vous serez portés sur les bras et caressés sur les genoux. Comme un homme que sa mère console, ainsi moi je vous consolerai » (Esaïe 66 : 12 et 13). Autant de mièvreries plutôt dérangeantes pour notre pudibonderie !

Mais la Bible emploie ces termes, et nous devons bien considérer une chose : il est aussi grave d’appeler impur ce que Dieu appelle pur que d’appeler pur ce qu’il appelle impur. Du bien ou du mal, seul Dieu en décide et non pas l’homme avec ses lois et ses principes. Les décrets de Dieu sont vrais pour tous les peuples et toutes les cultures, il n’est pas question de sensibilités diverses car la Parole s’adresse à toutes les nations. Ce que les hommes ont fait d’une société avec ses principes et sa moralité n’est pas le critère ; ce que l’homme instaure dans son indépendance peut très bien nous fermer à ce que Dieu a créé de bon !

Les sentiments du cœur doivent s’exprimer en paroles autant qu’en actes. Pas de mesquineries, ni de retenue visiblement pour les enfants de Dieu, le cœur est ouvert et il l’est largement. Parler d’amour ne coûte pas trop cher, Paul a bien ouvert sa bouche pour exprimer son amour mais il a surtout ouvert son cœur de sorte que ses frères n’y étaient pas à l’étroit.

Avoir le cœur étroit, c’est aimer l’autre pour ses qualités mais se fermer dès lors qu’il ne répond plus à nos attentes. Le moindre défaut, le moindre manquement chez l’autre deviennent une occasion de se plaindre et de justifier notre retrait. Il arrive souvent que l’on se ferme à toute manifestation d’amour suite à des souffrances vécues dans l’enfance. Un homme s’était ainsi fermé à tout amour car il n’en avait jamais reçu de la part de son père.

Malgré les calomnies, Paul ne cesse pas d’aimer les Corinthiens. Aimer, c’est prendre le risque de ne pas l’être en retour sans pour autant se réfugier dans l’indifférence des « grands seigneurs » qui ne se laissent toucher par rien. Paul était sensible à l’amour qu’on lui portait, il souffrait lorsqu’il n’était pas aimé, il recevait comme une consolation l’amour des frères.

Si l’amour se donne, il doit aussi se recevoir et cet échange n’est pas souvent compris. Beaucoup de gens réclament tout le temps d’être aimés mais ne cherchent pas pour autant à aimer à leur tour. Leur cœur est étroit car ils ne se donnent pas. « Vous vous êtes donnés au Seigneur et ensuite à nous. » dira l’apôtre Paul en parlant des Macédoniens un peu plus tard. Se donner au Seigneur va conduire à un amour fraternel car les deux aspects sont intrinsèquement liés.

L’amour s’expose et engendre inévitablement une souffrance. L’amour qui ne souffre pas n’est pas de l’amour car l’amour n’est jamais reçu avec la même intensité que celle avec laquelle il a été donné, il n’est pas toujours vu ou compris, il n’est pas toujours rendu. Tout ce que les Corinthiens pouvaient reprocher à Paul, il le souffre à cause d’eux et ils ne le voient pas ! C’est tout à fait l’attitude d’un enfant qui se plaint sans voir tout ce que sa mère a fait pour lui depuis sa jeunesse. Il n’a pas été sensible à tous les sacrifices consentis avec amour par ses parents et leur reproche sans cesse tout ce qu’il n’a pas eu.

Sous prétexte de ne pas être hypocrites, nous disons facilement : « pas de manifestation d’amour tant que le cœur ne suit pas ! » Un argument sensé être un exemple de droiture mais qui a sa bonne part d’hypocrisie ! Il n’est pas dit d’attendre la sincérité mais d’aimer et d’élargir son cœur.

Cet amour surnaturel et sans limite se reçoit par la foi de la part de Dieu. Nous n’avons pas à le craindre car il est selon Sa volonté, la plus belle et convaincante expression du témoignage chrétien. « A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres ». Il est regrettable de constater qu’on est parfois bien préoccupé par l’évangélisation en oubliant l’affection fraternelle qui, lorsqu’elle est manifestée concrètement, est pourtant le témoignage le plus puissant. Nous en avons régulièrement la preuve avec le travail des diacres sur les chantiers extérieurs. Ceux qui les observent sont très touchés de l’ambiance qui se dégage de leur travail. Encore récemment, une famille catholique voyant l’affection entre les frères qui travaillaient, a dit avoir découvert une réalité qu’elle ne connaissait pas et s’est mise à poser des questions sur la foi. Le travail pratique est l’expression du cœur. On ne sert pas aux tables comme on sert au bistro, on sert les frères car on les aime. La plat arrive autrement sur la table, il a une autre odeur, un autre goût…

La raison pour laquelle le croyant est appelé à se purifier du péché, c’est l’amour ! « Après avoir purifié vos âmes dans l'obéissance à la vérité en vue d'un amour fraternel sincère, aimez-vous les uns les autres ardemment et de tout cœur » (1 Pierre 1 : 22). Aimer de tout son cœur, voilà l’orientation de notre vie. Celui qui expérimente une conversion authentique va spontanément manifester ce fruit. Après avoir prié pour se repentir, certains ont manifesté immédiatement un abandon affectif en tombant en pleurs dans les bras du pasteur, sans savoir que si ces choses pouvaient se faire ou non ! Des gens qui n’ont jamais rien reçu au niveau spirituel comprennent parfois mieux ces choses que des religieux qui savent tout mais n’ont plus de cœur. Celui qui sort d’une vie de débauche s’en sortira si, après s’être repenti, il entre dans cette vie d’amour fraternel et de don sans compter.

Beaucoup de croyants font semblant d’aimer ne connaissent pas cette fraîcheur. Ils aiment dans la mesure où…, et au moindre obstacle, les petites ouvertures se referment aussitôt car le cœur est étroit, il ne s’élargit pas. « Montrez-vous larges ! » nous dit l’apôtre Paul, « ne soyez pas étriqués, ne vous contentez pas de gestes raisonnés et raisonnables ! » pourrions-nous ajouter. C’est ainsi que nous pouvons aussi comprendre et vivre le pardon. Pardonner n’est pas un acte raisonnable, il ne se trouve pas dans le code pénal. Je pardonne ce qui a été pourtant une faute, je pardonne l’impardonnable comme le Seigneur nous a pardonné l’impardonnable. Le pardon n’est pas pour des fautes imaginaires mais bien pour des fautes commises. Non seulement il se trouve beaucoup de croyants qui refusent de pardonner, mais ils nourrissent leur rancune à partir de fautes qui n’existent même pas ! C’est dire à quel point la religiosité peut fermer le cœur. Cela n’empêche pas de réciter le Notre Père le dimanche matin avec des accents très sincères. Dans ce cas, il serait plus honnête de dire « Pardonne-nous nos offenses comme nous ne pardonnons pas à ceux qui ne nous ont rien fait… ! »

Nous sommes appelés à recevoir l’amour et à le rendre en manifestant des sentiments qui viennent du cœur et non de la tête, ce n’est pas un amour de principe. Alors il convient de nous purifier de tout ce qui souille et rend impossible cet amour : égoïsme, méchanceté, cupidité... Le vrai combat est de chercher la délivrance pour pouvoir aimer car telle est la volonté de Dieu ; il nous a aimés alors que nous étions méprisables et il nous adresse cet ordre: « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

précédant haut suivant

|

Right menu

À la Une

À paraître - Avec des Cris de Joie n°18 - Tiens ferme en sa bonté

Tes œuvres te louent - chants d'enfants

"Il est un trône de gloire" par la chorale de la Mission Timothée.

Il est un trône de gloire par la chorale de la Mission Timothée. 

Présentation de la Mission Timothée

Présentation de la Mission Timothée 

"Que ferons nous" par la chorale de la Mission Timothée

Que ferons nous par la chorale de la Mission Timothée 

Garder la parole de Dieu par sa grâce

Garder la parole de Dieu par sa grâce 

Dieu de fidélité

Dieu de fidélité 

Que sa lumière brille !

Ecoutez la Bible en un an

Ajouts Recueils enfants