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La musique dans l'Eglise

Publié le mercredi 27 avril 2011

Nous avions en notre possession des documents qu’après réflexion il nous semble important de diffuser, tant la question de la louange nous préoccupe ces derniers temps. Après avoir visité des églises évangéliques à différents endroits du globe, le constat ne cesse de se confirmer : les chants de Jeunesse En Mission ont imprégné et marqué de leur style les cantiques au sein de nombreuses églises : que ce soit en Bulgarie, à Madagascar ou au Brésil, on se pâme sur les mêmes mélodies.

Cette uniformisation a englouti peu à peu les différentes cultures musicales pour imposer un style « universel » qui nous semble bien loin de l’esprit du culte tel que Dieu l’attend de ses enfants. Cette vague qui déferle un peu partout, même dans les milieux évangéliques réputés les plus sérieux, tend à faire disparaître toute écoute sérieuse de la Parole de Dieu au profit d’une ambiance de sensualité ou d’exaltation surfaite. L’Esprit de Dieu n’a plus accès aux consciences complètement anesthésiées dans cette fausse extase : c’est le règne de la chair et la disparition progressive de la crainte de Dieu.

Les passages qui suivent sont des extraits traduits de l’Allemand du fascicule « La louange charismatique : un feu étranger dans le lieu saint », rédigé par Rudolf EBERTSHAÜSER. Il s’agit d’un ancien charismatique, engagé durant des années dans cette louange. Elles éclairent certainement mieux que nous aurions pu le faire, sur les raisons qui rendent cette musique dangereuse, et sur la nécessité de la dénoncer fermement.

Introduction

Selon le témoignage de la Bible, la musique et les chants sont employés, soit pour la louange exprimée par les lévites comme le montre l’A.T, soit pour les cantiques spirituels de l’église, d’après le N.T, mais aussi pour des cultes idolâtres comme l’adoration de la statue d’or érigée par Nebucanedtsar. Il existe une musique au service et à la gloire de Dieu, inspirée par le Saint-Esprit. Mais il existe également, à coté d’une musique que l’on peut qualifier de neutre, une musique au service de Satan, inspirée par l’esprit du monde. Soyons donc vigilants sur toutes les influences qui agissent dans notre cœur, notre entendement, nos pensées et nos sentiments, afin d’éviter ou de refuser ce qui peut nous porter préjudice.

Celui qui est passé par une vraie conversion est conduit, le cas échéant, à reconnaître que son asservissement à la musique du monde est un péché devant Dieu, en particulier s’il s’agit du genre musical d’origine démoniaque tellement courant aujourd’hui (cf. Rom. 12.2). Il perd le goût pour ces choses du monde et est attiré, ou du moins devrait l’être, par les choses d’en haut (cf. 1Jn. 2.15-17). En même temps, il apprend à aimer ce qui lui paraissait autrefois fade, voire ridicule, les cantiques que le Seigneur lui-même a inspirés à ses enfants au cours des siècles. Il y verra la richesse spirituelle de vies marquées par une marche de la foi.

Ces réflexions préliminaires montrent que les dispositions du cœur du croyant envers son Dieu jouent un rôle décisif dans son discernement spirituel. La position du croyant face à l’infiltration de la musique mondaine dans l’église dépend de sa propre rupture avec les plaisirs du monde. Je suis persuadé que c’est l’une des raisons principales des différends entre chrétiens sur cette question.

Le problème des chants charismatiques

Ces chants sont particulièrement fascinants pour la jeune génération de chrétiens. Leurs mélodies entraînantes semblent communiquer joie, enthousiasme, élan et force. Elles touchent essentiellement les sentiments. C’est probablement pour cela qu’elles ouvrent le mieux la voie à l’influence séductrice du mouvement charismatique. Il est donc d’autant plus important de discerner, devant Dieu, quelle doit être notre attitude face à ces chants.

Ces affirmations résultent de cinq années d’expérience au sein du milieu charismatique, particulièrement pour avoir participé intensivement à un « groupe de louange ». Depuis, j’ai pendant dix ans livré un combat spirituel contre ce mouvement.

  • Des méthodes du monde manipulatrices

Les mélodies charismatiques proviennent presque exclusivement du répertoire pop, avec ses grandes variantes, majoritairement à orientation « douce », psychédélique, mais tout aussi dangereuses et manipulatrices que le rock le plus dur. Certains chants proviennent également du répertoire catholique pour la méditation et de Taizé. Ceux-là sont, à leur manière, tout aussi séduisants.

La source de cette musique pop est clairement démoniaque. Elle provient de cultes idolâtres de diverses tendances : rites africains conduisant à l’extase, à des transes et à des possessions. Elle provient
également de la musique rock, de chants méditatifs hindous et bouddhistes qui, eux aussi, conduisent à l’extase et aux transes.

Le chanteur pop, Jimmy Hendrix, déclare : « La musique, ayant sa propre spiritualité, permet de créer une ambiance. Tu peux hypnotiser les gens par la musique et, si tu touches leur point faible, tu peux prêcher à leur inconscient ce que nous voulons leur dire ».

Timothy Leary, promoteur auprès de la jeunesse de drogues et d’une culture antichrétienne, déclare au sujet de la musique pop : « N’écoute pas les paroles, la musique porte son message en elle-même… Très souvent elle m’étourdit… C’est elle qui va te propulser ». Les mélodies charismatiques exercent leur effet de séduction spécifique sur l’âme de ceux qui les chantent. Elles produisent une ouverture à l’extase, un affaiblissement de la vigilance et faussent la faculté de perception. Elles sont entraînantes et belles, telles des chants de sirènes qui trompent et attirent, pour détourner de Dieu et de sa Parole, même si les textes sont basés sur des paroles bibliques.

Les chrétiens fidèles ont aujourd’hui sérieusement besoin de savoir discerner cet esprit d’égarement. De nombreux croyants ne voient plus le danger, ni la souillure de la musique chrétienne à coloration pop ou rock, étant eux-mêmes entraînés dans la « consommation » de ces musiques du monde.

Ce travail de sape amène peu à peu les croyants à abandonner le lucide chemin de la foi et à s’engager dans la recherche de sensations fortes, vers la libération des désirs charnels (jusqu’à des danses effrénées dans les églises), entraînés par les esprits d’égarement qui sont à l’origine de ces mélodies.

Des paroles qui ne traduisent pas les vérités bibliques

Souvent les paroles paraissent bibliques à un observateur chrétien superficiel. Le texte de toute une série de chants très prenants repose presque entièrement sur des paroles bibliques. Mais un examen plus attentif fait apparaître que :

  • Le sacrifice parfait de Jésus-Christ et sa grâce occupent une place marginale et non centrale. Malheureusement, ce qui devrait être l’objet de l’adoration lors du culte - l’œuvre expiatoire de notre Seigneur sur la croix - n’apparaît que rarement. De plus, les chants qui traitent de la croix le font souvent en jouant sur les sentiments où se mêlent enthousiasme et mysticisme, dévalorisant les déclarations bibliques.
  • Dans la majeure partie des textes, il est question de la puissance et de la gloire de Christ, manifestes dès à présent dans le monde, alors que ce ne sera le cas que lors de son retour en gloire. L’Ecriture nous apprend, en effet, que le règne de Christ n’est pas encore visible aujourd’hui (cf. Hé. 2.8), bien qu’Il soit déjà élevé au-dessus de tout (Eph. 1.20-23 ; 1 P 3.22). La louange charismatique est étroitement liée au faux enseignement selon lequel l’Eglise doit dès à présent établir le règne de Dieu jusque dans la société civile et les sphères politiques, « chasser les puissances des ténèbres », par la « louange et l’adoration », comme par magie. Cela apparaît particulièrement lors des « marches pour Jésus » et « des guerres spirituelles ». D’après cette hérésie, le « royaume de Dieu » vient avec des « signes et des miracles », par des effusions de l’Esprit, lorsque l’Eglise proclame la seigneurie de Jésus.
  • Les chants contiennent et propagent les faux enseignements du mouvement. Toujours apparaissent des hérésies typiques et des déformations des vérités bibliques, telles que le baptême dans l’Esprit ou la venue du Saint-Esprit sur des pays et des peuples, des réveils exaltants des temps de la fin, la soi-disant guérison des peuples.

Il y a aussi la soif typiquement païenne d’expérience, d’extase, accompagnées d’une prétendue union avec Dieu, de sensations de la « proximité » de Jésus, d’apparitions, d’expériences de puissance. Celui qui chante ces choses se trouve poussé à les rechercher. La forte propension à répéter de nombreuses fois des formules courtes joue également un rôle important. Cela rappelle les mantras et les formules occultes païennes, ainsi que les chants liturgiques catholiques qui conduisent les participants à l’autosuggestion. Celui qui répète douze ou vingt fois dans un chant : « Je me réjouis », entre dans un état d’euphorie étrangère à la joie biblique.

Fruits de la louange charismatique

Les effets séducteurs des chants charismatiques ne peuvent pas être bien compris si on ne prend pas au sérieux les déclarations des écritures annonçant, pour les temps de la fin, ces mouvements pseudo-prophétiques de séduction, dont fait partie le mouvement charismatique (cf. 1 Tim. 4.1).
Que ses fruits en soient des exaltations douteuses et des divisions, n’apparaît qu’à des chrétiens spirituellement avertis. Ceux qui sont conquis par ces chants rétorquent qu’au contraire, les effets en sont positifs : ils « communiquent à la foi un nouvel élan », « suscitent l’enthousiasme pour Jésus », « parlent aux jeunes », « stimulent la consécration » !

En réalité, examinés à la lumière des Ecritures, les résultats sont essentiellement autres : l’enthousiasme pour Jésus est trompeur, car il s’agit d’un « Jésus-roi » tels que les juifs l’auraient également
acclamé, et non d’un Jésus avec qui on est prêt à sortir du camp pour porter l’opprobre ; la consécration ressemble davantage à une exaltation sentimentale très dépendante de l’ambiance que l’on ressent, allant jusqu’au désir de vivre l’extase. L’unité ressentie est davantage d’ordre mystique que spirituelle, d’ailleurs ces chants provoquent souvent des divisions au sein de l’église. La louange à Dieu devient une jouissance personnelle et égoïste au lieu d’être une sainte offrande apportée à Dieu de tout son cœur. La simplicité des relations au Seigneur Jésus est minée par l’influence mystique et exaltée du charismatisme (2 Co 11.2-3).

Conclusion

Si nous examinons la louange charismatique à la lumière des Ecritures, comme le Seigneur nous le demande, nous arrivons forcément à la conclusion qu’elle représente un vrai danger spirituel pour l’Église, même si elle restait occasionnelle. Un patient et persévérant travail d’information et de persuasion est nécessaire auprès de ceux qui n’en voient pas encore les dangers.

Le choix d’un recueil de chants pour l’Église est plus important qu’on ne le pense souvent. De même, les parents et les responsables de jeunes doivent savoir que la plupart des rencontres de jeunes sont minées par l’usage des chants charismatiques (accompagnés de pantomimes, clowns, musique rock, disco, etc.).

Si nous voulons prendre une position claire et combattre les puissances à l’œuvre dans ce domaine, il nous faut beaucoup prier et être à la recherche du Seigneur. L’avenir spirituel d’églises entières et d’œuvres est en jeu !

Persévérons dans une adoration en esprit et en vérité, celle que le Seigneur agrée. Aujourd’hui même, il est impératif, devant la montée en puissance de l’adoration pagano-extatique, que les croyants vrais et fidèles apportent une louange qui soit une offrande pure et d’une agréable odeur à notre Dieu. De nouveaux cantiques peuvent encore voir le jour à notre époque de déclin spirituel. Prions dans ce sens. Que Dieu suscite des personnes qualifiées par son Esprit pour composer des hymnes à sa gloire ! Si cela devait tarder, continuons de chanter nos anciens cantiques qui ont fait leurs preuves et par lesquels nous pouvons, aujourd’hui encore, apporter nos sacrifices de louanges qui Lui sont agréables.

« Par lui, offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c’est-à-dire le fruit de lèvres qui confessent son nom » (heb. 13.15).

Le style de la louange en vogue

Compléments, tirés d’un article de Christian Willy dans le « Christianisme aujourd’hui »,nov. 2006 p. 20-21, à l’occasion de la sortie du troisième volume du recueil de chants « J’aime l’Eternel » de Jeunesse en Mission. Article publié sous le titre : Notre louange est-elle devenue narcissique ?
Le numéro de novembre 2006 de « Christianisme aujourd’hui » contient un article fort intéressant de C. Willy sur l’évolution du recueil de chants « J’aime l’Eternel ». Il rappelle son historique, relevant combien les débuts furent difficiles, tant le contenu des cantiques traduisait parfois « une spiritualité désincarnée, une confusion entre le royaume de Dieu et la notion des nations ». Son succès s’est imposé par l’usage, « la piété, avec un accent mis sur le ressenti, a eu raison de la précision doctrinale », conclut-il.

Aujourd’hui le recueil est très répandu, surtout dans le mouvement évangélique classique et charismatique.

Selon le constat dressé par le psychologue Sarika Pilet, « le recueil a transformé la physionomie de la louange du mouvement évangélique […] Placées sous la loupe, les paroles des 837 chants publiés en trente ans traduisent une évolution vers une louange qui s’est décentrée de Dieu pour se focaliser sur l’individu, ses attentes et ses demandes. »

  • Les chants qui ne parlent que de Dieu ont disparu dès 1995

Les résultats de l’enquête sont très parlants… « Centrée sur les paroles des chants d’adoration et de consécration, elle met en évidence plusieurs changements significatifs. Les chants basés sur des textes bibliques ont notablement reculé (de 33% à 13% entre ceux écrits avant 1980 et ceux composés dès 1990). Par ailleurs, dans les premiers, les paroles de consécration impliquaient une démarche active du fidèle, alors que désormais elles mettent davantage l’accent sur l’intervention de Dieu (« Purifie-moi », « touche mon cœur », etc.). Parallèlement, les chants de la catégorie « adoration » comportent toujours plus de demandes (la moitié sous forme de souhait, l’autre sous forme d’impératifs : « Bénis moi », « remplis moi » etc.). Enfin, les chants qui ne parlent que de Dieu ont disparu dès 1995, alors que l’adorateur lui-même prend toujours plus de place dans les paroles des chants. »

Changement de mentalité ou dérive vers une autre spiritualité ?

Les observations faites par Sarika Pilet sont très significatives pour quiconque se soucie de la croissance spirituelle des croyants, d’un point de vue biblique.

Qu’indiquent donc ces changements ? Pour Sarika Pilet, le rapport croissant entre l’individualisme, la culture de l’esprit de consommation et des chants centrés sur l’individu est indéniable : « Ces chants traduisent notre manière d’entrer en relation avec Dieu : l’homme reste centré sur lui-même et ses besoins. Il s’agit de vivre des expériences spirituelles fortes, d’accéder à la plénitude, au bien-être, etc. Les chants reflètent parfois aussi le coté « tout, tout de suite » développé par notre société axée sur la consommation », observe-t-elle. Pour nous, le contenu des ces chants indique plutôt un changement dans la relation entre le chrétien et Dieu.

Faut-il alors parler de changement de mentalité ? N’est-ce pas davantage une dérive vers une spiritualité qui n’a plus tellement de rapport avec l’action du Saint-Esprit dans le cœur de l’enfant de Dieu ?

Autre constat pour C. Willy : « Plus les chants sont récents, plus ils se basent sur l’expérience personnelle du croyant dans la louange. Les chants d’adoration plus anciens contenaient peu de demandes et, lorsque tel était le cas, la requête concernait l’avancement du royaume de Dieu. »

Daniel et Jérémie

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