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Témoin de Sa Parole

Publié le samedi 30 juillet 2011

« Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n'ont pas cru ? Et comment croiront-ils en celui dont ils n'ont pas entendu parler ? Et comment en entendront-ils parler, s'il n'y a personne qui prêche ? Et comment y aura-t-il des prédicateurs, s'ils ne sont pas envoyés ? »

Romains 10 : 14

La prise de conscience d’avoir été sauvé de la mort et de l’éloignement définitif de la face de Dieu suffit à convaincre un coeur sensible. Devant la gravité de notre perdition, nous ne pouvons demeurer indifférents à la perdition des autres. Les hommes sont perdus, ils ne savent plus à « quel saint se vouer ». Il faut donc qu’ils sachent vers qui se tourner à l’heure de la détresse, qu’ils comprennent que Dieu, leur créateur, peut entendre et secourir le malheureux qui l’invoque dans son désespoir. C’est donc le nom du Seigneur que nous devons faire connaître plutôt qu’une doctrine, car invoquer le nom du Seigneur suffit pour être sauvé, c’est l’élément fondamental du salut, c’est l’expérience du brigand sur la croix. Si nous avons entendu parler de Dieu, c’est qu’un témoin s’est adressé à nous. Voilà donc le sens de tout ministère : annoncer la Parole, la Bonne Nouvelle, afin que les hommes sachent qui invoquer car c’est un désespoir qui s’ajoute au désespoir lorsqu’on ne sait vers qui se tourner dans le malheur.

Il n’existe pas de foi véritable sans parole car « la foi vient de ce qu’on entend et ce qu’on entend vient de la Parole du Christ ». Il s‘agit donc de faire entendre la Parole, c’est le coeur même de la vocation d’un croyant. D’aucuns diront que ce n’est pas ce qui manque dans notre mission où la Parole est largement répandue, l’instruction plus qu’abondante. Sommes-nous pour autant, pour notre part, des témoins de la Parole ? Entendre et apprendre est une chose, transmettre et témoigner en est une autre. Il est fréquent de constater parmi les plus engagés une réelle réticence au témoignage, parfois une absence complète de préoccupation vis-à-vis des fréquentations du milieu professionnel. On ne se soucie guère de faire connaître le nom du Seigneur, au point de redouter parfois la moindre question qui pourrait dévoiler notre foi et faire perdre les bénéfices de notre neutralité. C’est une position qui permet d’être très à l’aise dans toutes les situations : les secours et bénédictions de l’Eglise nous permettent de mieux jouir encore des avantages d’une belle carrière dans le monde que rien ne doit compromettre.

Cette situation devrait nous inquiéter car les conséquences sont déjà là bien présentes : la réelle préoccupation pour l’oeuvre de Dieu tend à disparaître. Il ne reste bientôt de l’engagement chrétien que les projets de construction et de rénovation de nos salles devenues toutes plus belles les unes que les autres. Les chantiers, voilà ce qui mobilise encore les frères. Mais qu’en est-il du fardeau pour les âmes ? Il est à craindre qu’à ce rythme, nos salles magnifiques finissent en coquilles vides. Le combat pour arracher au feu ceux que le Seigneur veut appeler et sauver est de plus en plus âpre, l’esprit du temps grignote les consciences à une vitesse ahurissante et nous perdons notre vigueur en poursuivant d’autres buts, la satisfaction, la tranquillité ou les honneurs.

« Comment croiront-ils en celui dont ils n’ont pas entendu parler ? »
Se taire c’est arrêter la bénédiction de la transmission. Nous ne pouvons continuer à écouter la Parole sans prendre à coeur le témoignage. « Je vous ai annoncé tout le conseil de Dieu, sans en rien cacher » (Actes 20 :27).« Je vous ai fait connaître tout ce que j'ai appris de mon Père » (Jean 15 :15). C’est en en témoignant que la Parole prend vie, au moment où je la prononce. La force de la Parole n’est pas dans le secret, la révélation ne nous est pas donnée pour que nous la gardions au fond de nous-mêmes. « Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en plein jour ; et ce qui vous est dit à l'oreille, prêchez-le sur les toits. » (Matthieu 10 :27)

Un coeur généreux ne retient pas et ne conserve pas les bénédictions reçues, ce principe s’applique aussi bien au niveau personnel qu’en tant que mission. Nous nous enrichissons si nous cherchons à enrichir les autres, nous nous perdons en voulant garder et profiter des biens reçus.

C’est une autre manière de considérer l’évangélisation : je ne veux pas retenir, je libère la Parole aussi bien dans l’Eglise, pour mon frère, qu’envers mon prochain que Dieu met sur ma route car je ne peux garder injustement la vérité captive.

Outre la mondanité, une des raisons de l’engourdissement qui nous gagne provient de cette fâcheuse manie de se regarder soi-même. Les images nous encombrent, elles orientent nos préoccupations au mauvais niveau : être puissant, inspiré ou « accompagné »… autant d’attentes qui nous conduisent à nous observer sans cesse, évaluer et scruter le résultat de nos actions et paroles pour guetter si le Seigneur nous recommande ou non. En évoquant la question du ministère nous avons spontanément à l’esprit les destins extraordinaires et les récits glorieux mais nous oublions que la plupart des témoins ont eu des vies ordinaires, c’est la multitude de ceux qui ont semé avant nous par leurs paroles et leurs actes bien souvent insignifiants au niveau humain.

Paul s’est contenté de témoigner de Jésus, sauveur et Seigneur. La chose est simple mais elle est fondamentale : faire connaître l’amour de Dieu pour tous les hommes, les aimer au moins autant que l’on s’aime… Il y a toujours dans l’amour pour les autres un peu d’amour pour soi, mais le moteur est bien l’amour envers Dieu et son prochain, un renoncement à soi qui change l’orientation de nos regards et nos pensées… Or les questions qui nous viennent à l’esprit à la lecture de ce passage de Romains sont le plus souvent : « Comment puis je être envoyé ? », « Serai-je utilisé ? », « Aurai-je la Parole ? », autant d’interrogations qui nous ramènent à nous-mêmes et non au Seigneur et à l’amour.

Soyons-en sûrs, le maître saura nous faire savoir ce qu’il veut. Il s’agira ensuite de faire sa volonté de tout notre coeur, dans le but que d’autres connaissent le Seigneur.

Nous attendons souvent de voir le Seigneur agir puissamment au travers de nous, au point d’en faire dépendre parfois notre confiance et notre vie de foi, une sorte de vécu en auto-évaluation permanente. Or la vie de foi, c’est l’inverse : obéir avant toute chose sans s’attarder à guetter l’action surnaturelle, le résultat qui confirmera notre ministère. Lorsque Dieu agit, l’instrument en est rarement conscient. C’est même souvent dans les moments où notre ressenti s’avère négatif que Dieu nous utilise malgré tout, comme pour nous montrer que son oeuvre n’a rien à voir avec notre état d’âme et nos estimations humaines.

Le découragement est un regard sur soi malsain et pour tout dire, un refus de servir dans la faiblesse. Il est vrai qu’il est difficile de supporter une telle précarité sans pouvoir compter sur des garanties tangibles. Il est tellement plus agréable de se sentir « porté », « poussé par le vent » … mais la besogne, le côté laborieux, l’obéissance et la fidélité ont quelque chose d’accablant, d’usant. Lorsque nous estimons que rien ne se passe, nous nous sentons comme « lâchés » et nous péchons, car le seul péché qui nous condamne, c’est celui de ne plus croire. Dieu pardonne tous nos péchés, mais l’incrédule se juge lui-même et s’exclue de la grâce. Le Saint-Esprit « convaincra le monde de péché (…) parce qu'ils ne croient pas en moi » (Jean 16 :8). Veillons à ne pas pécher par notre incrédulité. Croire n’est pas attendre que Dieu fasse tout ce que nous avions rêvé qu’il fasse, mais c’est obéir, semer, témoigner de la Parole envers et contre tout. Les désaveux, les déceptions ou les simples « moments plats », ne sauraient remettre en question cet appel.

Il ne s’agit pas de confondre le témoignage et la recherche de succès. Nos réactions sont un peu comme celles d’un artiste qui ne voudrait peindre que pour faire un chef-d’œuvre, nous n’acceptons pas facilement d’être un « petit serviteur » qui rend témoignage de la Parole. Nous semons mais le Seigneur fait croître, nous ne pouvons exiger qu’il nous accompagne sans quoi nous sommes gonflés comme un paon au moindre résultat et dégonflés aussi vite dès que rien ne se passe, c’est bien la vie de la chair qui nous conduit à en vouloir à Dieu. Bernanos décrit de manière si émouvante la réaction d’un prêtre qui se sent désavoué lorsqu’un enfant meurt dans ses bras malgré ses prières : « pourquoi me laisses-tu toujours tomber ? » Réaction ô combien déchirante, mais qui témoigne d’une incompréhension de la marche par la foi.

« Je suis avec vous » se reçoit par la foi et non par une sensation. Il peut arriver de sentir particulièrement le soutien de l’Esprit mais je dois aussi accepter de ne rien sentir. Le Seigneur est avec moi parce qu’il l’a dit et non parce que je le ressens. Si je cherche à le sentir, alors je quitte le terrain de la foi et je ne le vois plus ! Lorsque les serviteurs de Dieu se sentent « accompagnés », c’est souvent dans beaucoup de douleurs, au sein de la contradiction, le jour où ils sont le plus faibles, et d’une manière générale, ils se sentent parfois plus abandonnés qu’accompagnés … combien de réunions faites dans un contexte de découragement ? Mais voilà, un serviteur obéit… La puissance est dans la Parole, c’est le Seigneur qui est puissant et non le serviteur.

Je sers par obéissance et devant les frères, dans le corps, car le ministère n’est pas une question individuelle et personnelle. Notre fonction est donnée par le corps et c’est lui qui nous envoie. Les diacres par exemple contribuent à l’envoi des prédicateurs, car leur travail permet et favorise la prédication de la Parole. C’est pour eux aussi que les pasteurs sont contraints d’obéir… afin que tout le travail pratique ne soit pas vain mais qu’il aboutisse au but recherché : que la Parole soit entendue. On ne s’envoie pas soi-même, c’est la vie du corps qui détermine notre fonction et lui donne son sens. C’est pourquoi la réflexion personnelle et solitaire quant au ministère est souvent fausse et décalée.

Ne méprisons pas le grain de sénevé sous prétexte qu’il est insignifiant. Abraham n’a pas eu beaucoup de paroles mais il les a honorées par son obéissance. Son existence, faite certainement de longues années laborieuses, a pourtant servi à la naissance d’un peuple, il a participé pour sa part au plan glorieux du salut.

« Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi, je te garderai » nous dit le Seigneur. Ces paroles sont douces, recevons-les dans foi, c’est la grâce.

Fraternellement,

Daniel et Jérémie

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